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L'engagement citoyen est irremplaçable

19/04/2013 09:44 EDT | Actualisé 19/06/2013 05:12 EDT
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TO GO WITH AFP STORY BY GUILLAUME LAVALLEE 'CANADA-VOTE-HISTORY-PEOPLE-TRUDEAU' Justin Trudeau, son of former Canadian Prime Minister Pierre Trudeau and candidate for the Liberal Party in Montreal, is seen during an interview in his campaign office on October 12, 2008 in Montreal, two days before the federal elections on October 14. One of three sons of Pierre Elliott Trudeau, prime minister of Canada from 1968 to 1979, and 1980 to 1984, Justin Trudeau swapped a teaching career for a chance to represent his father's Liberals in the Montreal electoral district of Papineau, and win it back from the separatists who took it in 2006. AFP PHOTO/David BOILY (Photo credit should read DAVID BOILY/AFP/Getty Images)

Jean Garon. Thomas Mulcair. Justin Trudeau.

Je mentionne ces trois hommes puisqu'ils ont tous les trois meublé mon dernier week-end, évidemment de façons différentes.

Jean Garon: un engagement souverainiste

Je lis les Mémoires de Jean Garon, célèbre ministre de l'Agriculture du Québec - probablement le meilleur de notre histoire. Son histoire se confond avec le militantisme souverainiste dès les années 1960. Ses activités ministérielles ont toujours été accomplies avec l'idée d'indépendance (agricole et nationale) comme objectif.

Garon a été constant dans son engagement et, qu'on soit d'accord avec lui ou non, ceci est éminemment méritoire. Ses capacités intellectuelles n'ont jamais été à l'encontre d'une capacité innée de «connecter» avec le vrai monde, de communiquer avec les gens hors de la «bulle politique» du Québec.

Quiconque s'intéresse à l'histoire politique récente du Québec trouvera ce livre intéressant.

Thomas Mulcair: un engagement de pouvoir

J'étais présent au Congrès du NPD à Montréal, le premier congrès de Thomas Mulcair en tant que chef du NPD. Le défi de Mulcair est immense: il doit, comme en dit en langage sportif, «transformer l'essai» de Jack Layton.

En effet, ce dernier a accompli l'exploit d'amener un parti somme toute marginal au niveau fédéral jusqu'à l'Opposition officielle. Mulcair s'est maintenant donné l'objectif d'obtenir les rênes du gouvernement canadien en 2015.

Tendant vers cet objectif, il renouvelle l'idéologie, voire l'identité même du parti. Il veut élaguer l'héritage socialiste désuet pour ainsi faire de son parti un parti social-démocrate moderne, ouvert au monde (et au commerce avec le monde), fiscalement responsable et non dogmatique dans ses prises de position. En bref, il veut faire du NPD un parti de pouvoir et non un simple groupe de pression go-gauchiste représenté au Parlement. Une importante étape en ce sens a été franchie en fin de semaine à Montréal.

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THOMAS MULCAIR

Le défi est grand à l'interne pour lui, mais aussi sur l'échiquier politique, car un nouvel arrivant chasse sur les mêmes terres.

Justin Trudeau: un engagement familial

Le Parti libéral du Canada, affaibli par le scandale des commandites et les divisions internes depuis 1984 (la rivalité Chrétien-Turner, suivie par la rivalité Chrétien-Paul Martin), semble clairement s'unifier autour de Justin Trudeau.

J'ai constaté de mes yeux, lors de la soirée finale de la course au leadership à Ottawa, l'enthousiasme libéral pour Justin Trudeau. Celui-ci a mené une course sans faute, bien qu'assez légère au plan idéologique.

Il a ramené un certain optimisme dans les rangs du parti politique ayant eu le plus de succès électoral de tout le monde occidental au XXe siècle.

Trudeau incarne à la fois une nostalgie pour son père qui avait, pour certains, mis le Canada «sur la mappe» et une modernité bien du XXIe siècle: télégénique, bon communicateur, bel homme, belle famille. Il a repris le flambeau de son père et souhaite redonner du succès au parti centriste qui est le sien.

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Justin Trudeau au fil des années

Les jeux sont loin d'être faits. En Stephen Harper et Thomas Mulcair, Trudeau se mesurera à deux hommes beaucoup plus durs et coriaces que ses adversaires à la course au leadership. Mais quiconque sous-estime Justin Trudeau le fait à ses propres risques, comme même l'a reconnu l'ancien premier ministre conservateur Brian Mulroney sur les ondes de CTV.

Une trame commune: l'engagement

À une époque où plusieurs sont d'avis que la politique est sale, que les politiciens sont tous pourris, bref, alors que le cynisme progresse au détriment de la santé notre vie démocratique, il est bon de se rappeler que l'engagement citoyen (que ce soit en politique, dans les syndicats, les associations étudiantes, les Chambres de commerce, les groupes environnementaux, les regroupements de communautés culturelles, etc.) est essentiel à notre vie collective. Rien, absolument rien, ne peut remplacer cet engagement.