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Ego ou estime de soi?

29/05/2013 03:45 EDT | Actualisé 29/07/2013 05:12 EDT
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Ces temps-ci, j'entends plusieurs expressions reliées à l'égo du genre: «Ça, ça fait mal à l'ego!» Et il me semble que, chaque fois que j'entends une de ces expressions, elle est formulée avec mépris. Comme si le fait d'avoir un ego était quelque chose de peu souhaitable. Comme si le fait d'être blessé dans son ego était quelque chose de méprisable, de petit, de péjoratif.

Et je me demande: c'est quoi l'ego?

L'ego serait en fait le «moi», le «je» formé à l'aide des souvenirs, des blessures et des expériences de vie. Nécessairement, il se fonde sur des événements objectifs, qui ont cependant été interprétés de manière subjective. N'existe-t-il pas autant de perception d'une situation qu'il y a d'êtres humains qui la regardent et la vivent?

Effectivement, nous avons tous notre façon de ressentir un événement selon ce à quoi il fait écho. Et non seulement nous nous forgeons notre perception des faits, mais nous faisons de même avec... nous-mêmes. Nous nous évaluons, nous nous faisons une représentation mentale de ce que nous sommes.

En ayant cette définition en tête, quelle serait la distinction entre «ego» et «estime de soi»?

Enfant, nous nous percevons dans le regard des autres. S'ils posent sur nous un regard aimant, acceptant, il y a fort à parier que nous intérioriserons ce regard envers nous-mêmes. L'inverse est aussi vrai. Ainsi, est-ce que la qualité de son estime personnelle passe obligatoirement par le regard que les ont posé sur nous? Si tel est le cas, autant dire que personne ne pourrait améliorer son estime personnelle au cours de sa vie, de ses expériences, de ses relations positives éventuelles.

Et l'estime de soi, c'est l'évaluation que nous faisons de nous-mêmes. Mais encore une fois, cette évaluation est biaisée. Par quoi? Par le regard que les autres ont porté sur nous, par nos expériences, nos souvenirs...

Voilà pourquoi je ressens un malaise quand j'entends quelqu'un dire avec mépris ou sarcasme: «Bon, t'es blessé dans ton ego?»

«Non. Je suis blessée dans mon estime personnelle. Ça heurte l'image que j'ai de moi. L'image qui est peut-être déjà fragile et qui vient d'être fragilisée.»

Et c'est normal. Et c'est correct. Est-ce que c'est sain? Peut-être pas. C'est désagréable, du moins.

Selon l'approche spirituelle, l'ego fait obstacle l'éveil spirituel, à sa vérité, à son véritable soi, dépouillé des biais perceptifs entretenus envers soi-même.

Comment découvrir son «véritable soi»? En se questionnant lorsque nous nous sentons blessés dans notre ego, dans notre estime de soi. En se demandant ce à quoi cette blessure fait référence. Ne disons-nous pas que chaque expérience est en fait le miroir de quelque chose d'autre, de quelque chose de plus profond? C'est sans doute en sondant cette profondeur que nous arriverons à nous comprendre et à baisser nos gardes, afin d'éviter d'être blessés dans notre ego. Ce faisant, nous pourrons prendre les commentaires de manière constructive afin de nous développer davantage.

Serait-elle là, la distinction entre «ce que je suis» («comment j'agis», qui est influencé par les blessures et les barricades que je me construis) et «qui je suis» (qui fait référence au moi réel, véritable, viscéral)?

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