Serge Roy

RECEVEZ LES NOUVELLES DE Serge Roy
 

Faire rimer retraite avec dignité plutôt qu'avec pauvreté

Publication: 24/08/2012 22:01

J'ai réalisé mon parcours professionnel dans le secteur public, dont je connais bien les enjeux liés à la retraite. Les régimes de retraite des secteurs publics et parapublics connaissent certes leurs difficultés. Certains d'entre eux connaissent des déficits qui laissent craindre quant à leur capacité de verser des rentes suffisantes. La situation la plus dramatique concerne toutefois les travailleurs les travailleuses qui ont des régimes privés, souvent gérés par les entrepreneurs de façon unilatérale. C'est sans compter le 60 % de travailleurs et travailleuses au Québec, surtout des femmes, qui n'ont pas accès à un fonds de pension privé. La grande majorité d'entre eux, une fois à la retraite, reçoivent des rentes très réduites. La pauvreté absolue les guette. Une personne retraitée sur deux a en fait un revenu si limité qu'elle a droit au Supplément de revenu garanti qui s'ajoute à sa pension de vieillesse et lui assure un minimum qui n'atteint pas 15 000 $. Le système de retraite québécois, dont les rentes sont calculées à partir des revenus de travail, engendre un problème d'iniquité qui s'ajoute à celui de la pauvreté.

Le mythe de la responsabilité individuelle

Le discours servi touchant la retraite, c'est celui de la responsabilité individuelle. On propose différentes formules d'épargne retraite en vantant les avantages fiscaux, certes indéniables, y étant associés. Cette rhétorique fait toutefois fi de la précarité grandissante et des salaires qui ont tendance à stagner, en plus de dégager les employeurs de la responsabilité de cotiser pour assurer une retraite décente aux employés. Une personne dont les revenus couvrent tout juste le coût de la vie ne pourra jamais accumuler suffisamment d'épargne pour se bâtir un fonds de retraite acceptable. Les entreprises privées, avec l'appui des différents paliers gouvernementaux, ont de plus en plus tendance à proposer des régimes dont les rentes ne sont plus prévisibles, mais soumises aux fluctuations du marché. Et si la compagnie fait faillite, le fonds de retraite est perdu. Ces régimes facultatifs et individuels font reposer tout le risque sur les épaules des salariés. L'absence de contrôle de ces derniers sur l'argent destiné à leur payer une retraite entraîne des situations dramatiques. Le sort des employés de l'usine de Papiers White Burche ou d'AbitibiBowater en est une désolante illustration.

Des solutions collectives

Le régime universel de retraite, proposition avancée par Québec solidaire, consiste en un exercice de coordination entre les différents régimes de retraite. Géré de manière publique, il permettra de recueillir des sommes importantes chaque année et de faire des placements à long terme qui, en plus d'assurer les versements des revenus de retraite, pourront servir à financer divers projets qui profiteront à l'ensemble des citoyens. Cette formule, conclut une étude de l'IRIS datant de 2011, qui n'exclut pas l'existence de régimes de nature privée, permet le partage collectif du risque et protège tous les travailleurs et travailleuses contre la disparition de leur retraite liée à une faillite d'entreprise ou à de mauvais placements. Contrairement à la Régie des rentes du Québec, ce régime aura pour objectif d'offrir une rente correspondant à un pourcentage acceptable du revenu. Cette proposition n'est pas sans lien avec celle du revenu minimum garanti, aussi mise de l'avant par Québec solidaire. Ces deux programmes, afin d'être viables, devront interagir. De telles solutions sont réalistes, car l'argent est là. Bien sûr, elles impliquent une façon différente de calculer et de répartir l'argent. Ce n'est pas sans difficultés. Les personnes bénéficiant d'un bon régime de retraite à l'heure actuelle poseront sans doute des objections, des questions. Autant d'occasions, à mon avis, de trouver des compromis pour un meilleur vivre ensemble.

Je vous invite à vous tenir DEBOUT pour des retraites dignes!

 

Suivre Serge Roy sur Twitter: www.twitter.com/SergeRoyQS

Suivre Du Québec
J'ai réalisé mon parcours professionnel dans le secteur public, dont je connais bien les enjeux liés à la retraite. Les régimes de retraite des secteurs publics et parapublics connaissent certes ...
J'ai réalisé mon parcours professionnel dans le secteur public, dont je connais bien les enjeux liés à la retraite. Les régimes de retraite des secteurs publics et parapublics connaissent certes ...
 
 
Les commentaires sont clôturés pour cette entrée.
Afficher tout
Favoris
Date de publication  | 
Popularité
photo
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Reflexion01
Reflexion 101
12:21 sur 27/08/2012
Le sujet est brûlant et les Partis Politiques, incluant QS qui chante comment dépenser l'argent pas encore gagné, évitent la réalité.
Il est anormal pour quelqu'un qui a travaillé toute sa vie dans le privé ou à son compte et qui n'a jamais demandé d'aide de chômage ou autres aides sociales dans sa vie, de se voir obligé de manger de la misère à la retraite.
Ce groupe de personnes, par simple justice sociale, devrait voir son plafond des rentes du Québec être automatiquement relevé de 50% !

Ils seront des milliers a ne plus pourvoir payer les augmentations ridicules et injustifiées des taxes municipales...et ils se retrouveront dans des centres d’accueil à un coût 10X plus élevé !
photo
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Axel Johan Dumoulin
23:07 sur 25/08/2012
Bravo monsieur, nos personnes âgées livrées à la pauvreté. Y a que Québec Solidaire qui parle de justice sociale dans cette campagne. Nos étudiants en lutte partagent votre point de vue. C'est ça la CRISE SOCIALE, occultée par nos médias de masse !
19:58 sur 25/08/2012
J'ai de la difficulté à voir comment votre carrière dans la fonction publique fait de vous un expert en matière de régimes de retraite. On en est vraiment dans le règne du citoyen lambda qui professe son opinion à propos de tout et de rien en se basant sur une pseudo-connaissance des enjeux. Vous mettez le doigt sur un problème réel mais votre solution est simpliste et incomplète. En outre, vous omettez de mentionner la source des fonds qui seraient commis à un tel régime (ça représente combien et ça viendra de où?) ainsi que du risque lié au déficit actuariel des caisses de retraites à prestation déterminée.
19:47 sur 25/08/2012
Pourquoi ne proposez-vous pas de simplement bonifier les rentes de la RRQ au lieu de créer une nouvelle structure? De plus, d'où viendra l'argent pour financer ce régime? Vous n'en dîtes mots! On ne peut pas bonifier les régimes de retraites sans faire une ponction additionnelle dans les poches des travaileurs.
11:38 sur 25/08/2012
Vos propos sont beaux et doux. Je peux comprendre tout l'amour qui s'en dégage.Votre solution quant à elle est totalement dépourvue de réalisme. Il faut juger par les faits et non par les mots.Jamais aucun gouvernement n'a géré l'argent des citoyens de façon totalement altruiste et celui que vous représentez ne sera pas différent et probablement pire. Une des grosse inéquité est bien cette situation ou des retraités de l'état , comme vous, demande à des citoyens sans fond de retraite, de leur verser toujours plus d'impôt pour garantir ces généreuses pensions dont vous bénéficiez.
15:46 sur 27/08/2012
Un retraité dont son plan de retraite est subventionné par nos impôts qui ne sont pas supposés servir à sa retraite nous parle de plans de retraite justes et équitables. Non, moi je trouve ses propos laids et non réaliste. C'est pour cela qu'il faut une justice sociale juste pour chaque Québécois et non seulement pour les illuminés.
photo
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Pedro Individuo
11:23 sur 25/08/2012
le mythe de la responsabilité. individuelle... Les socialistes n'en sont pas à une étourderie près
photo
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
jfjoubert
Le pire n'est pas toujours certain.
12:21 sur 25/08/2012
Pourquoi toujours les étiquettes? Ceci dit il faut aussi se demander si nous voulons être comme dan certains pays où les pauvres et le vieux quêtent dans la rue.
photo
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Pedro Individuo
17:57 sur 25/08/2012
"Pourquoi toujours les étiquettes?"

j'appelle un chat un chat. Les socialistes refusent de considérer les individus, plus petite minorité qui soit

" il faut aussi se demander si nous voulons être comme dan certains pays où les pauvres et le vieux quêtent dans la rue."

c'est en volant l'argent à la pointe d'un fusil (impôt) qu"on règle le problème?
photo
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
ethrop
micro-bio-tic
22:34 sur 24/08/2012
L'IRIS, monsieur Roy, n'est pas exactement une source d'information fiable. Selon eux, le Québec pourrait facilement s'offrir la gratuité de tout et qu'on paie pour tout ça parce que, c'est bien connu, l'argent pousse sur les arbres. Il suffit de s'étirer le bras un peu. Ne mentionnez pas l'IRIS si vous désirez gardé un minimum de crédibilité. Pourquoi ne sui-je pas surpris que vous soyez candidat de Québec Solidaire....
06:45 sur 28/08/2012
Ça me fait penser au Béret blanc qui disait que vu qu'on manque d'argent, on avait juste a en imprimer plus...
photo
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
ethrop
micro-bio-tic
22:30 sur 24/08/2012
Qui paiera pour ces retraites, M. Roy? Le trésor public? Celui qui accuse un déficit d'un quart de billion?
19:23 sur 25/08/2012
Le trésor public? Non, juste plus d'impôts!
11:35 sur 26/08/2012
Si vous avez des REER qui paient pour les crédits d'impôt dont vous bénéficiez ? Les payeurs d'impôt donc le trésor publique. Est-ce qu'on aboli les REER ?
photo
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
ethrop
micro-bio-tic
16:18 sur 26/08/2012
Les crédits d'impôts sur les REER sont temporaires et l'impôt est payé lorsque les REER sont convertis. Une retraite "douce" et "nationalisée" devra être financée par l'état, donc par les contribuables ou, plus probablement, en enfonçant le déficit. Dans la parlance populaire, on appele ça "vivre au dessus de ses moyens".