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<em>Tu m'aimes-tu?</em>: le plaisir des retrouvailles

21/09/2013 09:47 EDT | Actualisé 21/11/2013 05:12 EST

En télé, l'automne est une saison de renouveau.

Nouvelles séries, nouvelles saisons, nouvelles moutures d'une programmation familière, j'en passe et les meilleurs. Au lendemain des vacances estivales, la télévision sort ses beaux habits pour le plus grand plaisir des téléspectateurs qui retrouvent le confort de leur salon avec le retour du temps froid. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard de voir la soirée des prix Gémeaux lancer l'automne télévisuel, précédant de ce fait le retour du rendez-vous dominical qu'est devenu Tout le monde en parle.

À l'extérieur, l'automne est une saison nostalgique. Le rouge et le jaune des feuilles, comme des banderoles festives avant la fin des couleurs à l'extérieur. Une surdose exaltante avant la venue du blanc hivernale. Une nostalgie joyeuse, la célébration des derniers moments de lumière après 17h00, hymne à la vie extérieure avant les journées écourtées.

Dans cette optique qui observe tendrement la beauté d'antan, ARTV a récupéré la série Tu m'aimes-tu?, diffusée à Radio-Canada l'an dernier, et lui offre un second souffle. La série, pourtant prometteuse, a été inexplicablement non renouvelée après sa seule et unique saison. D'ailleurs, Podz a remporté le Gémeaux de la meilleure réalisation d'une comédie pour cette saison solitaire. Un gage de qualité agréable après la déception du non-renouvellement.

Chapeau à ARTV. Ce second souffle, les mardis à 22h, sera très apprécié cet automne. Entre deux nouveautés, ce petit moment de nostalgie sera un baume sur le cœur pour les initiés. De plus, ceux qui n'ont pas eu l'occasion de suivre la série la première fois auront la chance de vivre l'expérience offerte par Podz.

Une situation gagnante, autant pour le public que pour la chaîne sœur de la télévision d'état.

Parce que l'anti-comédie romantique de Podz est un portrait riche et profond d'une génération très active à l'ère de l'information au bout des doigts. D'un point de vue masculin, rare ont été les incursions à l'intérieur de la mécanique de l'amour comme celle offerte par le réalisateur lors de cette saison. Sans entrer dans les détails de l'histoire, disons que la déconstruction de l'amour et de l'amitié, doublée de la caméra songeuse de Podz, est une source d'inspiration.

La recherche de l'amour dans les cendres d'une relation expirée.

Rien que du beau cette unique saison de Tu m'aimes-tu? - Rien que du beau, je vous le jure.

Coup de cœur aussi vers Magalie Lépine-Blondeau qui crève l'écran dans le rôle de la confidente, séductrice à ses heures, qui se cherche aussi une niche pour l'amour dans les saccages de la vie.

Une vie imparfaite

Trêve de nostalgie, ICI Radio-Canada Télé nous offre deux nouvelles comédies dans la convoitée case horaire logée juste après Les Enfants de la Télé, les mercredis soirs. L'une d'entre elles, La vie parfaite, me laisse perplexe. (Mercredi, 21h30)

Sur papier, la proposition est intéressante. Une famille dysfonctionnelle chapeautée par Catherine Trudeau et Steve Laplante. Un couple que l'on aime déjà, ou plutôt, un couple que l'on voudrait aimer sans trop y penser.

Mais ce n'est pas le cas. Du moins, pas à la suite du premier épisode.

Le nouveau projet des auteurs de Mirador n'est pourtant pas complètement irrécupérable, au contraire. La prémisse est rassembleuse et le couple formé par Trudeau et Laplante fonctionne, en surface. Mais le ton n'est pas au rendez-vous et la plume qui transportait Mirador à grands coups d'excès n'est pas efficace dans le cadre d'une comédie de situation.

Parce que l'extravagance d'un Mirador, transposée dans le cas présent, offre une proposition très grossière. En comédie, plus c'est gros, moins c'est drôle.

De ce fait, la narration en voix off (du bébé de la famille) pour nous présenter les personnages est un brin ridicule. Les personnages secondaires (comme le vendeur d'électronique du Dix-30) sont des décalques tirés d'un mauvais catalogue de casting. Les situations, jusqu'ici, sont invraisemblablement ridicules. Ne manque que les rires en cannes afin de replonger dans l'époque sombre de la télé « fast-food » de la fin des années 80.

Claude Meunier, à l'époque de La Petite Vie, a rassemblé les Québécois autour d'une narration complètement déjantée et spectaculairement irréaliste. Sauf qu'elle puisait ses sources dans le quotidien de monsieur et madame Tout-le-Monde. La vie parfaite, d'entrée de jeu, glisse sur ce même terrain sans prendre le temps d'établir un lien entre l'auditoire et sa proposition. La connexion ne se fait pas du tout et pour l'instant, on est plus proche du théâtre d'été que de la télévision inventive.

C'est encore trop tôt pour lancer la serviette dans le cas de La vie parfaite, mais on peut difficilement cacher la déception initiale. Peut-être que les attentes, construites par les critiques élogieuses, n'aident pas du tout la cause dans le cas présent.

Soyons patients et curieux. Toujours curieux.

Une nouveauté amère compensée par la redécouverte d'une brillante offrande. Voici là un très bref sommaire de ma rentrée télévisuelle. La donne changera drastiquement quand les Américains emboiteront le pas à la fin du mois.

D'ici là, souhaitons la bienvenue au temps froid en retrouvant la chaleur de notre causeuse.

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