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La fusion d'Option nationale et de Québec solidaire est importante

C'est avec fierté que la société devrait observer cette nouvelle génération de politiciens qui s'émancipe.

21/10/2017 08:00 EDT | Actualisé 21/10/2017 12:04 EDT
LA PRESSE CANADIENNE
Gabriel Nadeau-Dubois et Sol Zanetti.

À voir la façon dont a été traitée l'entente de principe concernant la fusion entre Option nationale et Québec solidaire dans les médias, on peut penser qu'il s'agit d'un événement d'une très faible importance qui ne changera pas grand-chose dans notre paysage politique. Les yeux ont plus tendance à se tourner vers les excès de colère d'un premier ministre fatigué, le sort réservé à des noms trop bien connus, ou encore la victoire récente d'un autre parti qui est au fond qu'un copié-collé de l'autre (ou serait-ce l'inverse). Or, s'il est encore possible d'envisager un quelconque avenir pour notre société, j'oserais même dire pour notre peuple, c'est peut-être plus du côté de cette jeunesse progressiste qu'il faut regarder.

Certes, ON n'a pas réussi de grande percée en termes de votes lors des récentes élections générales ou partielles, mais pour avoir moi-même été candidate dans le comté de Portneuf, je sais que ma voix a quand même pu se faire entendre – grâce entre autres à la couverture des médias locaux – et qu'elle continue de résonner. Parce qu'elle est sincère et courageuse. Le Livre qui fait dire oui est un excellent exemple du genre d'initiatives que propose ON : expliquer à ceux dont on présuppose « qu'ils ne veulent pas en entendre parler » les raisons pour lesquelles l'indépendance est une idée non seulement viable, mais potentiellement bénéfique pour notre société. C'est cette voix que le chef Sol Zanetti pourra continuer de porter au sein de Québec solidaire, cette voix qui ose encore penser le Québec de demain, un Québec qui ne serait pas la simple répétition du même, comme c'est le cas depuis les vingt dernières années, mais un Québec qui s'assume et se sent capable d'aller plus loin. Et cette voix s'appuie non seulement sur une vision inspirée des grands élans passés (ceux qui ont déjà entendu Sol s'emporter ont pu reconnaître quelque chose comme la fougue des Bourgault et des Falardeau), mais elle sait aussi regarder en avant les yeux confiants et le tronc solide. Il est urgent que les forces qui la partagent se regroupent.

Il faut aussi voir le potentiel mobilisateur de cette entente : plusieurs personnalités qui ont pris part à la construction d'Option nationale ont déjà manifesté leur désir de s'impliquer activement à nouveau, et la population en général pourrait trouver qu'il s'agit là d'un bel exemple de volonté de mettre une cause avant les individus ou les partis.

Il faut aussi voir le potentiel mobilisateur de cette entente : plusieurs personnalités qui ont pris part à la construction d'Option nationale ont déjà manifesté leur désir de s'impliquer activement à nouveau, et la population en général pourrait trouver qu'il s'agit là d'un bel exemple de volonté de mettre une cause avant les individus ou les partis. Reste à voir premièrement si les membres des deux partis sont prêts à faire le pari de la collaboration, et ensuite quelle forme prendra leur version commune de ladite cause... Une chose est certaine, depuis l'arrivée de Gabriel Nadeau-Dubois au sein de QS, les choses semblent vouloir se clarifier, et les grands « ténors » de l'ancienne version de la cause devraient peut-être délaisser leur attitude arrogante pour commencer à prendre ses nouveaux représentants au sérieux. (Me revient ici le souvenir d'un certain M. Lisée qui se permettait, lors d'un passage éclair à notre congrès de 2014, un commentaire amusé sur la question qui était débattue, avec le ton méprisant de celui qui trouve bien mignons les petits écoliers qui essaient de jouer aux grands.)

C'est avec fierté que la société devrait observer cette nouvelle génération de politicien(ne)s qui s'émancipe. Pour retrouver l'espoir en l'avenir et la motivation de participer à l'amélioration des choses, l'envie du possible et la conviction que « ça ne pourra pas toujours ne pas arriver », c'est là qu'il faut regarder. L'éternel retour du même ne peut, lui, que nous amener à désespérer pour de bon. Mais

il n'est pas question

de laisser tomber notre espérance

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