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Une heure avec le jeune Daniel Clarke Bouchard, au Festival de jazz de Montréal

Daniel Clarke Bouchard avait toute sa place dans la programmation du Festival de jazz de Montréal, mais ne manquera pas de nous étonner encore davantage dans les prochaines années.

01/07/2017 16:18 EDT | Actualisé 01/07/2017 16:18 EDT
Photo de courtoisie
Daniel Clarke Bouchard est un grand pianiste dont la carrière doit être suivie de près.

Il est charmant quand il s'adresse à son public; il est beau et élégant, habillé comme un prince du jazz; il danse quasiment sur son tabouret de pianiste quand il joue, il est extrêmement doué et il possède encore un énorme potentiel. Il s'appelle Daniel Clarke Bouchard, il a grandi à Montréal et il n'a que 17 ans.

Cet enfant de l'an 2000, c'est certain, a reçu à sa naissance la visite des deux bonnes fées du piano classique et du piano de jazz. À 6 ans il a donné son premier concert, à 13 ans il a enregistré un disque avec Oliver Jones. Il a aussi joué avec l'Orchestre Métropolitain sous la direction de son chef Daniel Myssyk, également à la Maison symphonique de l'OSM, à Carnegie Hall et j'en passe. Cette année, le Festival de jazz de Montréal lui a offert la vedette pour un premier concert complet très agréable et réussi dans la salle chaleureuse de l'Astral à la Maison du Festival.

Pour débuter, le jeune virtuose a interprété en solo deux morceaux très rapides et difficiles de Nicolaï Kapoustine. Entre jazz et classique, on comprend que la musique du compositeur russe de 80 ans ait tout pour plaire au jeune pianiste virtuose, et qu'il l'ait choisi pour commencer son spectacle. Puis, c'est accompagné du merveilleux violoniste jazz Helmut Lipsky qu'il a interprété la musique de la chanson composée par Joseph Kosma, Les feuilles mortes dont le refrain est repris de Jules Massenet. Avec beaucoup de doigté de part et d'autre, le jeune pianiste et le violoniste très expérimenté ont posé mille fioritures et digressions sur ce morceau reconnaissable, mais grandement transformé par ses deux interprètes. Accompagné ensuite de l'excellent bassiste Rémi Jean Leblanc et du merveilleux batteur Martin Auguste, le programme s'est dirigé vers des thèmes 100 % jazz dont le célèbre Take five de Dave Brubeck, mais dans un arrangement aux touches free jazz par moments de ce trio soft de très grande qualité. Enfin, transformé en quartet avec l'ajout du non moins brillant saxophoniste Samuel Blais, le concert s'est achevé par l'interprétation de deux morceaux de Michael Jackson, le chanteur préféré de Daniel Clarke Bouchard.

C'est bien le propre du jazz que de partir d'une mélodie et de la transformer par l'improvisation de ses différents musiciens qui montrent, au passage, leurs qualités d'interprétation dans une sorte de conversation courtoise et élégante qu'ils créent sur la scène.

C'est bien le propre du jazz que de partir d'une mélodie et de la transformer par l'improvisation de ses différents musiciens qui montrent, au passage, leurs qualités d'interprétation dans une sorte de conversation courtoise et élégante qu'ils créent sur la scène. Les spectateurs en tout cas étaient ravis du résultat, peut-être un peu frustrés par la brièveté du concert auquel Daniel Clarke Bouchard a remédié en interprétant en guise de bis, le solo de Olie's Boogie Woogie qu'il avait proposé dans le concert de Molly Johnson et dans lequel il avait été invité il y a cinq ans : il avait tout juste 12 ans à l'époque...

Daniel Clarke Bouchard est un grand pianiste dont la carrière doit être suivie de près. Il avait toute sa place dans la programmation de cette 38e édition du Festival de jazz de Montréal, mais ne manquera pas de nous étonner encore davantage – c'est certain – dans les prochaines années.

Festival international de Jazz de Montréal, 38e édition

Concert Daniel Clarke Bouchard, le 29 juin à l'Astral (Maison du Festival), dans le cadre du Festival de jazz de Montréal

Information : http://www.montrealjazzfest.com/fr-CA/Programmation/Artistes

Cet article a aussi été publié sur info-culture.biz

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