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«Résilience» ou la beauté du geste

09/06/2016 10:12 EDT | Actualisé 10/06/2017 05:12 EDT

C'est dans le cadre de la Semaine québécoise des personnes handicapées (première semaine du mois de juin dont c'est la 20e édition cette année), que s'est déroulée, le 7 juin 2016 à la Grande Bibliothèque de Montréal, une performance en danse contemporaine comme on n'a pas souvent l'habitude d'en voir sur une scène de spectacle. Sous la direction de la danseuse et chorégraphe de l'ensemble, la talentueuse Jacinte Giroux, qui a ajouté un solo à ses performances avec les autres artistes, le spectacle qui a demandé des longs mois de travail et d'efforts, était particulièrement réussi.

resilience

Résilience : Danse, danse pour le plaisir

Excepté la jeune danseuse Lauren Degilio, la chorégraphe et tous les interprètes de cet émouvant spectacle de danse en différents tableaux ont pour particularité de vivre dans leurs êtres de sévères limitations fonctionnelles dues à un accident ou à une maladie. Car le spectacle intitulé Résilience : Danse, danse pour le plaisir... dit bien la teneur de l'exploit, et les danseurs présents sur scène ont offert à la salle non seulement un moment de plaisir et d'émotion, mais aussi une belle leçon de vie et de courage. En plus de l'énergie extraordinaire des danseurs soucieux de pousser aussi loin que possible leurs limites, les spectateurs ont pu apprécier la qualité esthétique des différents tableaux, le choix judicieux des musiques d'accompagnement de Mario Giroux, la qualité des éclairages et de la mise en scène, les différentes chorégraphies, dont une projetée sur un écran géant se dédouble sur la scène, sans compter l'audace, l'humour et la joie communicative de la troupe.

On sait à quel point la danse constitue un art exigeant pour le corps. Pour ces artistes dont la majorité est atteinte d'aphasie, ce trouble de la communication causé par un AVC, un traumatisme crânien ou une tumeur au cerveau, le corps a souvent aussi de grandes difficultés à se mouvoir. Ces contraintes toutefois n'empêchent pas la réalisation de chorégraphies réussies avec même certaines prouesses techniques.

Quelques textes ponctuaient l'ensemble du spectacle, dont cette sorte de refrain répété plusieurs fois : « Vivre c'est accepter la douleur. Il faut du cœur et un moral de résistant ». L'une des saynètes consistait à faire gouter au public la teneur d'une séance de préparation d'un tel spectacle. La chorégraphe s'adressait alors au public de la salle et lui demandait d'exécuter quelques gestes de danse, assis dans leurs fauteuils. Toute la salle s'est volontiers prêtée à ce jeu amusant et a pu, davantage encore, ressentir le défi que représente la réussite d'un tel spectacle de danse.

La troupe dirigée par Jacinte Giroux fait partie du groupe de création Des Paroles dans le vent qui réalise toutes sortes de projets artistiques allant du théâtre à la danse, en passant par l'écriture et les arts visuels. Sa particularité est d'être composé de personnes aphasiques intéressées au domaine des arts.

Le handicap n'empêche ni la beauté ni la créativité, et le public du spectacle Résilience : Danse, danse pour le plaisir est sorti plus que ravi de la performance artistique et très professionnelle qui lui a été proposée.

Résilience : Danse, danse pour le plaisir, le 7 juin 2016 à la Grande Bibliothèque de Montréal

Cet article a aussi été publié sur info-culture.biz

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