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Nucléaire iranien: l'intérim ne peut devenir permanent

26/11/2013 12:42 EST | Actualisé 25/01/2014 05:12 EST

Depuis des mois, les Américains et les Iraniens négociaient en secret pour parvenir à une entente avec les Iraniens sur le dossier nucléaire. Les discussions P5+1 (États-Unis, Russie, Grande-Bretagne, France, Chine, Allemagne) constituaient la version publique, mais tous savaient depuis le début que les décisions allaient être prises à Washington et à Téhéran. Et tous connaissaient aussi le profond désir du président Obama de s'entendre avec l'Iran, malgré les craintes et appréhensions des alliés traditionnels des Américains que sont les états arabes du Golfe et Israël.

Une entente intérimaire avec des faiblesses

Plusieurs experts ont noté plusieurs faiblesses de l'entente intérimaire, notamment les implications pour l'ONU et le traité de non-prolifération nucléaire; la reconnaissance implicite de l'Iran à enrichir l'uranium (on parle de suspension "volontaire" de l'enrichissement de la part de l'Iran); le déséquilibre inhérent de l'accord (l'Iran suspend son activité nucléaire alors que la communauté internationale revient sur certaines sanctions); et le fait qu'une fois que les sanctions seront levées, il pourrait être très difficile de les ramener au niveau ante, surtout connaissant l'attitude des Russes et des Chinois.

Intérimaire ne veut pas dire permanent

Bien entendu, toute résolution pacifique de la question nucléaire iranienne est la bienvenue... en autant qu'elle assure la non-nucléarisation de l'Iran. C'est le souhait de tous, au Canada, en Europe, en Israël et dans les pays arabes.

L'accord intérimaire de six mois ne peut être positivement - mais sceptiquement - accueilli que s'il mène à l'assurance que tout accord global niera en permanence à l'Iran toute capacité d'armement nucléaire. En aucun cas une simple suspension indéfinie du programme nucléaire iranien ne peut être acceptée par la communauté internationale. Et ce six mois doit être utilisé à atteindre cet objectif permanent.

La réaction du gouvernement canadien - de même que celles du NPD et du Parti libéral - démontrent que nos leaders politiques sont tous d'avis qu'un scepticisme est de mise, d'où leur insistance unanime à ce que des vérifications doivent être effectuées. C'est à leur honneur.

Tout accord permanent doit aussi prendre en considération les inquiétudes des voisins de l'Iran, qu'ils soient arabes ou israélien. Car ce sont eux qui subiront les premiers les contrecoups de toute nouvelle donne géopolitique au Moyen-Orient. Les marginaliser ne peut que mener à des résultats contreproductifs et potentiellement volatiles.

Un historique de déceptions iraniennes

Connaissant les multiples déceptions qu'a commises l'Iran dans le dossier nucléaire depuis des années, un scepticisme rigoureux est de mise. Le monde entier sait qu'on ne peut faire confiance à l'Iran - d'où la nécessité de vérifications sérieuses.

L'accord annoncé cette semaine n'est que le début d'un processus qui doit être sérieux et vigilant.

Dans son arsenal de négociations, la communauté internationale doit conserver sa capacité d'appliquer des pressions supplémentaires si l'Iran revenait sur ses obligations. En effet, ce ne sont que les pressions qui ont amené l'Iran à négocier - et ce ne seront qu'elles qui les garderont à la table et, je l'espère, à un accord final menant à un Iran non nucléarisé.

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