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On mange tous cachère

01/03/2012 11:13 EST | Actualisé 01/05/2012 05:12 EDT
Daniel Klein

Les enfants d'un CPE de Montréal mangent de la viande halal. Les résidents d'un CHSLD de la métropole consomment des aliments cachères. Le Journal de Montréal rapportait récemment que les aliments sanctifiés par le clergé juif ou musulman ont fait leur entrée dans des établissements financés par le gouvernement du Québec ici.

Les philosophies cachère et halal exigent que les animaux soient abattus d'une certaine façon, tandis que le rabbin ou l'imam récite une prière. Pour une société qui se targue d'avoir réussi à séparer l'État de la religion, ce constat a de quoi faire sourciller.

Ce phénomène n'est toutefois pas l'apanage du secteur public. Dans le secteur privé, ça fait longtemps que les aliments religieux se retrouvent dans nos assiettes. Au Québec, nous mangeons tous cachère, et ce, depuis de nombreuses années. Que l'on soit croyant ou pas, que ça nous plaise ou non.

Et tant pis, si nous n'adhérons à aucune de ces deux religions. Moi, par exemple, je suis de confession chrétienne. Ce n'était donc qu'une question de temps avant que ces produits se retrouvent également sur les menus des CPE et des CHSLD.

Plein les tablettes

Depuis plusieurs années, une majorité de produits alimentaires que nous trouvons sur les étagères de nombreux commerces portent une certification cachère comme celles-ci. Outre la viande, plusieurs autres aliments - dont beaucoup made in Quebec - sont certifiés cachère.

En effet, ketchup, croustilles, lait, sirop d'érable, pain, crème glacée, céréales, etc. ont été certifiés religieux. Pour ce faire, il a suffi qu'ils aient été fabriqués conformément aux préceptes stricts de la religion juive ou musulmane.

Et ce n'est pas tout. Depuis quelque temps, nous mangeons de plus en plus de produits sanctifiés halal. La loi de l'offre et de la demande oblige, la communauté musulmane grandit au Québec.

Si bien que de nombreuses personnes sortent les bras chargés de ces victuailles bénies, souvent sans même en prendre pleinement conscience, malgré l'apposition discrète des symboles religieux sur l'emballage.

Je m'interroge

D'ailleurs, des centaines d'entreprises québécoises dépensent des millions de dollars pour se conformer aux exigences des rabbins et désormais des imams.

Le site web du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec, renvoie vers un répertoire à partir duquel il est possible de chercher des entreprises selon qu'elles vendent des produits certifiés halal ou cachère.

Et la question qui se pose c'est : est-ce que c'est le consommateur qui paye en fin de compte? Est-ce un autre exemple d'accommodement raisonnable? Est-ce une taxe religieuse? Les signes religieux seraient-ils plus acceptables à l'épicerie que dans un CPE?

Je m'interroge. Qu'en pensez-vous?