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Merci, madame Fortin

04/11/2015 11:41 EST | Actualisé 04/11/2016 05:12 EDT

Il y a quelques semaines, les professionnelles en soins recevaient un appui de taille. La comédienne Marie-Thérèse Fortin, préoccupée par l'état de notre réseau public de santé et elle-même mère d'une future infirmière, lançait une pétition dans laquelle elle invite la population québécoise à se lever et à refuser l'inacceptable.

Quand j'ai appris que madame Fortin avait décidé de poser ce geste, j'ai été la plus heureuse des femmes. Évidemment, j'avais de bonnes raisons d'être heureuse, puisque cet appui visait celles que je défends sans relâche depuis près de 30 ans maintenant. Il s'agit là d'une raison valable, mais ce n'était pas la vraie raison.

Si j'ai accueilli chaudement cet appui, c'est qu'il symbolise pour moi le véritable enjeu au cœur de la présente négociation entre le gouvernement et la FIQ: l'avenir du réseau public de santé ne devrait jamais se résumer à une négociation serrée entre un gouvernement entêté et une organisation syndicale déterminée. La santé, ça touche tout le monde! Et au-delà du petit coup de klaxon solidaire en guise d'appui aux manifestants sur les trottoirs, quoi de mieux qu'une tribune à travers laquelle les citoyens et citoyennes peuvent enfin prendre leur place dans ce débat.

Le mouvement antisyndical se plaît à ramener ces débats à une simple question salariale et de conditions de travail. Et il est facile d'adhérer à cette idée lorsqu'on est en parfaite santé et qu'on a les moyens de se payer le luxe d'aller au privé. Mais il suffit d'appartenir à la classe moyenne pour voir la chose d'un tout autre œil. Le bilan de notre opération «Toute vérité est bonne à dire» ne nous donne qu'un aperçu de l'urgence pour chacune d'entre nous de se porter à la défense du système de santé, et lui donner l'amour qu'il mérite et dont il a cruellement besoin par les temps qui courent.

La vérité, ne nous cachons pas pour la dire, c'est que l'intention de ce gouvernement n'est pas d'assainir les finances publiques.

D'ailleurs, il ne s'en cache plus, il suit patiemment, hardiment et sans déroger la voie toute tracée vers le démantèlement des services publics. La recette est toute simple: on prive le réseau de ses ressources, ce qui l'affaiblit et le rend plus difficile d'accès. Pendant ce temps, les conditions de travail se dégradent et forcent les professionnelles en soins à opter pour le temps partiel (afin de retrouver une vie normale) fragilisant ainsi les équipes de soins, ce qui contribue davantage à la détérioration des services.

Finalement, les patients, pour qui leur santé est la chose la plus importante à leurs yeux, acceptent plus facilement l'idée de payer un peu plus cher pour retrouver des soins dignes de ce nom.

Voilà où nous en sommes rendus aujourd'hui: des cliniques privées se créent à grande vitesse, privant ainsi le réseau des ressources dont il a besoin sur le terrain afin d'offrir des services de qualité et des soins sécuritaires.

Mais derrière l'illusion d'avoir ainsi amélioré l'accessibilité et la qualité des soins, on ne fait que détourner l'argent vers les poches des entrepreneurs en santé qui, en échange, offrent des soins de luxe, mais qu'une branche seulement de la population peut se payer.

Il me semble qu'il y a là de quoi s'indigner.

Si vous êtes comme Marie-Thérèse Fortin, et vous croyez que la santé touche chacune d'entre vous, si vous pensez qu'il est préférable d'avoir un bon système de santé accessible à tous plutôt qu'un bon système privé, accessible qu'à certains, exprimez-vous en signant sa pétition.

Merci d'avance de votre appui.

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