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Tsipras: la promesse d'une nouvelle Grèce

27/01/2015 10:40 EST | Actualisé 29/03/2015 05:12 EDT

Les résultats finaux de l'élection viennent d'être annoncés, tard dans la soirée, et Alexis Tsipras est déjà en route pour Propylée où il doit prononcer son discours de victoire. Les mains légèrement tremblantes, il ouvre le dossier bleu qu'il a devant lui et en sort le discours préparé pour l'occasion. Son discours est encourageant, ses mots sont soigneusement choisis, car il sait que chacun d'entre eux sera observé au microscope. Il conclut et se retire. La foule exulte et danse. Tsipras fait subitement demi-tour et crie : « le peuple a le droit de faire la fête et de danser, ils nous en ont privés pendant cinq ans. »

Ces cinq dernières années, tous les Grecs, quels que soient les candidats pour lesquels ils ont voté, ont vécu au mieux dans l'incertitude et l'inquiétude, au pire dans la pauvreté et l'insécurité. Comme un ami l'a fait remarquer, c'est comme si nous avions été condamnés à vivre emprisonnés dans une chambre d'hôpital en tenant la main d'un patient alité.

Nous avons vu le premier mémorandum être signé très rapidement, juste avant que nous fassions faillite. Nous avons vu nos vies devenir dépendantes de la volonté de la troïka en nous laissant attendre notre prochaine dose de médicaments pour maintenir le patient en vie. Nous sommes un peuple fier et travailleur qui a vu ses vies changer brusquement, avec l'introduction de strictes mesures d'austérité.

Le nouveau Premier ministre promet de changer tout cela, ou tout au moins d'essayer, à la fois nationalement et à l'étranger. Nationalement, une opportunité unique s'offre à lui, car le peuple semble être de son côté. Les sondages du Huffington Post ont montré que 55% de la Grèce croit qu'un gouvernement avec Syriza en son cœur sera mieux placé pour négocier au niveau politique et économique. Il a une opportunité politique le temps que Nouvelle Démocratie, le principal parti d'opposition, se rassemble et se réorganise.

Les restrictions économiques sont toujours asphyxiantes. La nouvelle équipe financière du gouvernement devra sans doute demander une extension du plan de sauvetage, afin de se donner du temps pour de nouvelles négociations promises par le nouveau gouvernement. Mais nous ne savons pas encore quelle sera la réaction des prêteurs étrangers. Les ministres de l'Eurogroupe parlent d'une bataille incessante entre les pouvoirs du marché.

Nous ne savons pas encore si l'Europe elle-même veut changer. Ces dernières années, il est apparu très clair que les fondations économiques de l'Europe sont fragiles. Ce que nous ne savons pas, c'est si « la partie de l'Europe qui change va se rallier aux autres peuples d'Europe », comme l'a déclaré le nouveau Premier ministre dans le discours qu'il a donné à Propylée. L'histoire grecque montre que de nouveaux pouvoirs politiques et de nouvelles idées apparaissent quand le pays sort d'une crise. Nous ne savons pas encore à quel point nous en sommes, mais ce qui est certain, c'est que nous traversons une phase de transition. Finalement, peut-être que la phrase du discours d'Alexis Tsipras qui a été peu commentée mais que l'on devrait garder en tête, c'est celle-ci : « la Grèce a besoin de temps et d'espace. »

Cet article publié sur le HuffPost Greece a été traduit en anglais pour le World Post puis en français.

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