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Il faut arrêter de se tirer dans le pied!

13/12/2013 12:36 EST | Actualisé 11/02/2014 05:12 EST

Enfin, nous ne sommes plus les seuls à le dire. Lors d'une allocution prononcée à l'occasion de notre congrès des 6 et 7 décembre dernier, l'ancien maire de Québec, Jean-Paul L'Allier, a dit qu'il fallait cesser de déprécier la fonction publique, parce que cela équivaut à se «tirer dans le pied».

Je me permets de citer un large extrait d'un article relatant ses propos:

«Un mauvais traitement imposé aux fonctionnaires entraîne de fâcheuses conséquences, estime l'ancien maire. Les experts finissent par déserter la fonction publique pour le secteur privé, où ils gagnent plus cher - et refilent une facture plus élevée au gouvernement. L'équilibre a été brisé. Et il faut le rétablir si on veut garder des gens au service de la communauté. Sinon, on va entrer carrément dans le corridor de "on s'en va dans le privé, on double nos revenus, et on charge le double au gouvernement - qui va payer pour".»

Dans notre communiqué sur le projet d'Agence des transports, nous avions justement appelé le gouvernement à cesser cette habitude de régler à la pièce les difficultés de recrutement d'une main-d'œuvre hautement qualifiée, dans un marché de l'emploi très compétitif. Dans le cas du ministère des Transports, on ne parle pas de difficultés, mais de réel problème. Les cibles d'embauche ne sont pas atteintes parce que les salaires offerts sont insuffisants. La réalité, c'est que la fonction publique peine à recruter ses ressources professionnelles.

Un coût très élevé pour la société

La perte d'expertise coûte très cher. D'une part, le privé a beau jeu de «refiler la facture plus élevée au gouvernement», comme le souligne M. L'Allier. Je vous rappelle qu'il a été ministre de la Fonction publique. D'autre part, la porte est toute grande ouverte aux tricheurs qui vont utiliser tous les moyens pour s'enrichir, faute de personnel en mesure de garantir une saine utilisation des deniers publics.

Faut-il rappeler que les employés de la fonction publique sont sous l'égide d'une loi qui leur permet une indépendance dans leur travail, sans être sous l'influence du parti politique au pouvoir et de pressions indues ? Faut-il aussi rappeler les ratés mis au jour par la Commission Charbonneau qui justifient de maintenir une telle indépendance ?

M. L'Allier n'est pas le seul à intervenir en faveur d'un meilleur traitement pour celles et ceux qui œuvrent au sein du gouvernement du Québec. Même un chroniqueur comme Francis Vailles qui ne se gêne pas pour critiquer la fonction publique et les syndicats, reconnaît qu'il faut renverser la vapeur et mieux rémunérer les fonctionnaires :

«Pendant ce temps, les fonctionnaires du gouvernement du Québec sont sous-payés. Or, qu'arrive-t-il, à long terme, quand des emplois sont sous-payés? Deux choses: soit l'organisation fait face à une pénurie de main-d'œuvre, soit elle pourvoit les postes avec des employés moins compétents, ce qui finit par avoir des conséquences sur les services publics...»

Faut-il, encore là, rappeler la Commission Charbonneau?

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