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Je me souviens de ma rencontre avec Michaëlle Jean en 2006

01/12/2014 10:23 EST | Actualisé 31/01/2015 05:12 EST

Il y a presque 10 ans, j'ai eu le plaisir de rencontrer Michaëlle Jean à l'occasion d'une de ses visites protocolaires à Montréal, alors que j'effectuais un mandat de relations publiques pour une cliente haïtienne.

Alors toute récente titulaire du poste de gouverneur général du Canada, madame Jean s'était adressée à un auditoire constitué principalement de personnalités de la communauté haïtienne locale, triées sur le volet. Elle s'était exprimée avec diplomatie, mais aussi avec beaucoup de chaleur - je dirais même, d'amour - envers ce public qui lui rendait fidèlement son affection et sa fierté. On la sentait authentique, généreuse, vraie. Elle donnait la même qualité d'attention à tous, avec ce même sourire contagieux.

Pour les Haïtiens, elle semblait leur appartenir, comme une sœur, une fille du pays. Il n'y avait pas d'obstacles protocolaires, pas de ton hautain qui trahi l'aura d'arrivisme chez d'autres. Et bien qu'elle se soit exprimée principalement en français, c'était très émouvant d'entendre de la part de la gouverneure générale du Canada, quelques brides de réflexions « intimes » en créole. C'était une expérience mémorable, et d'une rare beauté dans un contexte sociopolitique.

Ce soir-là, je la voyais briguer la présidence d'Haïti... Mais on l'a vu, madame Jean avait d'autres objectifs, visant plutôt l'international comme un tremplin vers des gestes plus significatifs pour le plus grand nombre possible.

Aujourd'hui, je suis très heureuse de la voir accéder au poste déterminant de secrétaire générale de l'Organisation internationale de la francophonie, mais pas en tant que l'Haïtienne que je ne suis pas, ni en tant que canadienne, ni même en tant que femme. Je suis heureuse en tant que citoyenne qui cherche à comprendre les enjeux de tous les peuples. L'être humain dans son plus simple appareil, est-il heureux ou dans le besoin? Que doit-on faire pour remédier à sa situation?

Je pense que ce sont ces questions-là qui préoccupent Michaëlle Jean. Son histoire personnelle comme le terroir d'une telle réflexion, elle a appris le langage de la diplomatie, et elle se comporte aujourd'hui comme un chef d'État. Mais ce qui fait sa différence, je pense, c'est sa capacité d'allier la compassion à l'intelligence.

Le pouvoir étant tristement analgésique pour une grande majorité des dirigeants de la planète, ce qui différencie Michaëlle Jean c'est que malgré les galons, les obligations et les responsabilités, elle n'a pas perdu sa capacité de s'émouvoir. Elle sait danser, rire et partager le bonheur des gens. Surtout, elle est capable de pleurer avec eux et de reconnaitre leur souffrance. Ce qui est, selon moi, la porte d'entrée de toutes les solutions.

Il semblerait, oui, que la capacité de ressentir l'âme humaine fait d'elle aujourd'hui la représentante, non seulement de la Francophonie, mais aussi d'une espèce rare dans la classe politique. Maintenant et de plus en plus, Michaëlle Jean est une grande dame de la scène internationale et un joyau pour l'Humanité. Et elle ne fait que commencer à dessiner son empreinte sur le monde.

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Michaëlle Jean en photos

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