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La fin d'une époque à Laval

12/11/2012 08:26 EST | Actualisé 12/01/2013 05:12 EST
PC

Vendredi dernier, Gilles Vaillancourt a démissionné de son poste de maire de Laval après 23 ans de règne. Les allégations de corruption et les perquisitions policières (à sa résidence, à l'Hôtel de Ville et dans ses coffres-forts) auront eu raison du premier magistrat lavallois que l'on surnommait Gilles 1er. À la Commission Charbonneau, Lino Zambito a dit que le maire touchait 2.5% des contrats de la municipalité. Contrairement à Montréal, le maire Vaillancourt est directement visé par ces allégations de corruption. Donc, celui-ci a pris la bonne décision de quitter son poste.

On peut dire que c'est la fin d'une époque dans la troisième plus grande ville québécoise. Depuis 1989, le roi de Laval a dirigé la ville d'une main de fer. C'était lui Laval. Que sera l'héritage de ce politicien municipal? C'est évident que les soupçons de corruption et de marchandage vont entacher son règne. Malgré cela, il faut quand même reconnaître que M. Vaillancourt laisse une ville bien en ordre sur le plan économique. Ses deux grandes réalisations sont sa bonne gestion des fonds publics (de faibles hausses de taxes foncières et une dette faible) et le développement gigantesque de l'Ile Jésus. Sous son règne, Laval a connu un développement immobilier et industriel incroyable. Il aura su amener deux infrastructures importantes pour la municipalité : le pont de la 25 et le métro. Donc, l'ancien maire a un bilan respectable sur le plan de la gestion des fonds publics et de l'économie. Mais, il faut souligner son mépris de l'environnement et de la protection des terres humides.

Si les allégations de corruption deviennent fondées et prouvées, Gilles Vaillancourt aura détourné des centaines de milliers de dollars des citoyens à des fins personnelles et partisanes. Donc, les Lavallois auront été gouvernés par un maire compétent et possiblement corrompu.

L'opposition lavalloise a souvent dénoncé les dérives autoritaires de la mairie de Laval. Gilles Vaillancourt a toujours facilement remporté les élections municipales, c'est cela la démocratie. Si les Lavallois ne voulaient pas de lui, ils ne l'auraient pas réélu à cinq reprises (1993, 1997, 2001, 2005 et 2009). M. Vaillancourt a toujours eu la légitimité démocratique pour diriger sa ville. Les deux partis d'opposition auraient dû unir leurs forces afin de battre le Parti Pro des Lavallois au lieu de crier à l'autoritarisme. Ils n'ont qu'eux-mêmes à blâmer.

Qui succèdera à Gilles 1er? Je ne crois pas que des personnalités publiques connues (comme Joseph Facal, Serge Ménard ou Michelle Courchesne) vont sonner à la porte de la mairie pour postuler. Il n'y a pas de solution de rechange forte au parti du maire. Qui connaît Robert Bordeleau et Lydia Aboulian? Poser la question c'est y répondre. En novembre 2013, le Parti au service du citoyen et Le mouvement lavallois devraient former une coalition pour avoir une chance réelle de mettre fin à l'hégémonie du Parti Pro des Lavallois. Est-ce que l'opposition même unie pourra battre le parti de l'ancien maire Vaillancourt? Il faut souhaiter un changement de garde car l'alternance est une bonne chose en démocratie. Est-ce que les Lavallois auront soif de changement? C'est à suivre...

Les réactions à la démission de Vaillancourt


La maison de Gilles Vaillancourt en vente (Octobre 2012)