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Parfois, mieux vaut se la fermer

17/09/2014 11:48 EDT | Actualisé 17/11/2014 05:12 EST

Le gouvernement Couillard doit couper. Voilà qu'il propose des solutions intelligentes comme la modulation des tarifs de garde en fonction du revenu familial. Et pourquoi pas? Nous avions un régime similaire avant l'implantation de la réforme Marois des services de garde en 1997. Peu de gens se souviennent de ce «régime d'aide financière» venant en aide aux parents moins fortunés. Fait cocasse, la gestion informatique du programme d'aide était bordélique. Rien n'a changé depuis ce temps.

Ce matin, je lisais dans La Presse une nouvelle concernant la possible abolition du réseau des Conservatoires de musique. Étant un ancien du Conservatoire de Montréal, cette simple possibilité m'a immédiatement choqué. Puis j'ai fait comme tous les groupes, et je me suis dit : «Mais ne peut-il pas couper ailleurs? A-t-on les moyens de perdre cette institution?» Eh bien oui, nous en sommes rendus là. À ce point.

Couillard n'aura pas la vie facile. Et ce qu'il faut maintenant ignorer quand on fait de la politique, ce sont tous ceux et celles qui se lèveront au cours des prochains jours afin de dénoncer le gouvernement. Déjà, Québec solidaire annonce une « révolte sociale » pire que le printemps étudiant de 2012! Nous aurons aussi les chantres du «Oui, mais» comme dans «Oui, il faut repenser l'État, mais on peut faire autrement». Comme si on pouvait faire des omelettes sans casser des œufs. D'autres philosophes démagogues qui n'ont jamais géré plus qu'une paire de bobettes diront : «Nous pouvons garder notre panier de services, simplement en taxant davantage les banques et en coupant dans le gras, ou même en taxant les riches». Faites-moi rire. Faire autrement? Plus capable de celle là. Taxer les banques et les pétrolières? Pour pouvoir continuer notre incurie en matière de finance publique? Couper dans l'gras? Quel gras? Taxer les riches? Il y a des riches au Québec? Vraiment?

Nous sommes un peuple de pauvres. Je dirais même plus, de pauvres et sans avenir. Voilà ce que nous sommes. La plus triste nouvelle est venue cette semaine. Elle m'a fait tomber en bas de ma chaise : dans 50 ans, Québec atteindra 10 millions d'habitants. Pardon? Quand j'étais jeune, on disait qu'on était 6 millions (et qu'il fallait se parler - quel slogan niaiseux), et l'Ontario 7. Maintenant nous sommes à peine 8, et l'Ontario 13. Qui va payer pour nos programmes sociaux? Ah, oui c'est vrai: le Canada anglais. Merci beaucoup, j'aime mon pays.

J'ai longtemps espéré un gouvernement qui agirait et me ferait mal. Nous voulons avoir mal. Nous n'avons plus le choix. Nous avons une obligation de résultat. Alors, OK! Abolissons les conservatoires. Modulons les tarifs de garde en fonction du salaire, augmentons Hydro, occupons le champ fiscal qu'aura laissé Ottawa. Allons-y! C'est vrai que nous devons perdre des acquis et sacrifier des services et des institutions.

Ceci étant dit, j'espère aussi que nous abandonnerons nos idées de grandeur que sont des retours d'équipes professionnelles sportives comme les Nordiques ou les Expos, et qu'on me promette de ne plus mettre un seul dollar de fonds publics dans ces aventures. Y compris pour PKP. Juste l'idée d'accueillir le Mondial de la FIFA me donne le goût de vomir. Et nous ferions mieux que le Brésil? Non, merci. Qu'on me promette aussi une disette dans tous les grands projets qui ne sont pas reliés aux missions essentielles de l'État : la santé, l'éducation, la sécurité publique et l'économie. Le reste, on passe notre tour.

Dans un tel contexte, je pense qu'il est mieux de se la fermer. Nous n'avons plus le luxe du chialage et de l'obstruction. Encore moins de parler de souveraineté et d'indépendance. On a plus de temps à perdre. On a vécu sur du temps emprunté, il est temps de rembourser.

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