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Il n’y avait aucune raison de penser que l’essence allait manquer

Quand l’ouragan Harvey s’en vint fortement à frapper aux portes du Texas le 26 août dernier, personne ne s’attendait à voir une si grande quantité d’eau partout.

25/09/2017 10:12 EDT | Actualisé 25/09/2017 10:35 EDT
Mike Blake / Reuters
Le sol devint eau, la terre devint boue.

Plus d'essence ! La panique s'amplifia dans les jours qui suivirent la tempête Harvey sur le Texas, les automobilistes ont pensé que leur chère essence allait soudainement manquer.

Quand l'ouragan Harvey s'en vint fortement à frapper aux portes du Texas le 26 août dernier, personne ne s'attendait à voir une si grande quantité d'eau partout. Le monstre de catégorie 4 sur un maximum de 5 (échelle de Saffir-Simpson) fut le premier ouragan aussi puissant depuis Wilma en 2005 à atteindre le littoral américain.

Les experts, les spécialistes, les journalistes, les officiels, les connaisseurs avaient tous prédit une forte montée des eaux du golfe du Mexique - à ajouter aux pluies, aux rivières gorgées et débordantes, aux lacs subitement sans rives, aux étangs et marécages sans plus aucune frontière avec les terres.

Le sol devint eau, la terre devint boue. Plus rien n'était solide. Les bateaux naviguaient dans les rues inondées, les poissons nageaient sur les autoroutes, les gens canotaient dans leur rue, le bétail se noyait ou flottait sans attaches.

Avec un désastre d'une ampleur si ravageuse, une ambiance quasi sauvage s'installa dans les vies quotidiennes.

La panique du manque d'essence était totalement possible à éviter.

Les médias sociaux ont bien fait leur travail, c'est-à-dire la propagation de nouvelles catastrophiques. Quand Twitter a commencé à parler d'un manque de gaz dans les stations- services du Texas, les gens y ont bien sûr cru et ont réagi en force. Les premières photos de longues queues aux stations, certaines se déroulant sur plusieurs pâtés de maisons apparurent sue Twitter et Instagram, montrant l'effet apocalyptique entièrement créé par... Rien du tout.

La vue des réservoirs entourés jusqu'à leur moitié par les inondations n'a certes pas aidé.

Souvent, les paniques suivent un simple «on-dit» et se développent et se multiplient sans foi ni loi. Il est vrai que le quart des raffineries le long de la côte du Golfe ont dû fermer et cesser leur distribution. La vue des réservoirs entourés jusqu'à leur moitié par les inondations n'a certes pas aidé.

Beaucoup ont pensé que les camions d'essence ne pourraient pas se remplir si les silos étaient inondés. Les analystes pétroliers ont affirmé que la peur et la panique qui suivirent étaient pour la plupart totalement injustifiées et sorties tout droit de l'imagination des alarmistes.

Patrick DeHaan de la companie GasBuddy explique que les consommateurs avaient déjà décidé de remplir leur réservoir d'essence avant même que les spécialistes en la matière ne décident à parler de l'éventuel risque associé avec la fermeture de certaines usines d'entrepôt de pétrole.

Oui le Texas produit et se fournit principalement d'essence sur son territoire, et non au Moyen-Orient, une bonne chose. L'état a tout à fait assez de réserve pour alimenter la consommation normale et habituelle des conducteurs du Texas, mais la panique exagérée de ces habitants durant le passage de Harvey a conduit à un fort abus des pompes à essence locales.

Les centaines de voitures alignées chez Exxon, Shell, Valero, Mobil et autres fournisseurs n'étaient ni attendues ni bienvenues. Le manque et la panique n'auraient pas dû se passer. D'ailleurs, les stations QT, qui obtiennent leur essence de l'état de l'Oklahoma, ont été les dernières à avoir et distribuer le précieux liquide.

En réalité, il n'y avait aucune raison de penser que l'essence allait manquer – le problème est seulement né des foules inquiètes.

C'est illégal.

Et bien sûr, dans la foulée de la peur de manquer, les prix aux pompes ont commencé à augmenter. Il est interdit par la loi de changer les prix d'un service en cours (par exemple on ne peut pas augmenter les prix de l'essence si les réserves ne sont pas épuisées), mais il est tout à fait permis de monter les prix d'un nouvel arrivage. Voilà pourquoi le prix de l'essence passa de 2,09$ en moyenne à 2,89$ à Dallas. La ville d'Austin a vu des prix monter jusqu'à 6,50$.

Le procureur général du Texas avait prévenu les consommateurs que certaines villes allaient gonfler leur prix et profiter des états d'esprit désespérés des conducteurs. En considérant que cette panique arriva les trois premiers jours du long weekend férié de la Fête du Travail (Labor Day), le résultat bienvenu, mais inattendu fut qu'il n'y eut pas d'embouteillages sur les routes texanes - une première dans ces dates!

Les bien aimés héros des bandes dessinées Astérix et Obélix avaient bien raison de craindre que le ciel ne leur tombe sur la tête - car c'est juste ce qu'il s'est passé!

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