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«Si je ne suis pas moi, qui le sera?» - Henry David Thoreau

25/02/2014 02:39 EST | Actualisé 27/04/2014 05:12 EDT

Cette citation se retrouve dans mon livre Attention : Estime de soi en construction, s'adressant aux préadolescents. Pourquoi? Parce qu'à cet âge, ils sont en train de se construire, de devenir. Les jeunes ont envie (ou plutôt, besoin) d'appartenir à un groupe tout en se sentant unique.

Et si on n'apprend pas à cet âge à découvrir, à tolérer et à apprécier son unicité, à quel âge le fera-t-on?

Combien d'adultes connaissez-vous qui ne sont pas «eux-mêmes»? Peut-être faites-vous partie de ce nombre? Et c'est quoi au juste, être soi-même? Comment faire pour départager ce qui nous appartient de ce qui appartient à notre milieu et ses influences qui perdurent depuis toujours?

Il y a une différence primordiale entre les questions «comment suis-je?» et «qui suis-je?». La première question renvoie davantage à toute cette notion de façonnement par l'environnement, le développement de notre personnalité, de nos réactions typiques dans des situations données. On peut la quantifier et l'observer.

La seconde question, quant à elle, est davantage intangible. Il est plus difficile - voire impossible - d'y apposer des mots en guise de réponse. Elle renvoie plutôt à un ressenti (ou encore, un «feeling», si vous préférez). En anglais, on dit: «What does your gut say?». En français, l'équivalent serait : «Qu'est-ce que ta petite voix te dit?».

La petite voix. Ah! La petite voix. Combien d'entre nous trouvons cette expression quétaine? Et pourtant.

Il nous arrive si souvent de chercher des réponses partout : chez notre voisin, chez notre ami, sur internet, dans nos souvenirs, dans le regard des autres. Et pourtant.

Ces réponses se retrouvent bien en nous. Seulement, les voix des autres font de l'interférence. Et on se perd, on se cherche, on se questionne à l'infini. En oubliant qu'on fond, on sait.

Tout comme ces réponses, nos forces et nos limites se trouvent en nous. Mais ça aussi, on a tendance à l'oublier. Ainsi, on se sent affaibli, désarmé face à une situation alors que ce n'est qu'une impression! Une fausse impression, créée à partir de nos peurs et de nos blessures passées.

Ne dit-on pas qu'on est notre pire ennemi? Après tout, c'est nous-mêmes qui nous érigeons des obstacles plus souvent qu'autrement.

Est-ce pour cette raison qu'on a envie d'aller voir ailleurs, d'être quelqu'un d'autre mais surtout pas nous-mêmes?

Le gazon a donc l'air plus vert chez le voisin. Et l'envie, la jalousie se pointent le bout du nez. La culpabilité, le mépris face à nous-mêmes, à notre vie aussi. Et le cercle vicieux se renforce, le courant devient plus fort. Et lorsqu'on n'en peut plus, on tente d'aller à contre-courant, pour renverser les vapeurs. Mais on s'épuise, on s'essouffle, on se désole et on se décourage.

Ne devrait-on pas plutôt prendre une pause et se laisser porter par le courant, sans l'alimenter? Après quelques instants, le courant s'affaiblira de lui-même et on aura tout le loisir de prendre la direction voulue. Et peut-être que cette direction n'est pas « à contre-courant » mais seulement plus lentement, plus doucement.

Et si on se donnait le droit d'être nous-mêmes?

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