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Gotham Street Blues

21/06/2014 09:12 EDT | Actualisé 21/08/2014 05:12 EDT

Gotham! La nouvelle Babylone, la ville du perpétuel péché que Ra's al Ghul et sa ligue des assassins ont voulu détruire plus d'une fois. Ville de contrastes, Gotham est indomptable, sauvage et anarchique. Bienvenue dans la métropole la plus éclatante et la plus glauque du monde, loin de l'aseptisée Metropolis.

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On l'oublie souvent, mais il n'y a pas que des flics corrompus à Gotham. Il y a l'inspecteur Gordon, bien sûr, mais il y a en d'autres, des simples flics, des inspecteurs, des détectives, des lieutenants qui tentent de faire leur travail le mieux possible dans une ville qui abrite certains des plus dangereux malfrats de l'histoire et le justicier le plus psychopathe de l'univers.

Gotham Central de Ed Brubaker, Grec Rucka et Michael Lark se consacre à ces flics. Même si la série s'est terminée en 2006 après 40 numéros, Urbans Comics a eu la brillante idée de traduire la saga pour le public francophone. Gotham Central raconte la vie quotidienne de ces flics qui doivent affronter des super-vilains qui, la plupart du temps, les dépassent totalement, tel ce flic qui risque l'amputation des mains après avoir affronté le frigorifique Mister Freeze.

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Le génial Brubaker, l'efficace Greg Rucka, auteur de polars et père du célèbre garde du corps Atticus Kodiak, et le talentueux Michael Lark - dont le trait sombre et nerveux rend Gotham encore plus inquiétante, dangereuse et déshumanisée - décrivent avec intelligence le quotidien personnel et professionnel de ces policiers - de l'équipe de jour et de l'équipe de nuit - qui désirent exercer leur métier efficacement dans une ville où sévit un super-héros qui les méprise royalement.

Le résultat est absolument exceptionnel. Une grande bande dessinée qui ne demande qu'à être découverte ou redécouverte.

La carte cachée du Joker.

Si Gotham Central est aussi intéressant, c'est parce que l'univers du Chevalier Noir permet ce genre d'incursion. On le sait, notre Bat préféré a connu sa part de transformations psychologiques depuis sa naissance le 30 mars 1939. Ces changements ont permis à ses différents scénaristes et dessinateurs d'explorer des zones plus obscures de sa personnalité. Mais il n'y a pas que Bruce Wayne qui s'est transformé au gré des angoisses de ses bédéistes, tout son univers, super-vilains y compris, a aussi gagné en cruauté et en sauvagerie à mesure que le croisé à la cape s'enfonçait dans l'obscurité.

Parmi tous les super-vilains qui ont empoisonné la vie du duo dynamique et de la police de Gotham, le Joker occupe la pole position. Véritable fou furieux, le clown psychopathe s'est imposé dès le début comme un criminel violent, autoritaire, retors, et incontrôlable, loin des bouffons d'opérette à la Pingouin ou à la Riddler. Si le Joker a emprunté tous les chemins de la dépravation depuis sa première apparition en 1940, il avait quand même, dès sa naissance, ce soupçon de mégalomanie et de démesure qui le rend dangereux autant pour les honnêtes citoyens que pour les criminels les plus endurcis. Des premiers pas de ce criminel à ses dernières apparitions, où l'imprévisibilité de son caractère le rend encore plus fou à lier, le Joker a connu une foule de transformations qui chaque fois ont augmenté sa dangerosité, son instabilité, sa cruauté, sa grandiloquence et son humour sadique.

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C'est cette irrésistible ascension - ou descente en enfer si vous préférez - que propose Joker Anthologie, les plus grands méfaits du clown prince du crime récemment publié chez Urban Comics. 18 histoires qui mettent en vedette la folie du personnage, signées par les meilleurs dessinateurs et scénaristes de l'univers du comic book anglo-saxon. De Bob Kane à Paul Dini, de Neal Adams à Ed Brubaker, ce Joker Anthologie s'intéresse à toutes les facettes de la folie de ce personnage sans qui Batman n'aurait jamais pu explorer son obscurité. Et à la fin reste la même question que se pose Christopher Nolan dans son célèbre Dark Knight : et si le remède était pire que la maladie, et si Batman était plus dangereux que le Joker?

Un livre qui trouvera une place importante dans votre bibliothèque.

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Vous aimez l'humour et vous appréciez celui de Tintin? BeauxArts magazine et L'express viennent de s'associer pour un hors-série qui décrypte l'humour d'Hergé, ses influences humoristiques, son héritage et sa place dans la grande famille de l'humour mondiale. À travers ses personnages, son utilisation du burlesque, ses emprunts aux grands humoristes mondiaux, les collaborateurs, tous des pointures, explorent les différentes facettes de l'humour « hergéen ». Le chapitre sur l'art de l'insulte chez Haddock vaut l'achat à lui seul de ce numéro qui pourrait très bien se retrouver dans votre bédéthèque à côté de l'anthologie du joker.

  • Brubaker, Rucka, Lark, Gotham Central tome 1, Urban Comics
  • Divers auteurs, Joker anthologie, les plus grands méfaits du clown prince du crime, Urbain Comics
  • L'express, BeauxArts Magazine, Le rire de Tintin, les secrets du génie comique d'Hergé.

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