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La communauté a bien mauvaise presse au Québec

03/06/2014 12:56 EDT | Actualisé 02/08/2014 05:12 EDT

Le mot «communauté» a bien mauvaise presse au Québec. La plupart du temps, on l'associe au communautarisme, qui serait un repli néfaste de certains groupes, qui ainsi même se détacheraient de la société en général. C'est en tout cas ce que nous avons entendu pendant le débat - bien mal mené par le Parti québécois - sur la Charte des valeurs.

Le mot communauté vient du latin communis, qui est lui même issu des mot cum (avec) et munus (charges, dettes). Des charges, dettes ou obligations sont ainsi mises en commun par un groupe donné de personnes.

Dans un monde très individualisé tel que le monde occidental, la communauté est mal vue par plusieurs. Or, c'est justement parce que nous sommes membres au Québec d'une société atomisée que, devant les principaux défis de la vie, plusieurs se sentent seuls, abandonnés. Qui n'a pas entendu parler de personnes démunies ou de personnes âgées qui sont seules, sans réseau, sans aide?

N'est-ce pas triste?

L'État n'a pas les moyens de s'occuper de tout (surtout en période de compressions budgétaires), et la famille n'en a pas toujours les capacités non plus, surtout lorsqu'elle est elle-même mise à l'épreuve.

Oui, les hôpitaux aident (leur personnel est extraordinairement généreux et dédié). Oui, le CLSC contribue. Oui, d'ordres organismes étatiques aident. Mais il y a, bien entendu, une limite à ce qu'ils peuvent faire.

Les réseaux personnels immédiats (parents, sœurs, frères, etc.) aident dans la mesure de leurs moyens. Et les amis sont souvent présents avec générosité.

Mais la contribution de la communauté - et des groupes communautaires qui en sont issus- quand quelqu'un en a besoin est inestimable.

Des connaissances, des collègues, des membres d'un même lieu de culte (Église, synagogue, mosquée, temple) qui préparent des repas ou qui les commandent et les font livrer, ça fait une grosse différence.

Des gens qui s'offrent pour des visites à l'hôpital, ou pour faire l'épicerie, ou pour faire le ménage, ou pour transporter les enfants simplement parce que membres d'une même communauté, c'est irremplaçable.

La communauté devient ainsi une famille élargie, qui se roule les manches pour aider un de ses membres - parce qu'il fait partie du même groupe. Un jour, on reçoit. Un autre, on donne, on contribue. Ensemble, en commun.

Cela ne se fait pas au détriment de la société, ou de la nation. Les rôles et responsabilités de chaque groupe sont différents.

Le monde occidental valorise l'autonomie, l'individu. Bien sûr que la réalisation de ses rêves et objectifs est importante. Que la poursuite du bonheur personnel l'est aussi.

Mais nous sommes plus que des individus, plus que des citoyens d'un État.

L'appartenance à une communauté - qu'elle soit basée sur le voisinage, l'origine ethnique, la religion, l'orientation sexuelle (on pense à la communauté gaie) ou autre - n'est pas quelque chose qu'il faut combattre. Une telle solidarité communautaire est au contraire quelque chose à encourager, à nourrir, à entretenir. La société ne s'en portera que mieux.

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