Rhita Cossette

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De la juste part à la juste place

Publication: 29/03/2012 00:09

Des étudiants ont le cœur en feu! Ils sont en colère, très en colère. Le Québec connaîtrait, à en croire certains esprits exaltés, son printemps étudiant! Que voilà une analogie commode avec le réveil arabe, mais une analogie fallacieuse. Le Québec n'est pas la Tunisie, l'Égypte, la Libye ou la Syrie. Il est vrai cependant que beaucoup d'étudiants de niveau collégial et universitaire s'activent depuis quelques mois déjà à une mobilisation fébrile, mais déterminée; ils analysent, comparent et débattent intensément de la hausse des droits de scolarité, de sa pertinence et de sa légitimité. Aussi s'inquiètent-ils, à tort ou à raison, de ses effets sur l'accessibilité aux études universitaires.

En appui au mouvement étudiant

Ces étudiants profitent dans l'actuel mouvement de confrontation avec le gouvernement de l'appui initial des syndicats qui inspirent et oeuvrent en sous-main à cette mobilisation. Ces étudiants apprendront en effet de ces stratèges aguerris de la mobilisation «comment se servir de la grève comme moyen de pression».

Petits colloques où l'on travaille à aiguiser les arguments et à définir des plans de communication.Ils peuvent aussi compter, comme il fallait s'y attendre,sur l'appui de certains partis de l'opposition parlementaire qui rêvent d'en découdre avec le gouvernement en place. Oser hausser les droits de scolarité au Québec relève toujours d'une sorte de sacrilège. Le crime était trop beau, la chance était trop belle. Pauline Marois, politiquement opportuniste, saisit l'aubaine et retombe dans ce vieux pattern électoraliste. Ah, la politique autrement!

Et non seulement ce mouvement «anti-hausse et pro-gratuité» des droits de scolarité bénéficie-t-il de l'appui de certains artistes notoires, mais aussi de quelques personnalités publiques qui invitent le gouvernement à rouvrir le dialogue. Par exemple, Monsieur Claude Castonguay pour qui les jeunes sont source de changement. Cela est vrai jusqu'à un certain point et à certaines conditions. Vrai dans le sens entendu par Hannah Arendt selon qui les nouveaux-venus - les générations montantes - ont charge d'intégrer le monde tout en le renouvelant par leurs forces vives et cette ingénieuse pulsion créatrice qui caractérise la jeunesse.

La maxime de Monsieur Castonguay est cependant fausse dans la mesure où des groupes volontaristes ou des régimes politiques idéologiques investissent toujours en premier lieu les écoles et plantent leurs drapeaux dans l'esprit impressionnabledes enfants. L'histoire est gorgée d'exemples macabres de ce phénomène d'endoctrinement et d'enrôlement des jeunes. Alors oui, les jeunes innovent positivement, mais sous réserve de ne pas reproduire ces bonnes vieilles stratégies de propagande et de manipulation. À la condition de renouveler les questions et les réponses aux défis inédits qui se poseront à eux. À chaque génération ses forces, ses lourdeurs et ses misères. Celle qui s'agiteaujourd'hui ne fait pas exception : elle devra, comme toutes les générations précédentes, consentir les efforts nécessaires à relever ses propres défis. Rien de nouveau sous le soleil!

L'opération de relations publiques du mouvement étudiant s'est aussi progressivement enrichie de différents argumentaires journalistiques ou plus philosophiques dénonçant tour à tour la « marchandisation de l'éducation », et plus largement,« la logique de la privatisation des services publics ». Expressions des centaines de fois évoquées dans les médias, dans les délibérations étudiantes et dans les plans de communication. L'argument central est simple: toute hausse des droits de scolarité mettrait à mal non seulement l'accessibilité aux études universitaires, mais les principes mêmes de la justice et de la solidarité sociale. Ces petits coups de force rhétoriques ont bien sûr pour effet de caser tous ceux qui reconnaissent la pertinence de cette hausse dans le camp des méchants « néo-libéraux », des individualistes désancrés et insensibles à la misère des autres. Un bien triste sort pour ceux et celles qui n'entrent pas dans la marche et qui ne bénéficient pas de cette surexposition médiatique consentie au camp adverse plus bruyant et sans doute mieux organisé.

Certains intellectuels qui ont pris fait et cause pour les étudiants réfractaires à la hausse ont en fait ramené à l'avant-scène un débat philosophique bien connu entre la gauche et la droite, puis entre libéraux et communautariens.Cette guerre d'école a fait son temps. Surtout, stratégie oblige, les militants comme d'ailleurs la population en général ,n'ont que faire de la philosophie, des querelles académiquessur ce qui définit l'humain et le rend heureux, sur les principes d'action et sur la valeur morale des fins poursuivies.

N'importe plus que la logique instrumentale qui lie bêtement la fin au choix des moyens. Ainsi peut-on s'expliquer les considérations surprenantes de quelques porte-parole du mouvement étudiant, certains plus radicaux et plus anarchistes que d'autres. Par exemple, cette déclaration de Gabriel Nadeau-Dubois de la CLASSE à l'effet que le rôle des porte-parole étudiants « n'est pas de dire ce qui est bien ou ce qui est mal », prenant ainsi congé de la question morale si difficile à comprendre et si lourde à porter. Cela n'augure rien de bon si, d'aventure, ces leaders étudiants d'aujourd'hui devaient prendre les commandes politiques de la société de demain!

Au-delà de ces campagnes bruyantes, il y a bien toutefois un consensus fondamental sur l'importance vitale de l'éducation. Et l'affrontement repose sur le choix des moyens. Et arrive toujours le moment de soumettre l'ordre du désir et l'argument stratégique ou philosophique à l'épreuve du réel, aux considérations pragmatiques de la réalité.

Un Québec pataud et désorienté.

La société québécoise qui finance les études universitaires à hauteur de 82 % (solidarité fiscale oblige) demande-t-elle trop aux étudiants? Faut-il ou non augmenter les droits de scolarité? Ne faudrait-il pas même plaider pour sa pleine gratuité? Tout le monde, dans ses rêves les plus fous, souhaite la gratuité scolaire.Tout le monde aspire aussi, secrètement, à l'immortalité et à une éternelle jeunesse, mais cela n'arrivera pas, cela n'est pas possible. La gratuité des services ou des programmes sociaux, pas plus que l'immortalité, ne sont à notre portée. La gratuité n'existe pas en fait en dehors de nos relations intimes où se joue plutôt le destin de nos amours et de nos amitiés.

La hausse de droits de scolarité à l'origine du mouvement étudiant actuel aura pour effet de placer à hauteur de 18% la contribution des étudiants à leur formation. Cette hausse est d'autant plus raisonnable que les nombreux stages rémunérés, des bourses de recherche, les droits de scolarité assumés pour plusieurs étudiants par des employeurs, le régime des prêts et bourses sont suffisamment généreux pour éviter que les étudiants privés de ressources se voient fermer la porte de l'université. Faut-il que l'État soit plus généreux dans ce régime? Peut-être. Il revient au gouvernement de revoir les paramètres en cours de route dans un échange franc et ouvert avec tous les partenaires concernés. La porte du gouvernement ne s'est jamais fermée sur ce point.

Aussi, faut-il éviter de voir les étudiants collégiaux et universitaires dans une perspective homogénéisatrice. Nous ne saurions gommer les différences qu'ils ont entre eux, puisqu'en effet, les étudiants n'endossent pas tous les mêmes valeurs et ne partagent pas les mêmes idéaux; certains bénéficient d'un solide support familial et d'une valorisation du travail intellectuel dès leur prime enfance alors que d'autres ont été très tôt abandonnés à eux mêmes; certains sont plus résilients et mieux préparés à faire face à la vie que d'autres qui sont déjà fragilisés par des contextes de vie pathogènes; certains étudiants qui, même placés dans des conditions de vie précaires, sont plus débrouillards, polyvalents et plus imaginatifs que d'autres. Il faut aussi reconnaître que les étudiantsne consentent pas tous également aux efforts nécessaires à l'aboutissement de leurs études; certains ont déjà de lourdes responsabilités et visent une intégration la plus hâtive possible en milieu de travail, d'autresétirent le plaisir de cette vie libre et festive dont nous conservons les plus nostalgiques souvenirs devenus adultes!

Chose certaine cependant, la plupart des jeunes baignent dans la même culture consumériste. L'université doit aujourd'hui rivaliser avec les concessionnaires automobiles, le sport professionnel, les salles de spectacle, les agences de voyage, les Futur Shop, les Best Buy et les Télusde ce monde. Il n'est évidemment pas question de revenir collectivement au pays des Filles de Caleb! Mais tout devientfinalement une question de priorité dès lors que des choix douloureux s'imposent. Autant d'ailleurs pour les individus que pour l'État. Et cette logique des priorités se fera implacable...

Le Québec, une petite société de huit millions d'habitants, croule en effet sous une dette intégrale approximative de 246 milliards. Il est riche en ressources naturelles certes, mais notre désir de les exploiter reste incertain et ambivalent. Plusieurs groupes en freinent d'ailleurs activement l'exploitation. Le problème budgétaire se double aussi dramatiquement d'une évolution démographique inquiétante. Le Québec est en effet une société vieillissante, ce qui infléchit nos choix collectifs dans le sens d'un développement débridé et nerveux du système de santé (48% du budget national consacré à la santé). C'est trop. Et nous n'avons encore rien dit sur le taux et les conséquences désastreuses du décrochage scolaire.

L'État supporte par ailleurs un large réseau de places en garderie etassure les jeunes ménages d'un ambitieux programme de congés parentaux. De cela les leaders étudiants ne parlent pas. Ils seront de ce point de vue nettement plus avantagés que les générations précédentes. Tous les programmes sociaux, y compris le programme d'assurance-médicaments, sont largement déficitaires. Comme d'ailleurs la plupart des régimes de retraite. Le Québec, sans trop durcir le trait,est mal administré. Il est sur-administré en fait. Et le Québec, quoi qu'on en dise, vit aussi difficilement la venue des immigrants qui pourraient éventuellement faire la différence. Impasse et décisions coûteuses à l'horizon.

Il est vrai que le mouvement étudiant a eu l'effet bénéfique d'alerter les autorités politiques et la population sur un sérieux malaise dans le système d'éducation supérieure qui passe au second plan après la santé et juste avant le service de la dette, laquelle grève dangereusement le budget national. On dit que le mouvement étudiant s'essouffle. Doit-il cesser ? Oui. Plusieurs forces, mobiles ou motifs travaillent en profondeur cette dynamique vindicative. Aussi est-il difficile de voir clair dans les motivations de tous ceux et celles qui y prennent part. Il est jusqu'à un certain point instrumentalisé, noyé dans un mouvement d'insatisfaction diffuse qui entremêle tout et amalgame des causes et passions multiples. La position rigidement non négociable des manifestants conduit ces derniers dans un cul-de-sac politique et stratégique majeur. La question qui tue : pour qui se prennent ces étudiants qui intimident, vandalisent, bloquent les accès en milieux de travail, les routes et les ponts, qui s'attaquentaux symboles économiques et politiques, qui contestent ouvertement« les fondements du gouvernement» ?Décidément, le débat initial sur la « juste part » ouvre le débat plus fondamental de la « juste place » en démocratie...

« Lorsque les étudiants se lèvent, le gouvernement se couche »...

Cette citation inquiétante nous vient d'un leader étudiant (Bureau-Blouin). Une banale vérité : le mouvement étudiant est un groupe d'intérêts comme il y en a tant au Québec, société hyper-corporatiste, jalouse et conservatrice de ses acquis. Les groupes d'intérêts sont évidemment tout à fait légitimes tant il est vrai que toute société civile doit pouvoir s'organiser, articuler des enjeux, participer aux discussions et aux décisions publiques. Un principe demeure cependant: ces associations étudiantes, qu'elles aient la charmante vertu de l'audace et de la jeunesse, ne sont qu'à égalité démocratique avec d'autres groupes d'intérêts qui réclament leur part du gâteau, qui opposent à la première occasion un «pas dans ma cour» ou un «pas dans ma poche». C'est pourquoi le mouvement étudiant actuel ne peut s'imposer comme figure égalitaire de l'État. Sauf à dire que l'autorité publique incarnée dans un gouvernement ne signifie plus rien (auquel cas il faudrait accepter d'en payer le prix), il faut consentir au principe des arbitrages publics qu'impose la dynamique sociale des intérêts contradictoires et dont l'État et le gouvernement en exercice sont les seuls répondants légitimes.

Ricoeur a le mot juste : «L'État demeure l'englobant de toutes les sphères d'appartenance à l'égard desquelles nous faisons allégeance. Nous n'avons pas à l'égard de l'État une allégeance comme nous en avons une à l'égard de l'université ou d'un club de football ». Cette citation fait signe vers le lien de citoyenneté qui dans une société démocratique présuppose tous les autres. Mais le Québec, comme beaucoup d'autres sociétés consuméristes où le consommateur a chassé la figure du citoyen, perd le sens de ce lien et de l'intérêt général. Le Québec cherche sans la trouver cette éthique de la discussion publique qui nous aiderait à articuler ensemble le difficile passage des valeurs (de certains) aux normes légitimes et acceptables pour tous.

 
Des étudiants ont le cœur en feu! Ils sont en colère, très en colère. Le Québec connaîtrait, à en croire certains esprits exaltés, son printemps étudiant! Que voilà une analogie commode ave...
Des étudiants ont le cœur en feu! Ils sont en colère, très en colère. Le Québec connaîtrait, à en croire certains esprits exaltés, son printemps étudiant! Que voilà une analogie commode ave...
 
 
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15:14 sur 31/03/2012
Tout traduire en statistiques et % est devenu la panacée du manque d'arguments. Je sors de 3 bacs et 2 maitrises (mes enfants). J'ai accompagné deux doctorantes (clientes) et je suis bénévole auprès de décrocheurs scolaires.

Je n'ai personnellement aucun diplôme.

Je ne sais pas où il faudra que ça fasse mal pour que le message passe mais la rigidité des camps en présence indique qu'ils sont plus motivés à s'insulter qu'à s'éclairer mutuellement. La manipulation des enjeux m'inquiète au plus haut point.

Ce débat m'intéresse justement pour ses enjeux mais personne ne viendra me dire que l'école est un lieu d'éducation quand on se chamaille pour 1 625$ par année que les parents risquent fort de payer dans bien des cas sous une forme ou l'autre.

Laissez les jeunes nous dire sans vedettes, avocats et plébiscites ce que nous n'avons pas été assez allumés pour comprendre tout seuls. C'est au coeur même de cette expérience de polarisation que se trouve un de leur plus enrichissant apprentissage.

Je suis 100% derrière ce mouvement en espérant qu'ils y apprendront à faire vraiment + avec -. Et je les trouve parfois très créatifs.
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22:55 sur 05/04/2012
Wow!! :)
07:13 sur 31/03/2012
les citoyens payent deja 85% des frais de scolarité alors un petit 15% pour montrer la bonne fois de l'étudiant c'est pas trop demander
22:35 sur 30/03/2012
suite

Les enjeux environnementaux son exemplaire avec des jeux de tension entre les pouvoirs et les savoirs avec une surinformation dont plus personne n’arrive à faire une synthèse à la portée de tous. Ce qui fait que l’argument économique surdétermine l’ensemble des autres enjeux du débat. On va vers le plus simple ! La position morale…ou on construit le sens commun…

Comme la dette surdétermine nos choix sociaux alibi pour rapidement conclure tout débat politique et de remettre la démocratie dans les mains de gestionnaires plus habile les uns que les autres. Le modèle du politicien aujourd’hui prend l’habit du gestionnaire idéal. Ce n’est plus des choix de société qu’on nous propose les politiciens, mais des modèles de gestionnaire dans notre démocratie qui n’arrive plus à dire son avenir.

Pourquoi les recteurs proposent que l’expansion du béton pour transmettre des savoirs que nous assistons à une révolution informatique ? Les enjeux des savoirs semblent avoir échappé aux recteurs…
22:34 sur 30/03/2012
Aujourd’hui ce que j’entends sur les étudiants cette catégorie socialement molle est un futur travailleur plus que citoyen, futur gros revenu qui va payer des impôts et des taxes à l’État. La fierté et la reconnaissance sociale passeraient par la juste part du montant payé à l’État! On demande aux étudiants qu’un effort de plus et s’ajuster à la moyenne canadienne de frais scolaire et de participer au sous-financement des universités en augmentant plus les bourses que les prêts. Une université est aussi un projet de société ?

La finalité de la formation n’est-il pas de faire des citoyens avec une pensée critique et innovante dans ces propositions pour le renouvelle de la société civile ? En plus d’être les archives de l’humanité et des transmissions, l’université dans son fondement est l’expression des libertés dont des jeux des savoirs et des pouvoirs informe le présent et l’avenir.

La marchandisation du savoir avec sa virtualisation grâce aux nouvelles technologies pour plusieurs lui enlève beaucoup de légitimité. L’accessibilité fait perdre sa valeur marchande ! La dévaluation des savoirs vont de pair aussi avec des enjeux économiques énormes dont les informations scientifiques préparent l’arrière-fond des discours politiques d’aujourd’hui.
11:27 sur 29/03/2012
Ce n'est pas le mouvement étudiant qui amalgame toutes les causes à la sienne, c'est plutôt le système économique qui amalgame et tente d'asservir toutes les sphères de la vie humaine à sa logique de croissance économique, qui ne profite qu'à une minorité, et qui, à bout de souffle, cherche à capitaliser ce qui est encore à peu près libre du marché, dont le savoir; ce système auquel une bonne part de la population est aveuglément asservie en le plaçant comme valeur suprême, bien au-dessus de la vie humaine; ce dieu-économie qui traite les hommes comme moyens et non comme fin. Vous dites que ce ne sont que des concepts philosophiques, mais les gens qui travaillent très dur dans des conditions minables contre une demi-bouchée de pain ou qui sont intoxiqués avec toutes sortes de pollutions sonores, chimiques, visuelles ou olfactives, ou ceux qui sont parfois bombardés; pour eux, ce ne sont pas des concepts, mais une dure réalité très concrète, une réalité injuste : leur vie entière est mise au service de gens qui en profitent et la gaspillent au nom de la croissance économique. L'éducation supérieure peut sortir les gens de l'aveuglement et de l'esclavage à ce système économique; tous les grands penseurs de l'Histoire ont tenté d'inventer un système qui traite les hommes comme une fin et non comme un moyen... (Suite au commentaire suivant)
11:25 sur 29/03/2012
(... suite) Aujourd'hui, nous avons besoin plus que jamais de ce type de penseurs qui pourrait nous sortir de l'impasse capitaliste en inventant des solutions qui ne seraient pas asservies à la croissance économique, mais bien qui seraient au service de l'Homme de toute provenance. Ce n'est pas en asservissant les étudiants à des dettes que nous leur donnerons la possibilité de réfléchir, de pousser leurs recherches et de s’y investir à long terme, car, en leur créant une dette, nous les asservissons malgré eux à la logique économique. De plus, s’ils doivent travailler plus de dix heures par semaine, ils auront de la difficulté à approfondir leur réflexion et n’auront pas le temps de mener à bien les lectures qui sont essentielles à l’apprentissage et à la réflexion. C’est pour cette raison qu’investir en éducation, c’est investir dans l’avenir, ou du moins dans un avenir autre et meilleur, équitable, écologique et sain où les hommes ne vivront plus au détriment les uns des autres dans une lutte constante et une concurrence féroce pour tenter d’obtenir sa part du gâteau, mais bien un avenir où ils vivront dans la collaboration et la créativité pour le bien-être de tous.
12:33 sur 29/03/2012
C'est bien beau tout cela...

- Sauf que ça prend de la croissance économique pour payer tout ces beau programmes sociaux...

- La paix universel et l'égalité entre les hommes est un rêve... plutôt utopique. Il y aura toujours quelqu'un qui croira qu'il est plus spécial que les autres et mérites un plus grosse part du gâteau.

Animal Farm de George Orwell explique bien la réalité des choses.
16:55 sur 29/03/2012
La cause de la gratuité scolaire est supportée autant par des idéalistes que par des réalistes. Je suis de cette deuxième catégorie. Un diplomé gagnera plus cher et paiera donc plus d'impôt (j'ai lu un article qui citait 80% plus, mais je ne le retrouve plus). Il aura aussi un impact chez les entreprises qui manquent déjà de main d'oeuvre qualifiée. Financièrement pour le gouvernement, un étudiant est un investissement sur 4 ans qui rapportera pendant 40 ans.

C'est vrai qu'il y a des "hippies" qui finiront commis d'épicerie avec un BAC en art grâce à nos impôts. Mais la hausse n'est pas la solution parce qu'elle nous coûterait aussi des ingénieurs et des médecins qu'on ne peut se permettre de ne pas former. La solution se trouve probablement dans un système de stages obligatoires pour tous les programmes et dans un contingentement pour les programmes qui n'ont pas suffisamment de débouchés professionnels. Mais la hausse, c'est traiter l'éducation comme une dépense alors que c'est une source de richesse pour notre société et nos entreprises.

Si on veut parler d'injustice, regardons plutôt la génération sortante qui nous ont endettés jusqu'à la gorge, qui envahissent les services de soins et de santé et qui refusent même de nous donner les outils pour nous en sortir : l'éducation.
17:18 sur 29/03/2012
Vos arguments montrent bien l’aveuglement que produit la pensée unique, c'est-à-dire l'idéologie bourgeoise, qui a édifié son système idéologique en fonction de quelques exceptions, que ce soit l’avidité, la convoitise ou le besoin de dominer. Heureusement, la plupart des gens n’ont pas ces vices ; malheureusement, ils sont victimes de la répression mise en place sous prétexte que ces vices sont le propre de la nature humaine. Si les Hommes étaient si avides et assoiffés de pouvoir qu’on tente de nous le faire croire, jamais aucun ordre social quel qu’il soit n’aurait pu être établi.

Si les colonisateurs avaient appliqué leurs propres idéaux de liberté, fraternité et égalité envers les colonisés, l’Histoire aurait été toute autre : ce que vous nommez une utopie aurait peut-être été instaurée depuis déjà belle lurette. Mais il est vrai qu’à force de piller honteusement les gens, il faut s’attendre au pire de leur part.

Dans «La ferme des animaux» de G. Orwell, se sont justement des animaux, pas des hommes. La connaissance et la culture permettent de s’élever au-dessus de notre animalité, de s’affranchir de nos pulsions et de les sublimer.
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14:41 sur 29/03/2012
Ne cherche plus. Tu as trouvé les 2 leaders qui correspondent à tes critères: M. Nadeau-Dubois, et M. Bureau-Blouin.
10:53 sur 29/03/2012
C'est aussi à «petits coups de force rhétoriques» que vous tentez de réduire à néant les questions de fond. «Cette guerre d'école a fait son temps» dites-vous, comme si réfléchir à l'extérieur du champ économique était la dernière des bêtises.

Aussi, par souci de transparence, vous auriez pu mentionner votre parcours politique chez les libéraux et à l'ADQ. Malgré la sagesse que vous semblez essayer de mettre de l'avant, votre article n'est pas absent de parti pris idéologique.
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10:52 sur 29/03/2012
Que de mots, que de mots, pour conclure à si simple !
Et si on réglait pour une hausse des frais de scolarité indexée au coût de la vie ?

D'ici à ce qu'on fasse le pays. On pourra alors se permettre de parler de Ricoeur.
Autrement, on ne fait que parler dans le vide d'un pays dans le vide.
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GreatBenito
09:54 sur 29/03/2012
Texte interessant, mais je veux revenir encore une fois sur le fameux argument du les étudiants paient seulement 18% de leur formation.

Premièrement, il faudrait ajouter quelques points de % pour l'argent qu'ils versent à l'état via la TVQ et l'impôt pour ceux qui ont un revenu suffisament élevé pour en payer, souvent les moins fortunés d'ailleurs qui doivent conjuguer travail et études.

Ensuite , il faut comprendre que dépendamment des domaines la formation ne coute pas la même chose, donc on ne peut dire que tous les étudiants paient 18 % de leur formation. les étudiants en sciences humaines paieront 50-60% de leur formation, les étudiants en médecine,vétérinaire, pharmacologie, génie et autres sciences biologie , chimie etc. paieront quelquepart entre 5 et 10 % de leur formation.

Donc le 18% c'est juste un beau chiffre bien bas pour justifier la position gouvernementale, qui ne représente pas vraiment la réalité d'aucun étudiant. Considérant votre écriture , avec arguments étoffés et élaborés je regrette que vous soyez tombée dans le paneau car vous semblez avoir l'intelligence requise pour voir au delà de cet argument fallacieux.
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14:46 sur 29/03/2012
Très bonne suggestion. 18 % de frais à payer par tous, mais sur la réelle facture des coûts.
Votre opinion vient d'un seul coup anéantir l'accessibilité aux études de tous les cours du domaine scientifique et médical.
J'aime ça donner raison à votre analyse, mais à ce moment c'est 87% du peuple qui est exclus par les pro-révolutionnaires-qui-se-regardent-le-nombril.
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
GreatBenito
15:46 sur 29/03/2012
Conseil, bien lire les textes avant de les commenter. je ne fait pas aucune suggestion ... je souleve seulement le point que 18% c'est du marketing gouvernementa point à la ligne.

vous déformez mon propos , alors viva la revolution je suppose...
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
GreatBenito
16:09 sur 29/03/2012
Et puis pourquoi pas, ca va pas anéantir quoi que ce soit si ils paient plus , Mme Beauchamp nous l'a dit maintes et maintes fois une hausse des couts n'affecte pas l'accessibilité, et en plus il s'agit pas d'une dépense mais d'un investissement.

oups on dirait que vous avez été pris en flagrant délit de contradiction. allez hop 2 minutes sur le banc de réflexion.
08:55 sur 29/03/2012
Les syndicats de la construction sont dans la mire du gouvernement pour cause mais la prochaine fois ils recevront des appuyent ... de qui scratch my back ill srcatch yours.
Vous voyez comment ca marche depuis 68 au Quebec... comprenez vous pourqoi on est dans le trous et que les jobs syndiques se multiplient malgres que ca soit improductifs et cause la fermeture des entreprise et bientot la faillite de tous les pays ou les syndicats sont aussi fort. Vous trouvez ca normal quon ait des lois qui ne vous donne la le choix de vous syndiquer ou non
Des lois qui protegent des mouvements meme sils ne sont pas democratique et ne sont pas initie par la majorite des concernes... posez vous des questions quel parti leur a donne tout ce quils voulaient et quel est le point en commun de la majorite de leur membres... ils vous font rever avec des illusions sur la souverainte... mais nous ont mis dans le trou et sont pret a continuer. Je ne parle pas au nom dun parti, je ne fait parti daucun parti et nen ferai jamais parti pourquoi... parce que je garde mon droit democratique de decider selon la situation economique et les programmes a qui je donnerai mon vote pour une duree determinee. Je sais par contre a qui je ne le donnerai pas.
Le printemps quebecois pour qui pourquoi les syndicats, le pq, pas pour les etudiants
12:46 sur 29/03/2012
N'y a t'il pas un projet de loi au fédéral (C-377) qui obligerais les syndicats a produire des états financiers chaque année... et de rendre publique combien $$ ils utilisent en activité politique...

Je me demande bien si l'on pourrais pas avoir quelques chose de similaire au niveau provincial.
08:54 sur 29/03/2012
Pour comprendre il faut savoir se poser des questions. Ou? Quand? Comment? Pourquoi? Mais aussi A qui ça profite?
Le printemps québécois on avait commencé a en parlé AVANT que le mouvement étudiant ne commence a faire des manifestations.
Qui organise et qui finance le mouvement??
Les CPE viennet de finir des négociations on le sait avec des conditions qui n'ont pas d'allure. Beaucoup trop de gateries. Pourquoi? A cause des appuient de ''la population?? Mais qui /tait cette population qui les appuyaient et ou etaient les travailleurs des cpe le 22 mars... scratch my back i ll scrathch yours.
A qui profite le mouvement etudiant
Les nombreux policiers syndiques sont payes en supplementaires...
les nombreux profs syndiques seront payes en supplementaires...
Les journalistes syndiques leurs donnent beaucoup de visibilite et les appuyent...
les artistes syndiques les appuyent...
les syndiques de la constructions les appuyent...
qui attendra des retours dascenseurs
qui financent et qui organisent ce mouvement...
Pourquoi... le printemps quebecois... qui organise cet evenement et qui y participera... et pourquoi...
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
GreatBenito
12:21 sur 29/03/2012
Que de rage, que de hargne, attention tout le monde au grand complot syndicaliste... franchement...

Vive la liberté d'expression mais des fois... ca fait juste mettre en lumière l'ignorance de certains ...

devriez changez votre pseudo pour abaslessyndiktat... Bonne journée
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07:50 sur 29/03/2012
Caveat: «qui ne bénéficient pas de cette surexposition médiatique consentie au camp adverse plus bruyant et sans doute mieux organisé»
1.Les deux principales entreprises médiatiques du Québec appartiennent à des intérêts bien identifiés à la droite, Québécor et Gesca et elles ne se gênent pas pour filtrer la nouvelle.
2.Aux USA, donc bientôt dans un cinéma près de chez vous, la droite extrême est financée par diverses fondations privées, celle des frères Koch étant la plus médiatisée mais vraiment pas la seule.
Enfin, la politique est toujours affaire de choix, notamment entre les intérêts des cie prvées et le bien collectif.
Certains voudraient bien faire disparaître les contre-pouvoirs pour laisser les citoyens seuls devant la Cie omnipotente.
07:18 sur 29/03/2012
Bravo, madame Cossette! D'écrire autant prend beaucoup de temps et élève le véritable débat. Malheureusement,mes occupations ne me permettent pas d'en faire autant. J'apprécie.
Arrêtons d'insulter et réfléchissons aux solutions pour avancer ves le meilleur. La vérité est quelque part au milieu, non aux extrêmes.
05:38 sur 29/03/2012
Si on suit votre logique il faudrait que tout le monde au quebec mette la main a la pate a commencer par le gouvernement lui-meme et c'est la que le bas blesse. Face a un gouvernement accusé de corruption, de malversation, de gaspillage, face a un gouvernement n'ayant plus beaucoup de crédibilité, il est difficile pour celui-ci de faire la morale et de rallier tout le monde. Avec ce gouvernement sans vision, travaillant a la piece, l'équité dont tout le monde parle et bien elle n'existe pas. De plus il ne faut pas oublier que ce sont les étudiants d'aujourd'hui qui devront rembourser la dette d'hier. Ils seront la génération qui sera plus pauvre que celle de leurs parents.

A tous ceux qui veulent que les étudiants fassent leur part, ceux la seraient les premieres a crier, et non pas descendre dans la rue parce que c'est trop fatiguant, si on chargeait tous les services publiques a la haute du déficit et de la dette.
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13:30 sur 29/03/2012
Tout à fait en accord avec vous. Malheureusement, j'ai bien peur que les étudiants vont devoir avaler la pilule. Seuls, les étudiants ne pourront pas changer tout ce qui ne va pas dans notre gouvernement et je ne crois pas que ce soit leur but.

On devrait se poser la question suivante :
Si le gouvernement maintenait le gèle, croyez vous que les étudiant marcheraient dans la rue pour dénoncer la corruption, la malversation, le gaspillage, la situation des infirmières, le crime organisé dans la construction, les abris fiscaux...
01:28 sur 29/03/2012
Certainement le meilleur texte que j'aies pu lire depuis le début de tout ce débat sociétal!