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Après les bougies et les pleurs, le temps de penser les attentats et l'islam radical

08/06/2017 09:34 EDT | Actualisé 08/06/2017 09:34 EDT

Il nous faut penser les attentats et le terrorisme, pleurer est une chose, mais cela ne suffit pas pour lutter contre les actes de l'islam radical. Après les bougies, il faut penser afin d'agir.

En date du 3 juin 2017, Londres a connu de nouveau des actes terroristes revendiqués sans surprises par le groupe État islamique. Les autorités britanniques déplorent la mort de huit personnes. Ces actes font suite à ceux du 23 mai 2017 à Manchester ayant fait un total de vingt-deux morts et une soixantaine de blessés. La population londonienne, anglaise et mondiale est sous le choc. Elle pleure, à raison, les morts et compatis à la douleur des familles. Les messages de soutiens affluent de tous les pays occidentaux. Ceux-ci essaient de savoir si des ressortissants nationaux sont touchés afin de rajouter, peut-être, un peu plus de tristesses.

Face à ces actes barbares et inhumains, il est difficile et dangereux de demander de penser, de comprendre afin d'agir. Quelques-uns s'y essaient en recevant maintes critiques. Il ne faudrait surtout pas penser et tenter de comprendre ces actes. Trop souvent, les personnes pensent et confondent la compréhension avec l'accord. Comprendre n'est pas synonyme d'accepter les actes effectués. Contrairement aux propos de l'ancien Premier ministre français en date du 25 novembre 2015, Manuel Valls, comprendre n'est pas excuser. Nous devons tenter de comprendre et expliquer ces actes. Cela fait partie du devoir de tout à chacun.

Des intellectuels tentent de nous « réveiller » et faire appel à notre raison. Ainsi, en France, nous avons le philosophe Michel Onfray qui demande de faire comme la célèbre phrase de Spinoza : « Ni rire, ni pleurer, mais comprendre ». Il ne réfute pas la nécessité de pleurer, mais il nous demande d'aller plus loin et dépasser cette émotion. Pour ces propos, il a été fustigé sur les réseaux sociaux et dans la presse. Est-il insensible ? Non. Il fait son métier de philosophe. Il nous demande de faire appel à notre raison afin de tenter de comprendre ce qui se passe afin de mieux agir. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il a rédigé un livre sur l'islam, Penser l'islam, paru en 2016.

Au Québec, nous avons aussi un intellectuel qui fait une critique de cette avalanche de gestes appartenant uniquement aux émotions. Ainsi, Mathieu Bock-Côté, chroniqueur dans le Journal de Montréal et sociologue de renommée, déplore que nous voulions combattre l'islamisme radical par des bougies et des marches de solidarité. Il critique que nous pensions combattre cet islam avec l'amour. Son article est intéressant, car il nous appelle, tous, à penser.

Il est temps, voir urgent, de se mettre à penser sérieusement ces actes barbares des djihadistes.

Il est temps, voir urgent, de se mettre à penser sérieusement ces actes barbares des djihadistes. Quelles sont les causes de ces actes ? Pourquoi attaquent-ils certains pays plus que d'autres ? Quelles sont leurs motivations ? Que pouvons-nous faire pour éviter ces actions, ces actes ? Nous devons tenter de comprendre ce phénomène. En lieu et place d'amalgamer, de montrer du doigt telle ou telle communauté, de nous désunir, de nous observer, nous devons faire un effort de compréhension.

Certes, nous devons pleurer les morts. Nous devons les honorer. Mais cela ne suffit pas !

Nous ne lutterons pas contre les islamistes radicaux à coup de sanglots et de fleurs.

Penser et tenter de répondre à ces questions des causes, des motivations et des actions, voilà ce que nous devons faire. Notre survie comme nation civilisée dépend de notre capacité de résilience et d'actions à la mesure des actes subis. Je ne parle pas de violences, de bombes larguées encore et encore. Non, cela est fait depuis longtemps et ne résout rien (ou très peu). De nos réflexions découleront des pistes d'actions.

Comme le disait très justement Bertrand Russell, philosophe britannique, « de la vengeance ne peut naître qu'une nouvelle vengeance », cité dans un article du 10 septembre 1914 relaté dans son livre Le pacifisme et la révolution. Écrits politiques.

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