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L'anxiété ou quand ta tête dérape

L’anxiété, c’est ton cerveau qui ne joue plus dans la même équipe que toi.

24/11/2017 09:00 EST
Getty Images/iStockphoto

L'anxiété est de plus en plus connue et ça touche beaucoup de gens. On la confond souvent avec le simple stress, surtout qu'en 2017, le stress frappe fort chez beaucoup de gens avec la société basée sur la performance et la normalité. Rentrer dans un moule est très stressant quand tu es différent ou que tu n'es pas capable d'atteindre les standards.

Mais l'anxiété, c'est différent du stress. En fait, c'est un peu comme le stress, mais multiplié à une puissance qui peut varier de trois à mille, même plus en fonction des cas, des déclencheurs et des personnes. Il y en a plusieurs formes, mais le processus et les effets sont pas mal les mêmes.

L'anxiété, c'est ton cerveau qui ne joue plus dans la même équipe que toi. Il devient un traître. Il te réveille en plein milieu de la nuit pour t'insulter et te faire un rapport complet de toutes les niaiseries que tu as pu dire ou faire dans les 10 dernières années. Il devient ton intimidateur personnel. Il connait toutes tes faiblesses et tes insécurités. Il ne se gênera pas pour les exploiter. Et il te suit 24h sur 24, 7 jours sur 7.

L'anxiété, c'est ton cœur qui pogne des crampes à force d'aller trop vite, qui te donne l'impression que tu vas péter une crise cardiaque.

L'anxiété, c'est aussi physique. C'est se mettre à suer comme un porc, comme si tu courais depuis une demi-heure sur un tapis roulant. Sauf que rien ne se passe à part dans ta tête. L'anxiété, c'est ton cœur qui pogne des crampes à force d'aller trop vite, qui te donne l'impression que tu vas péter une crise cardiaque. Sauf que non. C'est toi qui cherches ton air parce que tu as l'impression que tu peux pu respirer. Sauf qu'en fait, c'est juste ta tête qui fait tout ça.

Parce que l'anxiété, c'est ça. Tout est dans ta tête. C'est comme avoir deux hamsters qui tournent en permanence dans ta tête. Si tu réussis à en calmer un, il y en a toujours un autre qui est partant pour continuer de te casser la tête. C'est s'inquiéter pour des broutilles. C'est se mettre à parler frénétiquement sans pouvoir s'arrêter. C'est établir des centaines de scénarios pour se sécuriser avant de faire quelque chose de nouveau (ou pas). C'est avoir réfléchi en profondeur à des choses tellement inutiles que personne n'y a consacré une seule seconde. Mais toi, tu pourrais écrire une thèse de doctorat sur une multitude de sujets comme ça.

C'est une overdose d'informations qui tourbillonnent. C'est un ouragan de pensées qui ramasse tout sur son passage.

En termes geek, c'est ton cerveau qui essaie de se pirater lui-même par flood. Le hack par flood, si vous ne savez pas c'est quoi, c'est faire crasher un serveur en y envoyant beaucoup trop d'informations en même temps. C'est le surcharger jusqu'à ce que tout surchauffe et cesse de fonctionner. Pour moi, c'est clairement ça qui explique le mieux l'anxiété. C'est une overdose d'informations qui tourbillonnent. C'est un ouragan de pensées qui ramasse tout sur son passage. C'est ton cerveau qui pédale tellement que tout s'embrouille.

Tu ne peux plus penser clairement parce que tu penses trop. Aussi simple que ça.

Et la, souvent, les gens vont dire de relaxer et d'arrêter d'y penser! Ça, ça me fait toujours bien rire (façon de parler) parce que de dire ça à quelqu'un qui fait de l'anxiété, c'est comme dire de respirer et d'arrêter de tousser à quelqu'un qui a la grippe. C'est non seulement inutile, mais ça démontre surtout une incompréhension totale parce que ça ne marche pas de même. Si c'était aussi facile que ça, personne ne ferait d'anxiété.

Les zones de sécurité et les façons d'y retourner sont différentes pour tout le monde.

Là vous allez me dire: qu'est-ce que je peux faire alors pour aider une personne dans un moment d'anxiété? C'est dommage, mais il n'y a pas de bonne réponse universelle à cette question. C'est difficile à dire parce que ça dépend de chaque personne. Les zones de sécurité et les façons d'y retourner sont différentes pour tout le monde. Ça dépend aussi des déclencheurs.

Mais bon, à la base, ne pas mettre plus de pression, ne pas juger. Et, surtout, être là, tout simplement. C'est déjà beaucoup.

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