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Paix, bonheur... et austérité!

05/12/2014 12:04 EST | Actualisé 03/02/2015 05:12 EST

Le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) juge préoccupante la déclaration du ministre des Finances du Québec, Carlos Leitão, lors de l'exercice de mise à jour économique et financière, voulant que le plus dur soit fait pour atteindre l'équilibre budgétaire dès 2015. Rien n'est plus faux, car le pire est à venir. Les Québécoises et les Québécois vont se heurter brutalement à des hausses de tarifs et à des baisses de services comme jamais auparavant.

Les commentateurs ont peu parlé des 689 millions $ que le gouvernement vient chercher dans les poches des employés de l'État - ses propres employés ! Le gouvernement exprime ainsi de manière à peine voilé un mépris pour ceux qui assurent la qualité des services publics. Plutôt que de stimuler l'économie, le gouvernement s'entête à sabrer idéologiquement les services à la population et à augmenter la charge fiscale de la classe moyenne, préservant ainsi la richesse des mieux nantis.

Le gouvernement mettra donc les automobilistes à contribution, avec l'augmentation de la taxe sur l'assurance automobile pour les dommages matériels. Les membres d'ordres professionnels et les syndiqués verront également le crédit d'impôt sur leurs cotisations syndicales ou professionnelles réduit de 20 % à 10 %. À travers l'avalanche de mauvaises nouvelles que fait déferler le gouvernement, les Québécois devront aussi délier les cordons de leur bourse pour payer la hausse de tarifs d'Hydro-Québec de 3,9 % à partir du 1er avril 2015. À cela s'ajoutera aussi l'augmentation des tarifs de garde, des taxes scolaires et municipales. À l'approche des Fêtes, quelle terrible façon pour le gouvernement de livrer ses meilleurs vœux de santé, de bonheur et... d'austérité !

Le SPGQ concède toutefois au ministre des Finances que le plus dur a été fait, mais principalement pour miner l'économie du Québec qui, pour le seul mois d'octobre, a perdu plus de 30 000 emplois à temps plein, ce qui porte à 82 000 les pertes d'emplois depuis avril dernier. Puis, l'Institut de la statistique révèle que le produit intérieur brut (PIB) a reculé de 0,2 % en août, ce qui place le Québec à la frontière de la récession. Lors de son discours inaugural, le premier ministre avait pourtant promis une économie en croissance, créatrice d'emplois de qualité partout au Québec. En prime, le ministre Leitão ose annoncer que l'année 2014-2015 se termine comme prévu !

En outre, le SPGQ s'étonne que le gouvernement plaide être parvenu à accomplir une bonne partie des compressions nécessaires pour atteindre le déficit zéro dès l'an prochain, au détriment du risque de provoquer une récession en 2016. À force de nous convaincre que tout va si mal, comme un prophète de malheur, le gouvernement risque carrément de provoquer lui-même le cercle vicieux de la perte de confiance des consommateurs alors que l'on sait qu'il s'agit de près de 60 % de notre PIB qui en dépend. Comme l'économiste Pierre Fortin, le SPGQ est partisan d'un retour à l'équilibre budgétaire, mais pas à un rythme aussi effréné, et certainement pas d'une manière qui contribue à plonger les Québécois dans la pauvreté et le désarroi.

Selon la mise à jour budgétaire, le déficit budgétaire représente maintenant 0,47 % du PIB de 2013, soit un ratio beaucoup plus faible que la moyenne des provinces canadiennes. Pour 2014-2015, le déficit budgétaire représentera un peu moins de 0,3 % du PIB de 2014. Le ratio déficit/PIB du Québec devrait donc être 6 fois inférieur à celui de l'Ontario en 2014-2015.

Il est temps que le gouvernement appelle un chat un chat : en 2015-2016, le Québec ne sera pas en situation d'équilibre budgétaire, mais plutôt de surplus budgétaire de 1,617 milliard $, montant qui sera déposé intégralement au Fonds des générations. En comparaison, le déficit prévu en Ontario pour 2015-2016 est de 8,9 milliards $ en 2015-2016. Le gouvernement devrait donc écouter les 125 000 personnes qui, le 29 novembre dernier, ont dit non à des politiques d'austérité infondées qui provoquent le saccage des services publics.

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