Stephanie Deslauriers

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Le phénomène FOMO (Fear of missing out)

Publication: 01/05/2013 10:34

Les anglophones ont une expression qui parle d'elle-même : FOMO, qui signifie « Fear of missing out ». La peur de manquer quelque chose, de passer à côté de quelque chose. Ça vous ressemble? Fort probable.

Ce phénomène est de plus en plus présent avec la montée en puissance des réseaux sociaux. Pourquoi?

Pas rare qu'on soit invité à trois événements se déroulant la même soirée, qu'on constate que tel ami est allé souper dans tel restaurant super-ultra-branché qu'il faut absolument essayer à notre tour et ce, le plus rapidement possible!

On voit tout passer; l'exposition X au Musée Y qui vient tout juste d'ouvrir ses portes (photos de notre amie Z à l'appui qui a eu l'air d'avoir tellllement de plaisir!), la pièce de théâtre d'untel avec un autre tel en vedette, l'ouverture d'un cinéma nouveau genre, et j'en passe.

On lit les commentaires de tous nos amis Facebook, de tous nos abonnés Twitter, on regarde leurs photos, on visionne leurs vidéos et on a donc envie d'être au même endroit, parce que ça a dont l'air agréable, branché, méga-top-génial!

Outre les événements, il y a toute cette accessibilité à l'information. Tous les articles sur l'art d'être parents sont en ligne, disponible à un clic près. Les billets sur l'art d'être heureux avec soi-même, heureux en couple, heureux en famille, heureux au travail. Les découvertes médicales révolutionnaires, les découvertes scientifiques toutes aussi révolutionnaires, la nouvelle information politique renversante! On veut tout faire, tout savoir, tout connaitre...MAINTENANT.

Et il y a tout ce que nos amis font, ont fait et feront. Combien d'entre nous ouvrons Facebook le matin (avant même d'avoir ingurgité son premier café ou son premier verre de jus d'orange, c'est selon) en faisant défiler le fil d'actualité jusqu'à la veille, moment auquel on s'est déconnecté afin d'être certain de n'être passé à côté d'aucune information cruciale, aucune vidéo de chaton mignon dont tout le monde a parlé pendant 10 minutes, avant que celle du petit pitou encore plus trognon ait pris le relais dans les discussions virtuelles?

Et au plan professionnel, on ne s'en sort pas! On voit tout : les nouveaux emplois intéressants, la promotion de notre collègue, le nouveau mandat de notre cousin, le contrat le plus récent de notre ami...et on les envie tous! Et on veut tout avoir, comme eux! « Si eux, pourquoi pas moi? »

Et c'est à ce moment précis qu'on devient fou! Qu'on est obsédé, qu'on est sur le qui-vive tout le temps, tous les jours. Qu'on va voir aux 10 minutes s'il y aurait pas quelque chose de nouveau dont on n'est pas encore au courant.

Ouf! Autant le web nous permet d'avoir accès à tout en quelques secondes...autant le web nous empêche de bien vivre avec le fait d'avoir accès à tout en quelques secondes.

Et ce phénomène existe depuis toujours; seulement, il a été amplifié par l'apparition du web.

Parce que ce que le FOMO cache, c'est la difficulté à faire des choix, à lâcher-prise, à accepter de ne pas tout savoir en temps réel, de ne pas tout faire, de ne pas être partout, avec tout le monde dans le moment présent. C'est d'accepter que d'autres vivent certaines choses que nous, on ne vit pas. C'est d'apprendre à être heureux pour les autres plutôt que de les envier d'avoir ce qu'on n'a pas, d'avoir fait ce qu'on n'a pas fait. C'est de choisir de lire tel article et de laisser passer tel autre. C'est de choisir d'assister à tel lancement plutôt qu'à telle exposition qui se déroule la même soirée.

Et faire des choix, ce n'est pas facile! Faire un choix implique de faire un deuil. Oui, oui, vous avez bien lu. Faire le deuil de l'option qu'on ne choisit pas. Et vivre avec le fait de ne pas savoir ce qui serait arrivé si on avait fait le choix B plutôt que le A.

Mais j'y pense; et si le web nous empêchait de vivre en temps réel? Pendant qu'on est branché sur Internet, on n'est pas en train de voir ce qui nous entoure, de sentir la chaleur du soleil qui pénètre par la fenêtre de notre bureau, de goûter pleinement notre jus d'orange (je sais, je suis obsédée par le jus d'orange), d'écouter attentivement notre amie à l'autre bout du fil, de prendre de grandes respirations pour se calmer le pompon. À force de tout vouloir vivre en même temps, ne sommes-nous pas en train de passer à côté de notre vie?


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  • Attendez-vous à une réponse

    Prenez-le comme un karma: si quelqu'un a publié quelque chose sur votre mur, il/elle s'attend à une réponse.

  • Pas de manque de respect

    Le vieil adage «Si vous n'avez rien de gentil à dire, ne le dites pas» s'applique aussi sur Facebook.

  • Réfléchissez avant de publier

    Tout ce que vous publiez sur le mur d'un(e) amie(e) a des conséquences. Souvenez-vous en.

  • Ne republiez pas

    Si un(e) ami(e) supprime quelque chose sur son mur (photo, commentaire...), il/elle a sûrement une bonne raison. N'allez pas vous l'approprier et le republier.

  • N'agissez pas comme un étranger

    Un média social peut être un bon moyen de rester en contact avec des amis, mais il ne remplace pas le contact humain. Voyez vos amis de temps en temps <strong>en personne</strong>.

  • Soyez honnête

    Personne ne veut être ami avec un(e) menteur(se), même sur Facebook!

  • Ne soyez pas «accro»

    Il est difficile de se déconnecter de Facebook avec les cellulaires et autres appareils mobiles... Mais ce n'est pas une excuse pour devenir dépendant de Facebook. Ce n'est pas parce qu'un(e) ami(e) ne vous a pas répondu tout de suite que vous devez lui en vouloir.

  • Protégez-vous

    Facebook est une arme à double tranchant: ce n'est pas parce que la plupart de vos amis ont adoré cette photo rigolote de vous publiée pendant le temps des fêtes que quelqu'un ne va pas la ressortir plus tard... pour se venger de vous.

  • Gardez ça «professionnel»

    Utilisez votre «bon sens» quand il s'agit d'interagir avec vos «amis» sur Facebook.

  • Pensez au boulot!

    Si vous avez un doute, demandez-vous avant de publier un <em>post</em>: «Que va en penser mon patron, ou encore les amis de mon patron?»

 
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