LES BLOGUES

« Regardons-nous avec de la tendresse, bordel! »

23/04/2013 12:34 EDT | Actualisé 23/06/2013 05:12 EDT
courtoisie

Je l'aime d'un amour pur et sincère depuis de nombreuses années déjà. Elle le sait. J'ai toujours aimé sa fougue, sa fraîcheur, sa voix réconfortante et ce, tant dans ses paroles que dans ses écrits. Voici une raison de plus de l'aimer : son engagement. Ici, pour l'image saine de la femme dans le cadre de la Journée sans maquillage. Sa porte-parole : Marie Plourde.

La journée sans maquillage est un mouvement qui existe depuis quatre ans déjà mais qui a été endossé par Marie Plourde l'an dernier et propulsé par Canal Vie et Elle Québec.

courtoisie

Ces 24 heures se veulent un répit pour les femmes, une pause. Une pause durant laquelle on se permet de ne pas penser à ce qu'on projette. C'est une journée, aussi, qui permet à tous de se questionner sur l'image de la femme, celle qu'on souhaite, qu'on juge, qu'on impose, qu'on dicte.

Et qui passe, cette année du moins, par des capsules disponibles sur le web dans lesquelles on peut voir au naturel Guylaine Tremblay, Marie Mai, Hélène Florent, Sarah-Jeanne Labrosse, Maripier Morin, Marina Orsini, Pénélope McQuade...Des capsules qui s'intitulent « Belle autrement », qui montrent ces personnalités publiques, sans cesse sous les projecteurs, sous les regards scrutateurs des spectateurs et de leurs collègues, le visage nu.

L'an dernier, Marie Plourde avait plutôt fait une tournée dans les écoles secondaires pour inciter les jeunes filles à s'aimer sans fards ni artifices. Ces adolescentes qui sont influencées par les diktats de la beauté, de la mode, de l'esthétisme. Dur, dur, de se montrer sous son vrai jour quand on se sent constamment incité à faire l'inverse.

La définition de la beauté pour Marie Plourde

« Aujourd'hui, ça me prend plus de temps pour trouver une personne belle. Je « gratte » plus. ». D'ailleurs, pour elle, il y a une nette différence entre la beauté plastique, esthétique et la beauté touchante, émouvante. Elle peut certes reconnaitre le charme des traits réguliers, fins, agréables pour le regard. Mais au-delà de voir, elle souhaite sentir l'âme de la personne qu'elle regarde.

Et elle, comment se perçoit-elle physiquement?

« J'ai des traits quelconques. Mais on me dit souvent « Tu ne vieillis pas, toi! ». En fait, c'est ma vitalité, ma passion qui ne vieillissent ni ne s'éteignent. ». C'est ce qu'elle a envie de transmettre à sa fille, maintenant âgée de trois ans. Elle n'a pas envie que dans ses yeux, le poids, le maquillage, l'image soient une obsession.

Et c'est de manière très authentique qu'elle dit avoir trouvé ça dure de se voir au naturel pour la campagne promotionnelle de la Journée sans maquillage. « Je n'étais pas habituée de me voir ainsi sur une photo professionnelle. ». Puis elle a regardé le cliché de nouveau. Et encore. Puis, le sentiment initial qui l'avait envahi s'est estompé graduellement, laissant place à la tendresse. « Je vois une espèce de sérénité que j'ai effectivement. ». C'est Julie Artacho, photographe que Marie Plourde apprécie grandement, qui l'a immortalisée ainsi, près d'une fenêtre laissant filtrer la lumière naturelle sur son visage tout aussi naturel.

La dureté dans le regard des femmes

Marie Plourde se désole du fait que les femmes ne se donnent aucune marge de manœuvre. Elle a l'impression que tout signe de vieillesse, de vécu, est devenu socialement inacceptable. Alors que pour elle, les pattes d'oie sont la preuve d'une vie heureuse. Les rides près de la bouche sont les vestiges de nombreux fou-rires. En voulant les effacer, n'efface-t-on plutôt pas toutes les traces d'une vie heureuse, de souvenirs qui nous ont forgées?

Et la chirurgie plastique, dans tout ça?

Marie Plourde se montre nuancée. « Je comprends une femme qui veut faire atténuer une ride qui semble la rendre méchante, alors qu'elle est tout sauf ça. Cependant, si une ride accentue un trait de personnalité qui est bel et bien présent, pourquoi ne pas apprendre à l'accepter, à vivre avec? ». Marie Plourde conçoit le visage comme une mappemonde de ce qu'on est viscéralement. « Il est primordial de le porter fièrement! ».

La distinction entre les hommes et les femmes

Marie Plourde ne peut faire autrement que de constater une distinction entre les hommes et les femmes à l'égard du souci de l'image projetée : « Un homme peut arriver cerné au travail. Il dira qu'il a l'air fatigué parce qu'il l'est! Alors que la femme, elle, ne veut pas avoir l'air fatiguée...même si elle l'est. ». Une autre sphère dans laquelle l'inégalité homme/femme persiste.

Elle cite d'ailleurs Christine St-Pierre qui avait déclaré l'année dernière, alors ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine : « Je vais juger une femme qui ne porte pas de maquillage. Je vais me dire que c'est une femme qui se laisse aller ». Marie Plourde ne peut faire autrement que de souligner son admiration face à cette franchise. Car selon elle, cette dureté est présente dans l'ensemble des regards des femmes.

Au-delà de l'apparence, n'a-t-on pas peur de se dévoiler, de se montrer vulnérable d'une manière beaucoup plus profonde que peut le suggérer la superficialité de l'industrie des cosmétiques et de l'esthétique?

Permettez-moi de nous souhaiter qu'un jour, le concept « Belle autrement » renverra aux journées spéciales au cours desquelles on se maquillera et non plus l'inverse. Tout doucement, peut-être, avec des initiatives comme la Journée sans maquillage.

La Journée sans maquillage se déroulera le 24 avril 2013. Pour plus d'informations, c'est par ici!

Visitez Canal vie et Elle Québec