Je ne voulais plus commenter la crise que vit actuellement le Québec, parce qu'elle est rendue trop partisane. Mais je me sens dans l'obligation de faire aller ma plume suite aux commentaires haineux que j'ai lus, depuis Pékin, sur les propos de Jacques Villeneuve.
Je sais bien que je vais me faire lancer des tomates et recevoir des commentaires cruels. Je recevrai peut-être même des menaces. Mais je les ignorerai, tout comme je l'ai fait lorsque j'ai reçu des menaces de mort en 2000, alors candidat de l'Alliance canadienne - haine et menaces de mort reliées à mon orientation sexuelle !!
Et oui, au Québec, en 2000, une nation ouverte et respectueuse... Un pilier démocratique des droits de la personne reconnu à travers le monde.
J'ai voulu me lancer en politique parce que je voulais changer les choses, le monde dans lequel nous vivons. Je croyais et je crois toujours, douze ans plus tard, que la démocratie peut changer les choses, le monde dans lequel on vit.
La souveraineté du Québec n'est pas pour demain
Je suis devenu souverainiste au fil des ans parce que je crois fermement que le Québec est une nation distincte et qu'elle peut se démarquer au niveau international avec une économie forte. Je crains par contre depuis quelques semaines que le désordre ne démolisse notre économie et notre image à l'international. Et qu'il en résultera un Québec appauvri dans un Canada puissant. Je me questionne même à savoir si j'ai envie d'appartenir à un groupe qui menace de mort les gens qui ne pensent pas comme le noyau dur.
Je ne comprends vraiment pas pourquoi les manifestants, les opposants et les souverainistes veulent à tout prix démolir l'économie et la richesse québécoise pour le bien commun. Comment redistribuer la richesse si un peuple démolit son économie et en veut tant à ses grandes entreprises et institutions qui créent de l'emploi ? Comment un peuple social-démocrate peut se payer des systèmes de santé et d'éducation abordables et uniques au monde sans une économie forte ?
Comment les souverainistes, au lieu d'aller voter en grand nombre il y a quatre ans pour élire le Parti québécois, en sont venus à déclarer la guerre à l'économie québécoise et à son image à l'internationale au printemps 2012 ? C'est à mon avis tout à fait paradoxal.
Je comprends leur insatisfaction, et je la partage. Mais au lieu d'exiger des élections générales pour mettre le gouvernement Charest à la porte (c'est un des droits du peuple), les opposants, les manifestants et les souverainistes travaillent à détruire tout ce qui est relié à l'avancement et à la croissance de la richesse de leur nation.
J'ai d'ailleurs été très embêté lorsque mes amis européens et chinois m'ont demandé s'il n'était pas dangereux, avec toutes ces manifestations et cette violence, d'aller passer un mois cet été au Québec!
La liberté d'expression, c'est pour tout le monde
J'ai toujours cru que les droits humains sont fondamentaux dans une société et dans le monde entier, ceci incluant la liberté d'expression. Je pense que le Québec a toujours eu une image d'ouverture, de tolérance et de respect. C'est d'ailleurs comme cela que le monde entier comprenait le Québec.
Je ne suis évidemment pas d'accord avec les propos de Jacques Villeneuve et les mots rudes et dénigrants qu'il a utilisés. Mais je suis encore moins d'accord de le traiter de « trou-de-cul », de lui dire qu'il n'a pas un mot à dire parce qu'il vit à l'étranger ou de le menacer de mort. Parce que Jacques Villeneuve ne vit pas au Québec, il n'a pas droit de parole à titre de Québécois ? Parce qu'il ne paie pas de taxes au Québec (ce qui me surprendrait car il a une propriété au Québec), il n'a pas un mot à dire ? À ce que je sache, plusieurs étudiants ne paient pas d'impôts... Le droit de parole est octroyé à tout citoyen, non acheté.
Et même chose pour moi. Vous avez droit de ne pas me lire ou de ne pas m'écouter, mais il est anti-démocratique de me faire taire ou de me menacer de mort parce que nous n'avons pas la même opinion. Je crois fermement qu'il n'y pas de place pour la violence et la haine sur notre planète.
Mais où donc rendu ce peuple ouvert et accueillant, mon peuple, ma nation ? Un oasis de paix, de quiétude, de respect, d'ouverture et de tolérance ? Ne laissons pas tout cela s'effondrer à coup de bombes lacrymogènes.
Vive le Québec libre... Libre de haine, de violence, de bavures contre la liberté de parole et d'entraves à la croissance économique.
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Jacques Villeneuve a dit le fond de sa pensée avec mépris, sans nuances. C'est tout le problème de ce conflit: il me semble que la nouvelle se développe à partir de l'humeur que de la véritable opinion. Je ne crois pas que cette société pacifique et accueillante que vous regrettez n'existe plus: je crois simplement que nous nous regardons dans le miroir et que nous réalisons que nous ne sommes pas si beaux, si fins et si accueillants que ça (l'étude d'Eid dont les résultats sont parues dernièrement est assez révélatrice). Les extrêmes m'effraient. Comme si, dans un conflit, on est nécessairement pour ou contre. Comme si la nuance n'était pas possible. Les attitudes de tous les partis (politiques, étudiants) me désolent. Je cherche qui pourrait bien s'élever au-dessus de la mêlée et nommer clairement le malaise social qui est en train de pourrir le climat, et je ne sais pas qui est capable d'échapper à la partisanerie.
Se faire chahuter parce qu'on a dit publiquement une bêtise est une chose. Mais quand le citoyen ordinaire n'ose plus afficher ses convictions par peur de représailles, il y a vraiment lieu de s'inquiéter.
J'ai lu plein de commentaires au sujet des déclarations de Villeneuve et si plusieurs sont effectivement très durs avec lui, très rares sont ceux qui lui contestent le droit de s'être exprimé. Traiter quelqu'un de «trou du cul», ce n'est pas très gentil, soit. Mais ce n'est pas antidémocratique pour autant. Quant aux menaces de mort, elles ne pourront jamais être authentifiées puisque Villeneuve a refusé de les soumettre aux autorités policière. D'ailleurs, si ces menaces étaient si sérieuses, pourquoi ce refus?
Le fait est que les propos de Villeneuve se plaçaient à un tel niveau de mépris et d'obscénité que la réplique ne pouvait qu'être extrêmement virulente. Une virulence parfaitement justifiée à mon avis.
Là où vous faites erreur, c'est que Jacques Villeneuve n'est pas un citoyen québécois comme les autres. C'est un homme qui récolte l'amour et la fierté que son père a suscité chez les Québécois; c'est un homme qui bien que ne sachant pas de quoi il parle (réalité québécoise) se fait offrir une tribune sur un plateau d'argent et qui tombe dans le panneau d'y répondre...
Il aurait été plus intelligent de sa part de dire, qu'il n'était pas au courant de toutes les implications de ce dossier et de s'abstenir de le commenter. Mais non seulement il a commenté, mais il a trouvé le moyen d'être méchant avec des étudiants dont il ne sait rien....alors selon moi, il récolte tout simplement ce qu'il a semé!!
Mais les valeurs auxquelles vous faites reference, elles n'ont pas ete enseignées a ces jeunes. Ca rejoint un peu le commentaire de J. Villeneuve, ce jeunes gens n'ont pas appris a ce faire dire non, des capricieux et desoeuvrés d'un bout a l'autre.
Et on a tous les miseres de Monde a leur faire entrer dans la crane des principes tres simple. Probablement parce qu'ils ne les ont jamais appris non plus.
L'Afrique est remplie de dictatures. Regarde ce qui se passe en Russie actuellement, particulièrement à Moscou : Poutine ne se définit probablement pas comme dictateur, mais faut voir toute la pression qu'il met sur ceux qui le critiquent. Ici, ce n'est rien à côté de là-bas. Dans le cas contraire, il n'y aurait plus un seul manifestant dans les rues de Montréal depuis belle lurette.
Pour le tord économique, il ne faut pas exagérer. Il y a un temps pour faire la grève et un temps pour travailler.
Mais entre vous et moi, si on regarde ce que nous réserve le futur, inégalité croissante, perte de démocratie au profit de la finance et surtout, dégradation généralisée de notre environnement, peut-on vraiment rester assit devant notre TV en se disant que tout va bien madame la marquise.