Simon Leduc

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Course à la chefferie libérale: Qui va l'emporter?

Publication: 29/11/2012 10:06

En mars prochain, les militants libéraux vont choisir le successeur de Jean Charest lors du congrès à la chefferie. Le prochain chef sera choisi grâce à la bonne vieille formule des délégués. La course libérale n'a pas vraiment pris son envol, mais il faut s'attendre à beaucoup d'actions après le temps des fêtes. Après neuf années de règne de Jean Charest, le parti centenaire doit se choisir un leader qui va lui permettre de brasser des idées et de le mener à la victoire aux prochaines élections générales. Lequel des candidats va remporter la course?

Pierre Moreau : l'underdog qui veut se faire connaître

Le député de Châteauguay est l'aspirant qui est le moins connu du grand public. M. Moreau est membre du Barreau du Québec depuis 1980. De 1981 à 2003, il a pratiqué son métier dans des cabinets d'avocats et il a enseigné en droit public et administratif à l'École de formation professionnelle du Barreau du Québec. Le député a été élu pour la première fois sous la bannière libérale lors des élections générales du 14 avril 2003. Il a occupé des fonctions mineures jusqu'à son ascension au Conseil des ministres en septembre 2011 (au ministère des Transports). Il est un habile communicateur et il a mis cette qualité en pratique lors de son passage aux Transports. Après le mandat houleux de Sam Hamad, M. Moreau s'est bien démarqué et il en surprit plusieurs malgré son inexpérience ministérielle. Le candidat libéral s'est lancé dans la course pour se faire connaître du grand public, des militants libéraux et de l'establishment du parti. Cela serait étonnant qu'il remporte la victoire, mais sa présence va lui permettre de se démarquer au sein des troupes libérales. Ma prédiction: une troisième place.

Philippe Couillard : le candidat qui part favori

M. Couillard a obtenu ses Doctorats en médecine en 1979 et en neurochirurgie en 1985. C'est un grand neurochirurgien qui a pratiqué sa profession jusqu'en 2003. Il a été le candidat vedette du PLQ de Jean Charest lors des élections de 2003. Il fût élu député libéral dans la circonscription de Mont-Royal. Celui-ci a été ministre de la Santé dans le gouvernement Charest de 2003 à 2008. Son grand talent de communicateur et sa capacité de rassurer les gens ont été salués par les personnes du milieu hospitalier. Il a tenu tête à Jean Charest lors de la controverse sur le choix de l'emplacement du CHUM. Il a gagné cette bataille devant son patron et cela a refroidi les ardeurs de l'establishment libéral face à lui.

Philippe Couillard semble être le grand favori dans la course à la chefferie libérale. Il a quelques qualités: sa capacité de rassurer les Québécois, c'est un bon communicateur et il a une certaine stature physique. Mais, il a de nombreux points faibles. Tout d'abord, je trouve que l'ancien élu a un bilan mitigé comme ministre de la Santé. Il faut souligner ses talents de communicateur. Mais sur le fond, sous son règne, le système de santé ne s'est pas du tout amélioré. Il a refusé de donner plus de place au secteur privé malgré le fait qu'il a quitté ses fonctions pour aller y travailler. Je vois dans cela une hypocrisie réelle.

Devant les caméras, il défend bec et ongle le monopole public en santé, mais en privé, il fait les louanges du secteur privé, c'est décevant comme attitude. Ensuite, l'aspirant chef du PLQ a quitté le gouvernement Charest en plein milieu de la croisière. Plusieurs personnes doivent penser que c'est un déserteur qui a sauté par-dessus bord du navire libéral avant qu'il frappe un iceberg. Soudainement, il décide de revenir en sauveur après l'accident qui a abîmé le paquebot libéral. Subséquemment, M. Couillard ne vient pas du secteur économique. C'est la marque de commerce du parti et les militants pourraient lui préférer le candidat de l'économie : Raymond Bachand. Je crois que M. Couillard va gagner le premier tour du scrutin, mais il va se faire dépasser à la ligne d'arrivée. Ma prédiction : une deuxième place.

Raymond Bachand : le candidat de l'économie

Raymond Bachand a obtenu une licence en droit de l'Université de Montréal en 1969. Il a une maîtrise et un doctorat en administration des affaires à la Harvard Graduate School of Business administration. Il a œuvré pendant des années dans le monde des affaires avant de faire le saut en politique : chez Métro Richelieu, au Fond de Solidarité de la FTQ, chez Culinar, etc. Il a aussi de l'expérience sur le plan politique. Il a travaillé au cabinet de deux anciens premiers ministres du Québec : René Lévesque et Pierre-Marc Johnson. En 2005, il a été recruté par les libéraux de Jean Charest. Celui-ci l'a nommé au ministère des Finances. C'est un poste qu'il a occupé de 2009 à 2012.

Le manque de charisme est le point faible du candidat à la course libérale. En effet, M. Bachand n'est pas très charismatique, mais je ne crois pas que cela va lui nuire. Les militants doivent choisir le candidat le plus expérimenté et compétent sur le plan économique. Dans ce domaine, Raymond Bachand devance facilement ses deux adversaires. L'économie est sa grande force. Contrairement à ses deux rivaux, il a une grande expérience dans le monde des affaires. Ce n'est pas un hasard que le Québec Inc. lui a accordé son appui. Dans l'ensemble, il a quand même bien fait lors de son passage au ministère des Finances. Face à un gouvernement faible sur le plan économique, le PLQ doit choisir le seul aspirant qui est solide en la matière : Raymond Bachand. C'est pour cette raison que l'auteur de ses lignes appuie la candidature de l'ancien ministre des Finances. C'est un politicien de centre-gauche qui ne va pas faire trembler les colonnes du Temple (le modèle québécois), mais c'est le meilleur candidat en lice. M. Bachand va terminer deuxième derrière M. Couillard lors du premier tour. Les délégués de Pierre Moreau devraient en grande majorité l'appuyer lors du deuxième tour et assurer sa victoire. Ma prédiction : une victoire pour Raymond Bachand.

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  • Il a versé quelques larmes en évoquant le soutien indéfectible de sa famille.

  • À 54 ans, Jean Charest tourne la page sur une carrière politique de 28 ans.

  • Lors de son discours de défaite, mardi soir, le 4 septembre.

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  • Qui fait quoi à l’Assemblée Nationale?

    Lorsqu’il est question de politique, les Québécois distinguent aisément les tâches qui reviennent à la première ministre, aux députés, aux ministres et aux porte-paroles en matière de ceci ou de cela. Par contre, fort peu nombreux sont ceux qui connaissent l’utilité du whip, le concept de leader parlementaire ou le nom de l’actuelle protectrice du citoyen. Voici donc une présentation de quatre fonctions parlementaires des députés, de cinq personnes désignées par l’Assemblée et du plus haut dignitaire sur le plan protocolaire au Québec.

  • Président de l'Assemblée nationale

    Actuellement: Jacques Chagnon, député de Westmount-Saint-Louis C’est à lui que les députés s’adressent lors de leurs interventions à l’Assemblée. Ses tâches principales consistent à arbitrer les séances, s’assurer du bon déroulement des travaux, protéger les droits des députés, préparer les prévisions budgétaires et représenter l’Assemblée dans ses rapports avec d’autres gouvernements. N’ayant pas droit de vote, sauf en cas d’égalité des voix, il cesse d’appartenir à son groupe parlementaire, dès qu’il entre en fonction.

  • Présidents de caucus

    Sylvain Pagé, député de Labelle (gouvernement) et Geoffrey Kelly, député de Jacques-Cartier (opposition officielle) Le caucus de chaque parti est constitué de l’ensemble des députés qui siègent à l’Assemblée sous la bannière de ce parti. Choisis par le chef de leur groupe parlementaire, les présidents de caucus établissent l’ordre du jour et dirigent les réunions de leurs caucus respectifs. Ils doivent entre autres s’assurer que tous les sujets prévus sont examinés et que le temps qui leur est alloué soit respecté.

  • Whip

    Marjolain Dufour, Député de René-Lévesque (gouvernement) et Laurent Lessard, député de Lotbinière-Frontenac (oppostion officielle) Signifiant «fouet» en anglais, le mot «whip» représente la fonction disciplinaire du parti. Aidé d’adjoints, le whip s’assure que les députés manifestent une solidarité parlementaire, veille à ce qu’ils soient suffisamment nombreux à l’Assemblée et en commission (surtout les jours de votes), note le nom de ceux qui interviennent pendant les débats et remplit diverses fonctions touchant aux aspects matériels de la vie de ses collègues.

  • Leader parlementaire

    Stéphane Bédard, député de Chicoutimi (gouvernement) et Pierre Moreau, député de Châteauguay (opposition) Possédant une connaissance approfondie des règles et coutumes parlementaires, il est le principal stratège et conseiller en la matière. En plus d’assurer un lien entre le Conseil des ministres et l’Assemblée, il a l’exclusivité de certains actes de procédures tels que la motion d’ajournement de l’Assemblée (qui met fin aux travaux d’une séance) ou la motion de renvoi en commission d’un projet de loi pour son étude détaillée.

  • Directeur général des élections - Jacques Drouin

    Responsable des élections provinciales (générales et partielles), municipales, scolaires et des référendums, il supervise la délimitation des circonscriptions électorales, la liste électorale permanente, le dépôt des bulletins de vote, leur dépouillement et la proclamation des résultats. Il veille également au contrôle du financement des partis politiques et des dépenses électorales, en plus d’avoir le devoir d’informer les électeurs de leurs droits électoraux.

  • Commissaire au lobbyisme – François Casgrain

    Assurant la surveillance des activités de lobbyisme exercées auprès des titulaires de charges publiques, tels que les ministres, les députés et leur personnel, le Commissaire au lobbyisme effectue les inspections relatives à toute contravention aux dispositions de la Loi sur la transparence et l'éthique en matière de lobbyisme ou du Code de déontologie des lobbyistes qu’il a élaboré.

  • Commissaire à l’éthique et à la déontologie – Jacques Saint-Laurent

    Il guide les députés au sujet de leurs obligations concernant les incompatibilités de fonctions, les conflits d’intérêts, les dons et les avantages. De sa propre initiative ou à la demande d'un député, il peut faire des vérifications ou des enquêtes pour déterminer si des manquements au Code d’éthique et de déontologie des membres de l’Assemblée ont été commis par un député ou un membre du Conseil exécutif.

  • Protectrice du citoyen - Raymonde St-Germain

    Elle prévient et corrige les erreurs ou les injustices commises à l’égard de toute personne ou groupe de personnes en relation avec un ministère, un organisme du gouvernement du Québec ou une instance du réseau de la santé et des services sociaux. Dans le meilleur intérêt des citoyens, elle peut proposer des modifications aux lois, règlements, directives et politiques administratives, ou à tout projet concernant ces matières. Même si elle ne dispose d’aucun pouvoir de contrainte, plus de 95 % de ses recommandations sont acceptées.

  • Vérificateur général – Michel Samson (par intérim)

    Exerçant un contrôle parlementaire sur les fonds et autres biens publics, il communique aux principaux intéressés ses constatations, ses commentaires et ses recommandations. Son apport consiste à promouvoir une reddition de comptes à la fois rigoureuse et transparente. Il vise à améliorer les pratiques de gestion à l'échelle gouvernementale. Depuis 2008, il vérifie également les livres et comptes des entités des réseaux de la santé, des services sociaux, de l’éducation et des organismes sans but lucratif qui gravitent autour de ces réseaux. Il a aussi la responsabilité de réaliser des mesures d’évaluation de l’efficacité et de la performance des sociétés d’État.

  • Lieutenant-gouverneur – Pierre Duchesne

    Représentant de la Couronne et reconnu comme le plus haut dignitaire sur le plan protocolaire, il a la tâche de nommer le premier ministre, les membres du Conseil exécutif (ministres) sur recommandation du premier ministre, ainsi que les juges des cours du Québec. Il est également responsable de la ratification des décrets du gouvernement, de la sanction des lois, en plus de veiller à la convocation, la prorogation et la dissolution de l'Assemblée nationale.

 
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