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Dutil renoncera-t-il aussi au reçu d'impôt?

27/09/2015 09:30 EDT | Actualisé 27/09/2016 05:12 EDT

Ça ne doit pas aller très bien au sein du caucus du Parti libéral du Québec depuis quelque temps. Voilà qu'un quatrième député libéral démissionne en l'espace de 17 mois.

En effet, mardi, le député de Beauce-Sud, Robert Dutil, élu pour la première fois en 1985 et député pendant 16 ans, a annoncé qu'il quittait la vie politique pour aller travailler dans le privé (pour Canam-ponts, entreprise dirigée par son fils).

Ce faisant, il provoque la tenue d'une autre élection partielle à un coût de 500 000 à 600 000 dollars pour les contribuables québécois - en pleine période dite d'austérité où nul autre que le premier ministre, Philippe Couillard, avoue enfin que ses compressions affectent les services à la population. Il était temps qu'il reconnaisse les impacts des mesures que son gouvernement impose partout depuis maintenant des mois.

Depuis la dernière élection générale, quatre députés libéraux ont quitté leurs fonctions et décidé, souvent odieusement, de toucher leur «prime de départ»: Yves Bolduc (à force de se mettre le pied dans la bouche et de démontrer son incompétence), Gilles Ouimet et Marguerite Blais (frustrés de ne pas être ministres) et maintenant Robert Dutil.

Dans le cas de M. Dutil, il s'est engagé à faire don de sa prime de départ de 150 000 dollars (!!!) à l'organisme sans but lucratif la Maison Catherine de Longpré, qui dispense des soins palliatifs dans la région Beauce-Etchemins. Un geste noble par rapport aux autres démissionnaires libéraux, mais renoncera-t-il au reçu d'impôt auquel ce don lui donnera droit pour autant?

La situation actuelle devient de plus en plus intenable pour Philippe Couillard, qui déchire sa chemise sur la place publique après chaque démission, mais semble tout faire pour maintenir le statu quo.

Rappelons-nous que, dans la foulée de la démission d'Yves Bolduc, il a imploré son (incompétent) ministre démissionnaire de renoncer à sa prime. Ensuite, silence radio jusqu'aux prochaines démissions. Idem suivant la démission de M. Ouimet et de Mme Blais. Toujours rien...

Pourtant, le Parti québécois (dont la démissionnaire Élaine Zakaïb a renoncé à sa prime et le démissionnaire Marjolain Dufour a choisi de consulter le commissaire à l'éthique avant d'accepter la sienne), la Coalition avenir Québec (dont les deux démissionnaires - Christian Dubé et Gérard Deltell - ont renoncé à leurs primes) et Québec solidaire sont prêts à adopter une loi interdisant le versement d'indemnités de transition aux députés qui démissionnent en cours de mandat, autrement que pour des raisons de santé ou de famille jugés valables par le commissaire à l'éthique.

Un projet de loi est pourtant prêt: Bernard Drainville s'en était chargé lorsqu'il était ministre des Institutions québécoises. Qui en a alors bloqué l'adoption sous le gouvernement Marois minoritaire? Le PLQ de Philippe Couillard...

M. Couillard, le bon peuple en a marre de vos tergiversations dans ce dossier. Par ailleurs, vous êtes bien mal placé ici, ayant vous-même touché votre prime au moment de quitter la vie politique en 2008 après vous être négocié un job lucratif dans le secteur privé alors que vous étiez ministre de la Santé. Vous prenez vraiment les Québécois pour des valises à ce point? Il est grand temps d'agir. Vous avez perdu assez de temps à cet égard depuis votre élection!

«Le premier ministre Philippe Couillard se dit prêt à déposer un projet de loi pour éliminer les allocations de transition pour les élus démissionnaires. Toutefois, ce texte devra également traiter des autres dispositions contenues dans le rapport indépendant de l'ex-juge Claire L'Heureux-Dubé, qui propose également des hausses de salaires pour les députés.» Monsieur Couillard, vous manquez de dignité pour être premier ministre et vous riez de ceux que vous appauvrissez depuis votre entrée en fonctions. Vous sabrez partout - sauf dans le sacro-saint rang de la classe politique, qui appauvrit le Québec.

Bien difficile de respecter un premier ministre et le gouvernement qui dirige en pareilles circonstances. Je me demande même si Amir Khadir a raison de considérer que l'élection du gouvernement que vous dirigez doit être annulée. Bref, j'ai de plus en plus honte d'être Québécois. Le Québec sombre de plus en plus au fil des gouvernements libéraux et péquistes qui se succèdent depuis un demi-siècle, et votre gouvernement suit pitoyablement dans la même veine!

Et si on faisait payer au parti du démissionnaire le coût de la tenue de l'élection partielle qu'il provoque? Après tout, quelqu'un qui démissionne en cours de mandat - qu'il a sollicité et que le peuple lui a accordé - pour des raisons opportunistes ou carriéristes ne devrait-il pas être tenu responsable des coûts que sa décision engendre? Le «simple travailleur» qui démissionne n'a même pas droit à l'assurance-emploi, à laquelle il cotise pourtant...

Mais encore, jamais Philippe Couillard ne prendra une telle mesure. L'austérité, c'est pour les autres, c'est pour le bon peuple.

De toute évidence, il est là pour ses propres intérêts et non pour les intérêts des Québécois, qui ont été suffisamment nombreux à se laisser duper par ses promesses électorales pour lui permettre de régner en roi et maître sur la neuvième province la plus pauvre au pays jusqu'en 2018.

Va-t-il falloir que les Québécois se révoltent comme les «carrés rouges» l'ont fait en 2012 pour que, enfin, leur gouvernement cesse d'abuser d'eux et se mettent à leur service? Dans l'immédiat, il faudrait minimalement que les électeurs qui seront appelés à voter dans une partielle prochainement envoient un message clair à nos bons libéraux et élisent un candidat autre que libéral pour les représenter jusqu'à la fin du mandat en cours!

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