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Le gouvernement veut-il vraiment avoir une bonne expertise interne?

Nous trouvons inacceptable que le gouvernement favorise ses amis, tandis que les professionnels de la SQI membres du SPGQ dénoncent l'impuissance de l'employeur à régler les aspects financiers.

01/12/2017 17:18 EST | Actualisé 01/12/2017 17:18 EST
JDiamante via Getty Images

Pendant que perdure l'impasse de la négociation visant le renouvellement de la convention collective des professionnels de la Société québécoise des infrastructures (SQI) membres du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), le gouvernement préfère engraisser les collecteurs de fonds du PLQ au détriment de l'expertise de l'État, selon ce qu'a révélé le dernier rapport accablant de la vérificatrice générale à cet effet.

Nous trouvons inacceptable que le gouvernement favorise ses amis, tandis que les professionnels de la SQI membres du SPGQ dénoncent l'impuissance de l'employeur à régler les aspects financiers, les écarts salariaux qui ne cessent de se creuser et la perte de pouvoir d'achat dont ils sont victimes depuis plusieurs décennies.

Pendant que l'incompétence semble guider les choix immobiliers du gouvernement, les professionnels de la SQI expriment haut et fort leur refus de se plier aux demandes du gouvernement qui ne semble pas saisir l'importance de pouvoir compter sur une expertise compétente et indépendante. Par exemple, un chargé de projet à la SQI se verra imposer un écart de salaire variant de 27 000 $ par an à 39 000 $ par an, et ce, comparativement à ses pairs du secteur municipal ou des autres provinces canadiennes.

Comme le souligne le Conseil du trésor, préserver l'expertise de la fonction publique en misant sur les ressources internes est un enjeu capital pour l'accomplissement des missions publiques de l'État.

Comme le souligne le Conseil du trésor, préserver l'expertise de la fonction publique en misant sur les ressources internes est un enjeu capital pour l'accomplissement des missions publiques de l'État. De son côté, le rapport de la commission Charbonneau recommande de valoriser l'expertise du personnel professionnel du gouvernement. À cette fin, offrir des salaires compétitifs est essentiel. Pourtant, au lieu de combler l'écart de rémunération entre son personnel professionnel et celui d'autres administrations, le gouvernement s'entête à le creuser davantage.

Avec d'importants surplus budgétaires dans les coffres de l'État, j'exhorte le gouvernement à réinvestir sans tarder dans les conditions de travail de ses expertes et experts. Le gouvernement pourra ainsi combler l'important écart de rémunération globale qu'ils subissent.

Le pire, c'est que l'ex- ministre des Finances responsable de la SQI (à l'époque la SIQ), Mme Jérôme-Forget, a osé traiter ses membres de « pas bons » avec une grande désinvolture, pour nier ainsi complètement sa responsabilité ministérielle, alors que la vérificatrice générale affirme que l'on a contourné les experts de la SQI afin de mettre en place des stratagèmes pour voler le contribuable.

On comprend peut-être pourquoi le gouvernement fait le contraire de ce que demande la Commission Charbonneau : valoriser son expertise interne!

On comprend peut-être pourquoi le gouvernement fait le contraire de ce que demande la Commission Charbonneau : valoriser son expertise interne! On comprend peut-être pourquoi le gouvernement insulte ses professionnels du SPGQ en continuant à offrir, depuis 2015, des offres ridicules alors que l'écart salarial de plus de 22%, par rapport aux autres administrations publiques, ne cesse de se creuser. Cet écart est d'ailleurs bien plus élevé dans certains secteurs stratégiques et peut aller jusqu'à 70%, alors que nous devons remplacer des milliers d'experts qui partent à la retraite et que les ressources spécialisées se font de plus en plus rares sur le marché de l'emploi.

Le gouvernement veut-il vraiment une bonne expertise interne? Son attitude envers ses professionnels permet d'en douter...

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