Serge Tisseron

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Snapchat ou s'envoyer des photos sexuelles qui s'auto-détruisent

Publication: 09/01/2013 09:00

Ce billet a été initialement publié sur le site de Serge Tisseron

Avec Internet, la prise d'images est devenue inséparable du fait de les partager en temps réel avec ses amis, voire avec des inconnus. La dernière innovation en date s'appelle Snapchat. Elle permet d'envoyer une photographie (ou un texto) qui s'autodétruit au bout de quelques secondes.

Des images échangées sans trace

Grâce aux adolescents qui en font un grand usage, Snapchat est dans le top 10 des applications smartphones à télécharger. L'image envoyée ne laisse aucune trace, sauf le souvenir que chacun en garde et dont il pourra d'ailleurs finir par douter tant la photo lui est apparue peu de temps.

Une utilisation privilégiée s'est aussitôt dégagée, que les adolescents ont appelé "sexter" -mot fabriqué à partir de "sexe" et "texto". "Sexter", c'est s'envoyer des photographies à forte connotation sexuelle sans qu'elles puissent être archivées nulle part.

C'est comme une exhibition ponctuelle, échappant à toute empreinte numérique et qu'on ne peut capturer qu'avec les yeux.

De la photographie comme mémoire à la photographie comme lien

Ainsi, avec le numérique, la photographie devient elle de moins en moins un support de mémoire et de plus en plus un support de construction identitaire et de lien social.

Ce qui était une fonction secondaire aux temps de l'argentique devient sa fonction principale, tandis que ce qui était sa fonction principale tend à s'estomper. Car pendant longtemps, c'est pratiquement exclusivement par rapport à la mémoire que la photographie s'est définie.

Qu'on se rappelle Pierre Bourdieu et son travail sur la photographie comme art moyen, ou Roland Barthes et ses épanchements nostalgiques sur une photographie de sa mère enfant... qu'il ne montre jamais.

Dans chaque famille, la photographie était utilisée pour "immortaliser" les grands moments,... ou créer une mythologie qui fasse oublier la réalité. Ainsi trouvait-on côte à côte dans les albums des images destinées à témoigner de la réalité d'un événement, et d'autres à faire oublier un épisode douloureux que chacun voulait se cacher.

Dans le premier cas, la photographie montrait par exemple une fête très réussie et permettait à chacun de s'en souvenir. Dans le second, elle associait à une certaine date des visages souriants alors que cette période avait pu être troublée par un événement grave, comme une brouille familiale, l'annonce d'une maladie ou celle d'une rupture.

Symboliser des relations de confiance à travers des gestes concrets

Ces pratiques n'ont pas disparu, mais de nouvelles sont apparues qui les ont reléguées au second plan.

Avec le numérique, chacun se met en scène, moins pour s'exhiber comme le craignent beaucoup d'adultes, que pour créer des liens et plus encore symboliser des relations de confiance à travers des gestes concrets, comme de donner à quelqu'un son code secret sur Facebook, ou de lui envoyer un sexto. Ce n'est pas absolument nouveau.

Doisneau disait déjà: "on ne fait des photographies que pour les montrer à ses amis", autrement dit pour partager avec eux des liens privilégiés. Mais l'innovation numérique permet de satisfaire ce désir à une large échelle.

Alors que la photographie argentique était avant tout un moyen pour le photographe de symboliser son rapport personnel au monde en s'en donnant une image, la photographie numérique, et plus encore l'utilisation qu'en font les jeunes aujourd'hui, y ajoute la possibilité de symboliser les liens et la qualité de la relation aux autres.

Bien loin d'être le témoignage d'un "déficit de symbolisation", comme le craignent certains psychanalystes qui confondent encore symbolisation et langage parlé/écrit, ces nouvelles pratiques adolescentes sont l'occasion d'en explorer de nouvelles, organisées autour de l'image et du geste.

Cette révolution là, elle aussi, ne fait que commencer.

 

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photo
06:59 sur 11/01/2013
Il y du code sous flash ou encore sous d'autre langage qui fait en sorte que toute prise d'écran rend l'image illisible ou noirci ou encore l'image se rétracte avant la prise d'écran ou a la seconde même ou les touches du clavier sont sollicité pour la prise "snapshot" de l'écran ..

Cette techno existe dans des logiciels pour les documents confidentiels d'entreprise ou gouvernementaux .

Si on prend cette techno et on la joint à une étape de destruction de l'image après la consultation .. Peu importe ce que vous ferez, avec votre appareil vous ne pourrez pas garder cette image en banque .

Donc si le programme inclus de simple commande comme
il n'ouvre pas si une action de snapshot est en attente
il n'ouvre pas si l'interruption du clavier ou de tout autre port comme la souris est sollicitée
il n'ouvre pas si une action de vidéo sur écran ou de monitoring à distance est en cours
ça devient potentiellement difficile d'être en mesure de conserver l'image envoyée
photo
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
JVousAiaLOeil
Québecois mais profondement Canadien.
11:00 sur 09/01/2013
A dire vrai.... ca me semble de la poudre aux yeux.

Par exemple... avec le iPhone (probablement avec les autres aussi) on peut faire un snapshot de l'écran qui est sauvegardé dans notre galerie de photo.
Ou bien.... quelqu'un pourait prendre une photo du téléphone avec une caméra ou une webcam

Une solution qui donne une fausse impression de sécurité, ce qui est encore pire car à ce moment, on serait moins prudent sur ce qui est échangé.
14:18 sur 09/01/2013
C'est vraiment prendre les ingénieurs en logiciel et les programmeurs pour des imbéciles! Comme si une photo pouvait exister sans un code source, dans lequel serait insérée la commande d'auto-destruction qui s'exécutera peu importe ou vous tenterez de la cacher!

Pour déactiver la commande il faut beaucoup plus que de déplacer l'image. Il vous faudrait savoir entrer dans le code source de l'image et déactiver la commande. Bonne chance...
18:58 sur 09/01/2013
si c'est sur mon écran je peux le capturer et le code source n'a rien a voir la dedan!
une fois capturé, l'image est en format standard et son code source n'a plus rien a voir avec celui de la photo d'origine qui pourra etre ouverte avec n'importequel application.
19:39 sur 09/01/2013
Les personnes agé mon font rire quand il tente de nous faire croire qui connaise ca.

C'est pas prendre les programmeur pour des imbéciles. C'est le programme qui prend ses usagé pour des caves.
10:38 sur 09/01/2013
Suis-je le seul à trouver que SnapChat n'est pas vraiment efficace considérant qu'on peut faire une capture d'écran en 1 seconde en appuyant sur 2 boutons sur presque tous les téléphones intelligents?
14:00 sur 09/01/2013
Le code d'auto-destruction est inséré dans le code source de l'image, dont il se déplace avec la photo afin d'effectuer la commande d'auto-destruction.
03:26 sur 10/01/2013
ah oui ? tu sais comment fonctionne une capture d'ecran ? c le tampon de la memoire video qui est copié, alors le code executable... bof...