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Les obstacles à la communication

09/09/2013 02:43 EDT | Actualisé 09/11/2013 05:12 EST

Écrire, c'est s'exposer. C'est se livrer sans avoir le contrôle sur la façon dont notre message sera reçu et interprété par les destinataires.

C'est malheureux, mais c'est ainsi.

C'est malheureux car parfois, on reçoit des critiques. Non pas que la critique soit malheureuse, bien au contraire! La critique constructive est pertinente, voire essentielle au développement, à l'épanouissement et à l'optimisation de ses compétences professionnelles et personnelles. Elle permet de prendre du recul, de s'améliorer, de peaufiner notre art, quel qu'il soit.

Ce qui est malheureux cependant, c'est lorsque l'on constate que le « critiqueux » (lire ici : « une personne qui fait une critique non constructive, parfois hors sujet et qui ne fait aucun sens dans le contexte ») a tout saisi de travers; qu'il a mal interprété. Qu'il a interprété selon ses schèmes, ses biais, son histoire personnelle, son passé, ses blessures, ses frustrations et j'en passe. « C'est normal! », me direz-vous. Et vous aurez raison. On fait tous cela.

Bien souvent, les autres ne sont que le miroir de quelque chose, de quelqu'un d'autre. Et on joue ce rôle de miroir aussi auprès des autres! Cet autre nous rappelle un mauvais souvenir, une mauvaise expérience, une blessure pas tout à fait guérie, un deuil pas tout à fait complété (ou entamé, c'est selon). Parfois, aussi, on confronte les autres dans leurs croyances, qu'on ébranle, qu'on remet en question seulement par notre propos. On lui fait miroiter, sans le savoir ni même le vouloir, ses limites, ses failles, ses vulnérabilités pas tout à fait assumées.

Dans ce contexte, la critique ne nous est donc pas directement dirigée; elle est dirigée contre ce qu'on représente. Contre le miroir qu'on est. Contre le reflet qu'on offre. Que ce soit une figure d'autorité, un groupe ethnique, une génération et j'en passe.

Dans certains cas, ce processus peut devenir des préjugés. « C'est pas que j'aime pas les personnes âgées, mais... ». Ou encore, « C'est pas que je sois raciste, mais... ». Lorsque j'entends le tout début de ce type de phrases, je me dis que la personne en a contre les personnes âgées ou est raciste, point. Du moins, elle entretient des préjugés envers ces groupes d'individus et croit que son commentaire est si pertinent et justifié qu'il mérite d'être partagé.

Personnellement, je n'aime pas les généralisations concernant un groupe de personnes. Je crois profondément que chaque individu est unique, a sa nature propre et est différent malgré les ressemblances qu'il peut partager avec un groupe, quel qu'il soit. Ceci étant dit, mon groupe d'amis est constitué de personnes provenant de divers milieux, de diverses générations ayant diverses réalités. Et c'est parfait ainsi.

Pour revenir aux paroles interprétées adéquatement ou non, il faut comprendre qu'il y a plusieurs intermédiaires au message que l'on veut passer : ce qu'on dit, la façon dont on le dit, le contexte dans lequel on le dit, le destinataire, sa compréhension, ce qu'il a envie de comprendre ou non. Ouf! Au final, on a bien peu de contrôle sur ce que la personne reçoit de notre message et ce, peu importe le doigté et le tact dont on fait preuve. Nécessairement, je crois qu'il nous incombe de tenter d'être le plus clair possible. Mais malgré cela, certaines personnes interpréteront de travers ce qu'on a tenté de leur dire et ce, peu importe nos efforts. Parfois, on sent que nos explications supplémentaires seront vaines; la personne est campée dans sa perception et refuse d'en sortir. Dans ce cas, il ne nous reste qu'une solution : lâcher prise.

C'est ce que j'ai dû faire le weekend dernier suite à une réaction « non constructive » à mon dernier article. Ce n'est pas toujours facile, car j'avais envie de justifier, d'expliquer de long en large ce que la personne n'avait pas saisi mais je me suis résignée : je sentais cette fermeture chez cette personne qui ne m'aurait que frustrée davantage dans mes efforts vains.

Finalement, la critique non constructive, ce n'est pas si mal; elle permet d'inspirer une blogueuse pour son prochain billet ;)

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