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«La liste de mes envies» ou la loterie du bonheur

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Que se passerait-il donc si du jour au lendemain vous vous trouviez avec 18 millions de dollars et des poussières sur votre compte en banque ? Qui n'a pas rêvé de jouer à la loterie et de remporter le gros lot ? La liste de mes envies, une pièce légère tirée du roman à succès de Grégoire Delacourt examine la question du rapport du bonheur de l'argent. L'adaptation signée Maryse Warda est une belle réussite. Le résultat est une comédie rafraîchissante et bien ficelée, menée tambour battant par cinq bons acteurs, agrémentée de décors et d'éclairages très soignés ; l'ensemble faisant passer un bien plaisant moment au théâtre du Rideau Vert.

Jocelyne et Jocelyn sont mariés depuis longtemps déjà. Romain et Nadine, leurs deux grands enfants mènent leur existence de manière indépendante et ne vivent plus auprès d'eux. Un troisième enfant, bébé perdu à la naissance et qui s'appelait Ariane, reste l'une des grandes épreuves de leur vie. La jolie boutique - mercerie, confection de robes - en conserve le souvenir avec son enseigne Le fil d'Ariane.

liste de mes envies

Les affaires de Jocelyne dans sa boutique et sur son blogue ne vont pas trop mal. Jocelyn travaille dans une entreprise de yogourts. Le couple connaît des hauts et des bas, comme toujours. Mais la vie va son cours et le bonheur, s'il n'est pas ressenti sans arrêt, n'est peut-être pas aussi loin qu'il n'y paraît.

Les deux copines de Jocelyne, des jumelles délicieuses (et délicieusement interprétées) qui ne trouvent pas de maris, ont la tête pleine de rêves. Et ce sont tous les protagonistes ou presque qui ont des rêves, des envies, des désirs insatisfaits : posséder une superbe voiture, un écran plat géant, une grosse poitrine toute neuve grâce à la chirurgie esthétique, faire un séjour à Venise dans un très bel hôtel et tant d'autres choses que pourrait fournir de l'argent, beaucoup d'argent, si seulement on en avait... La loterie du bonheur. Une chance sur des millions de gagner !

Les grands rêves de Jocelyne, très bien interprétée par Marie-Chantal Perron, sont plutôt ceux du passé. Elle regrette la disparition prématurée de sa mère, la mémoire de son père qui, depuis lors, se limite à six courtes minutes, de n'être pas née plus jolie ou plus mince, de n'avoir pas été embrassée par tous ces beaux garçons que son journal intime d'adolescente consigne. Ses désirs actuels sont modestes. Elle se satisfait de sa vie entre son mari, son père à qui elle va rendre visite régulièrement, ses deux bonnes copines, et la gestion de sa boutique et de son blogue.

L'argent fait-il ou non le bonheur ? Au-delà de cette question banale et de peu d'intérêt, c'est celle du désir qui est importante dans la pièce. L'être humain est constitué de désirs et croit parfois naïvement que de les satisfaire lui apportera le bonheur. Il n'en est rien, sauf à renouveler ses désirs et à en avoir toujours d'autres, insatisfaits, mais qui donnent envie de s'agiter pour pouvoir les satisfaire, et ainsi de suite. Et si gagner à la loterie reste un désir inassouvi pour des millions de personnes sauf une, peut-être peut-on conclure que cette institution n'est pas tout à fait vaine ?

La liste de mes envies, du 15 octobre au 12 novembre 2016, au Théâtre du Rideau Vert

Cet article a aussi été publié sur info-culture.biz

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