Roger Luc Chayer

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Steeve Biron et la désinformation de CHOI-FM

Publication: 6/03/2012 07:15

Dans l'art de la désinformation, CHOI-FM/RadioX de Québec vient de se positionner comme championne suite à la diffusion d'une émission portant à l'origine sur l'affaire Steeve Biron mais qui s'est transformée en une exécution publique du principal intéressé. Steeve Biron est accusé de voies de fait graves pour ne pas avoir mentionné son statut sérologique à ses partenaires se sachant atteint du VIH, selon l'acte d'accusation.

Faisant fi de toute éthique et du Code civil, l'animateur Stéphane Dupont et ses deux complices y sont allés, vendredi le 2 mars dernier, d'une charge contre Biron qui n'avait plus rien à voir avec l'information journalistique, qui violait l'ensemble des règles déontologiques en vigueur au Québec et qui, clairement, diffamaient Biron par désinformation. Biron a fait les frais de cette envolée de préjugés, de rumeurs et de récits moralisateurs fondés visiblement sur la haine des gais et sur l'incompétence crasse des personnes responsables non seulement du micro de CHOI, mais de la mise en ondes.

Par exemple, tout au long de cet échange de trois minutes environ qui, malheureusement, était diffusé en direct sur les ondes de CHOI au 98,1 FM, on déclarait que Steeve Biron, était un criminel, qu'il possédait un casier judiciaire en matière criminelle, qu'il était « homosexuel », qu'il avait des relations sexuelles avec des « homosexuels », qu'il avait contaminé quelques hommes du VIH (on le répète tout au long du segment en y mettant toute l'importance possible), que c'était prouvé, qu'il manipulait le système de justice pour éviter un procès. On annonçait comme des faits établis des théories sur la façon de fonctionner de Biron, que Biron avait déjà été jugé pour la même chose (comme s'il était un récidiviste), qu'il avait réussi à obtenir un report de son procès vu la maternité d'un médecin (on confond d'ailleurs le rôle d'un médecin ordinaire avec celui de médecin expert) le tout, malgré la présence au dossier de deux ordonnances de non-publication émises par la Cour du Québec et la Cour Supérieure de Québec!

Les faits énoncés par Dupont (l'animateur) sont d'une gravité extrême, il fallait donc évidemment qu'ils aient été vérifiés au préalable avant diffusion. Mais voilà, CHOI a choisi de désinformer ses auditeurs en énonçant une longue série de faux renseignements, donnant à la rumeur la puissance factuelle d'une information légitime, utilisant la diffamation comme un outil éthique, sans jamais avoir vérifié une seule de leurs affirmations auprès de l'avocat de Biron ou de Biron directement.

Ce qui devait être une émission probablement informative s'est transformé en l'expression d'une haine pure à l'endroit de Biron et des gais, reposant sur des faits fictifs et clairement inventés!

N'importe quel journaliste ordinaire, maîtrisant raisonnablement son éthique et son droit aurait procédé à de simples vérifications factuelles avant de lâcher ça au public comme l'ont fait les trois désinformateurs de CHOI. Avec une simple vérification au Palais de justice de Québec, auprès de l'avocat de Biron, Maître Bernier, ou auprès d'une organisation gaie ou d'un média gai, on aurait découvert que:
On parle des membres de la communauté gaie comme des « homosexuels », qui est le terme médical qui n'est plus utilisé depuis au moins 30 ans pour qualifier les gais, démontrant le mépris qu'ils portent envers des personnes, hommes et femmes gais, qui se sont battus pendant des années pour que le terme « homosexuel », ne soit plus utilisé. N'importe quel média gai ou organisation de la communauté aurait pu aviser Dupont que le terme est méprisant et généralement utilisé par les agresseurs homophobes qui s'en prennent physiquement aux gais.

De plus, Steeve Biron n'a aucun dossier criminel et n'a jamais bénéficié d'un pardon effaçant un hypothétique casier judiciaire antérieur. Une simple vérification téléphonique au greffe criminel et pénal du Palais de justice de Québec l'aurait confirmé.

Dans les procédures contre Steeve Biron, il n'a jamais été question de contamination de qui que ce soit par Biron. Cette information ne repose sur aucun fait réel et Biron n'est pas accusé d'avoir contaminé « quelques hommes », les procédures au dossier sont claires à ce sujet. Il est inculpé selon l'article 268 du Code criminel: Voies de fait graves sans lésions corporelles. Cette cause ne concerne donc nullement un cas de transmission de VIH, encore une fois la simple lecture des procédures ou des actes d'accusation auraient été facile. L'annonce faite par Dupont « d'hommes contaminés par Biron » est totalement fausse!
Quant à la prétendue manipulation du système pour éviter un procès en invoquant la maternité de son médecin, ceci est d'autant plus faux que le juge responsable de la gestion d'instance a clairement dit qu'il reportait l'audition puisque la Cour Suprême du Canada devait se prononcer sous peu quant aux critères de criminalité dans les causes de VIH. La maternité étant secondaire et n'affectant en rien la date de décision de la Cour Suprême, d'autant que le médecin en question témoigne pour la Couronne et non pour Biron, tout le contraire de ce qu'a affirmé CHOI!

L'affirmation à l'effet que Biron serait un récidiviste, car il aurait déjà été jugé pour la même chose dans le passé est totalement fausse aussi. Biron n'a jamais été condamné de quelque crime que ce soit et encore moins accusé de voie de fait grave! L'ensemble du traitement fait par CHOI le 2 mars quant à Steeve Biron était un gâchis professionnel qui ne peut trouver aucun justificatif ni dans la documentation en Cour, ni dans les règles déontologiques du Conseil de Presse du Québec qui oblige les journalistes à vérifier leurs informations avant de les diffuser. Je connais bien le dossier ayant été journaliste dans cette affaire, qui a été enquêtée par Gay Globe dès les premiers jours. Mais il ne s'agissait pas de la première violation de l'éthique avec CHOI dans ce dossier.

Il y a quelques mois, CHOI invitait une prétendue victime de Biron à faire une entrevue, qui s'est vite transformée en lynchage de l'auteur de ces lignes, responsable de l'enquête ayant démontré que l'individu avait possiblement menti dans sa plainte policière et ses déclarations lors de l'enquête policière subséquente.

CHOI savait pourtant qu'une ordonnance de non-publication quant à l'identité de son invité m'empêchait de répliquer avec les faits précis concernant cette personne sous peine de me voir accusé moi-même. Malgré cela, CHOI laissait faire son invité dans ce qu'elle savait être une violation grave de la déontologie journalistique et du droit à la réputation d'un individu. La radio m'accordant par la suite une courte réplique et retirant l'émission de ses archives Internet puisqu'elle avait été avisée de notre intention de la poursuivre.
La réplique actuelle de Steeve Biron ne devrait pas tarder si on se fie à notre entretien du 4 mars. Biron, outré de la nature des fausses informations à son sujet et choqué par l'annonce de contaminations qui n'existent pas a demandé à son avocat de mettre en demeure CHOI de se rétracter entièrement de ses propos, une action en diffamation est sérieusement considérée.

Le Conseil de Presse du Québec sera aussi consulté via une plainte en éthique. Enfin, le CRTC, responsable du permis de radio donné à CHOI, recevra une plainte officielle sous peu. CHOI ayant déjà fait l'objet d'un retrait de permis en 2004 pour la diffusion de fausses informations et propos haineux....

Le public est en droit de recevoir de CHOI, à tout le moins, une information réelle et exacte. Est-ce que l'affaire Biron en sera le vecteur?

 

Suivre Roger Luc Chayer sur Twitter: www.twitter.com/rogerlucchayer

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Dans l'art de la désinformation, CHOI-FM/RadioX de Québec vient de se positionner comme championne suite à la diffusion d'une émission portant à l'origine sur l'affaire Steeve Biron mais qui s'es...
 
 
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21:44 sur 07/03/2012
Le terme "homosexuel" est maintenant péjoratif? J'en ai manqué un bout! Et pourquoi donc? Depuis quand? Personnellement, je refuse d'utiliser le terme "gai" à cause de la confusion qu'il comporte avec la notion de gaieté, de "joyeux". "Gai" pour désigner un "homosexuel" est un détournement de sens, au surplus importé de la langue anglaise. Il faudrait donc utiliser en français également l'épellation anglaise "gay".
19:39 sur 06/03/2012
Vous donnez plus d'importance à la forme qu'à l'enjeu. Ce qui Biron a fait est criminelle et inacceptable. C'est ça qui est important. La forme utilisée par la station de radio est un élément subjectif que vous pouvez apprécier ou pas.

Également, les faits que vous rapportez ou rectifiez sont accessoires et ne change rien à l'enjeu principal qui est de devoir divulguer son VIH. Vos faits ne changent rien à la situation et peuvent constituer tou simplement une diversion.
22:39 sur 06/03/2012
Très bonne analyse, je suis d'accord! La station radio CHOI est une entreprise de radio privée, elle n'a pas la pretention de faire du journalisme d'enquête et ne se sert pas des deniers publics pour mener a bien sa mission: faire de l'argent. On peut apprécier ou detester le style des animateurs d'une émission ou d'une autre. On a alors le choix de l'écouter ou non.

Question déontologie, Steeve Biron est un individu majeur qui a été inculpé d'un crime. La cause est publique et une radio d'opinion a le loisir d'en discuter et d'apprécier les faits connus a sa manière. Les animateurs de radio ne sont ni des juges, ni des jurés, ni des avocats. Ils peuvent faire des hypothèses et peser les faits connus de la cause.

La charte des droits et liberté garantie a tous la liberté d'expression. Cela, je l'espère, inclus encore le fait de pouvoir exprimer son dégout envers les truands lorsque ceux-ci font face a la justice et que la plainte a été autorisée par le DPPC et que le dit truand a comparu devant un juge. Et devant la charte, tous sont égaux. On ne fait pas de discrimination! On traite Steeve Biron de la même facon que l'on a traité le docteur Turcotte. Ce n'est pas son orientation sexuelle ou sa condition médicale qui pourra lui servir de faux-fuyant!
15:14 sur 06/03/2012
Précisons une chose... Le prevenu est inculpé de voies de fait grave. C'est une infraction criminelle plus grave encore que voies de fait avec lesions. La peine maximale pour un voies de fait lésions est de 10 ans contre 14 ans pour le voie de fait grave. Les lésions se definissent par une blessure pouvant nuire a la santé. Une profonde coupure est une lésion mais elle ne met pas en danger la vie. Le voie de fait grave, lui, contient une blessure plus grave encore (blesse, mutile ou défigure) ou alors le voies de fait met la vie en danger. Est-ce que le fait pour un individu atteint du VIH d'avoir des relations sexuelles avec un partenaire sans se proteger et sans informer la personne qu'il a cette maladie incurable et encore souvent mortelle met en danger la vie? Poser la question c'est y répondre! Le procureur de la couronne dans ce dossier aurait autorisé une plainte de tentative de meurtre, je ne lui en aurait pas tenu rigueur! Mais pour ca, il lui aurait fallu prouver l'intention spécifique de causer la mort... Je comprends son choix!

Vinny_Salvin
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Pierre Deruelle
pierre m de ruelle
10:57 sur 06/03/2012
Sujet bien triste..............
pierre m de ruelle
10:03 sur 06/03/2012
J'ai connu une fille qui est morte du SIDA. Voyage au Vietnam, tombe amoureuse. Une amourette qui aurait été sans lendemain si le gars lui avait dit, parce qu'il savait.

Elle est morte rapidement. Mais intensément, dans d'atroces souffrances.

Ce gars, Biron, c'est un dégueulasse si j'ai bien saisi l'histoire. On devrait lui tatouer son état sur le ventre, question de protéger les autres.
09:57 sur 06/03/2012
Ce gars Steeve Biron, il est accusé d'avoir eu des relations sexuelles sans mentionner le fait qu'il est séropositif ? Si c'est le cas il mérite tout ce qu'il lui arrive. Et je ne comprends pas que vous sembliez défendre sa position.

Un condom déchiré, un contact des muqueuses, et ses partenaires se retrouvent avec une condamnation à mort. Vous croyez que certains (ou certaines ça n'a pas d'importance) se seraient désistés s'ils avaient su ?

C'est un comportement qu'il faut réprimer. Moi la fille qui me sert au restaurant, qu'elle soit atteinte du VIH je peux vivre avec ça, je n'ai pas besoin de savoir. Mais si j'ai une relation sexuelle avec c'est pas juste que j'ai le droit de savoir, je DOIS savoir.

Quelle drôle d'époque que celle où nous vivons, où nous défendons ceux qui portent préjudice aux autres. Maintenant pour ces animateurs, j'ai l'impression que vos reproches portent sur la forme et non le fond.
12:59 sur 06/03/2012
Si vous aviez lu le précédent article de M. Chayer sur ce sujet, vous aurez compris que CHOI dérape autant sur la forme que sur le fond. Je ne peux que l'applaudir de dénoncer cette grave entorse à la pratique journalistique. J'encourage M. Steeve Biron à saisir la justice afin de rappeler à ceux qui l'ignorent qu'être porteur du VIH n'est pas synonyme de perte de dignité humaine.

Quant à l'obligation de dévoiler son état sérologique à un partenaire sexuel, je partage à 100% votre avis. Voyons voir ce qu'en pensera la Cour suprême du Canada. En attendant, le préservatif demeure la meilleure protection, peu importe l'état de santé de notre partenaire.
13:05 sur 06/03/2012
Ce qu'a fait Biron, tout aussi répréhensible que soit, n'autorise personne à le diffamer et à transmettre des informations erronées au public.
06:51 sur 06/03/2012
Juger Stéphane Dupont en fonction des normes journalistiques, non mais quelle idée...