Reynaldo Marquez

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Opprobre, discrédit et lumière

Publication: 15/02/2012 14:25

Les réactions à mon premier billet intitulé Le Québec des possibles portant sur la nécessité d'adopter un discours plus positif sur l'intégration des nouveaux arrivants ont pour la plupart été fort positives.

Plusieurs personnes m'ont lancé des fleurs. «Bravo». «Félicitation». «Enfin un message rafraîchissant, merci». Par contre, plusieurs autres, dont des immigrés comme moi, m'ont lancé le pot.

Ainsi, plusieurs lecteurs, visiblement insatisfaits de leur expérience québécoise, m'ont traité de tous les noms au soutien de leur désaccord avec mon Québec des possibles.

Opprobre

«Immigrant de service», «langue brune», «autruche» et j'en passe, sont les sobriquets peu élogieux dont ils m'ont affublé. Certes, en s'exprimant sur la place publique, il faut s'attendre à subir les foudres des personnes qui ne partagent pas nécessairement nos opinions. Je le conçois maintenant.

Ma parole n'est pas d'or comme pour plaire à tout le monde. Ce que j'accepte avec joie, puisque la liberté d'expression, l'un de nos droits fondamentaux, semble être en santé au Québec.

Ces personnes me taxent de vouloir nier que la discrimination existe au Québec. Or, je n'ai jamais rien dit de tel. Quiconque lira mon texte Le Québec des possibles pourra aisément le constater, puisque j'y écris que :

• « Je ne suis pas dupe. Le racisme existe bel et bien. Tapi dans l'ombre, il me regarde (...)
• Eh oui, beaucoup d'immigrants éprouvent d'énormes difficultés à s'intégrer (...). »

Faut vraiment l'avoir lu rapidement pour passer à côté de ces extraits.

Discrédit

D'autres ont tenté de me discréditer. Ils m'ont dit que mon point de vue n'était que du « bla, bla ». Selon eux, mon intégration a été facile parce que je suis arrivé ici à cinq ans.

L'un de mes pourfendeurs m'a même invité à aller vivre en Chine, à apprendre le mandarin et à tenter de m'intégrer par la suite ensuite. Ce qui m'a bien fait rire.

Sachez monsieur que si j'avais vécu en Chine, c'est la « Chine des possibles » que j'aurais choisi d'écrire.

Bref, ce genre de commentaire illustre bien la méconnaissance qu'ont certaines personnes des enjeux de l'intégration des nouveaux arrivants, en général, et des adolescents issus des minorités visibles, en particulier.

Plusieurs de ces ados, dont j'ai fait partie, subissent un violent choc identitaire. Élevé à cheval entre deux cultures, celle de leur parent, et celle de leur société d'accueil, ils peinent souvent à se définir.

Parfois, le résultat de cette crise identitaire se traduit par :

• dépression
• faible estime de soi
• décrochage scolaire
• criminalité
• idées suicidaires, etc.

Je le sais, j'en ai bavé aussi. En conséquence, il est faux de prétendre que mon intégration a été facile parce que je suis arrivée au Québec à cinq ans.

Facilitée, peut-être. Facile, non...

Lumière

En écrivant mon billet, je n'ai jamais voulu nier l'existence de la discrimination au Québec. J'ai surtout voulu mettre en lumière les aspects positifs de la société québécoise. Pourquoi? Parce qu'ils sont bien réels et qu'ils sont nombreux.

J'ai voulu mettre en relief que la réussite des immigrés au Québec est non seulement possible mais qu'elle est aussi réalisable. Elle n'est pas que théorique, elle est bien concrète.

En conclusion, j'ai une autre preuve de l'existence du Québec des possibles à partager avec vous. Je vous invite à cliquer sur le lien ci-dessous pour connaître le fabuleux destin de Merling Sapene qui, à peine arrivée du Vénézuela, s'est imposée comme une leader chez Bombardier, un fleuron du Québec inc.

Surtout, ne manquez pas de visionner la vidéo au bas de ce même article.

Et que la lumière soit...

Le fabuleux destin de Merling Sapene

 

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