Le Canada est un pays qui se félicite pour son inclusion de plusieurs races et ethnies, qui aime s'appuyer fièrement sur le pilier du multiculturalisme, et qui aime fêter ses communautés culturelles d'un océan à l'autre. Les bavures de cette semaine ont fait ressortir les profondes racines de préjugés qui datent des tous débuts de la Confédération, soit l'Acte de l'Exclusion Chinoise (1885), «l'Acte Natale» qui excluait les immigrants japonais (1900), et les regrettables lois qui bloquaient l'immigration selon la race - les Indous (1906) et les Nègres (1911), ou la religion - notamment les Juifs (1939).
Tout d'abord, la pub-annonce remarquablement monochromatique du parti provincial qui mène actuellement dans les sondages au Québec présente une marée de visages « de souche » -- on retrouve à peine la mosaïque culturelle d'une « nation ouverte sur le monde ». Une fraction de seconde expose le "gars noir", Maka Koto qui est bien caché derrière, dans le dernier rang, indétectable à l'œil nu. L'image blanchie à la chaux ne reflète pas ce que la société québécoise est véritablement, mais reflète plutôt le fantasme d'une quintessence xénophobe tant rêvée.
L'ingénierie sociale qui pollue la plate-forme du Parti Québécois rappelle la hiérarchie raciale favorisée en 1869 par le Ministre de l'Immigration Clifford Sifton, qui a utilisé des stéréotypes pour classer les immigrés Blancs de nationalité américaine, britannique, allemande, scandinave, et de l'Europe de l'Est au dessus des ethnies dites inférieures, telles que « les Européens du sud, les Noirs, et les Orientaux». Sifton les décourageait activement de venir au Canada. Le PQ, quand à lui, a établi une hiérarchie des langues (l'anglais étant celle inférieure), des ethnies (les Purelaine se trouvant au summum) et la religion (voilà que le catholisisme éclipse tout le reste, y compris à l'Assemblée nationale), dans le but de recoloniser leur nation. Le slogan, "à nous de choisir" pourrait se référer à l'achromatisation de la diversité plutôt que le choix à faire dans l'isoloir.
La tendance effrayante a été endossée haut et fort par le maire Jean Tremblay de Saguenay, QC, qui a verbalement giflé une citoyenne ayant 20 ans de participation active dans la société québécoise, la révoquant d'étrangère dont on est « même pas capable de prononcer le nom », suivie par l'approbation du Maire Yves Lévesque de Trois-Rivières. Soudainement, il y a deux catégories distinctes de citoyens: les Québécois et ceux qui ne sont pas de vrais Québécois ; ceux qui sont invités à participer dans le discours collectif, et ceux qui sont astreints de se taire ; ceux qui sont l'un de «nous», et ceux qui sont des «eux autres». Un petit pas de l'avant pour le nationalisme québécois, un géant recul pour le multiculturalisme et les valeurs qui étaient, autrefois, considérées nationales.
Le jupon a dépassé au ROC (« Rest of Canada ») vendredi quand il a été révélé que la Banque du Canada, la banque centrale de notre pays, a choisi d'extirper toute lueur de diversité du nouveau billet de cent dollar afin de s'incliner aux commentaires discriminatoires d'un groupe d'échantillonnage.
Un intervenant à Fredericton a commenté: "La personne semble être d'origine asiatique, ce qui ne représente pas le Canada. C'est très laid. "
On peut se demander si le Canada doit retourner la médaille olympique de Carol Huyhn à raison de son origine asiatique qui, selon certains esprits intolérants, ne représente pas le Canada. Que faire de l'ancienne GG Adrienne Clarkson, de l'écrivaine Kim Thúy, des sénatrices Vivian Poy et Yonah Kim-Martin, ou de la veuve de Jack Layton-- Olivia Chow? Soudainement, les 5 millions de minorités visibles du Canada sont jugées inappropriées pour représenter leur pays dans certains milieux. Cédant ainsi au racisme à peine voilé et au sectarisme, la Banque du Canada a remplacé les caractéristiques «trop asiatiques» par ce qu'ils appellent une «ethnicité neutre». Bien sûr, l'ethnicité neutre désigne une personne de race blanche, d'origine européenne. Naturellement, les Canadiens doivent s'attendre à ce que le «genre neutre» soit le sexe masculin, et on peut deviner quelle «religion neutre» privilégierait Pauline Marois.
Les citoyens canadiens dotés de prénoms qu'un maire du Québec rural ne peut pas prononcer, ou qui ont hérité de traits physiques indignes d'un billet de monnaie canadienne, ou dont le teint n'est pas assez « neutre » pour satisfaire la culture dominante demeurent à la traîne des canadiens « de souche ». Que ce soit le domaine de l'emploi, la représentation dans les sphères politiques, ou la rémunération, il est grand temps que le Canada accuse la longue tradition de division et réponde à ses regrettables restes avant de pouvoir aller de l'avant avec la vision pluraliste de notre pays que nous n'avons pas encore pleinement réalisée.
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La fameuse histoire du "billet de cent dollars".
La banque centrale du Canada a remis un rapport pour justifier le retrait de la première proposition de l'image se trouvant sur le billet en question.
"Certains croient que cela représente le stéréotype des Asiatiques qui excellent en technologie ou en sciences. D'autres croient que les Asiatiques ne devraient pas être la seule ethnie représentée sur les billets. D'autres ethnies devraient être elles aussi illustrées."
Ce rapport mentionne ce qui a été répertorié par les groupes de consultation, soit :
1 - Les asiatiques ne voulant pas être catalogués comme des personnes qui excellent uniquement en sciences et technologie.
2 - D'autres ne voulant pas d'"ethnies" exclusive ce qui ne représentent pas le multiculturalisme canadien (thème pourtant que vous chérissez et défendez)
3 - D'autres communautés ethniques qui se sont senties mis de côtés au profit d'une autre communauté ethnique.....
Quoi ? Racisme et intolérance ne serait pas le fruit exclusif de la société québécoise ? D'autres communautés ethniques seraient intolérantes face à d'autres groupes ethniques ? Mais ? .....Ce n'est pas possible!
Madame, nous ne vous demandons qu'une chose.....de l'honnêteté.
C'est quand même le minimum requis pour écrire des pseudos-articles.
Vous êtes la reine du sophisme ou la reine de l'idiotie.
Vous parlez des propos scandaleux du maire Jean Tremblay ( tout a fait d'accord avec vous) mais vous omettez de dire que cet homme soutient le parti fédéraliste corrompu de Jean Charest qui, lui, ne l'a jamais condamné. De plus vous ne dites pas que cette jeune femme qui s'appelle Djemila Benhabib est une candidate du Parti Québécois (parti politique souverainiste), parti politique que vous insultez tous les jours en le traitant de raciste et de faciste, en signifiant que les propos du maire sont un pas de géant pour le nationalisme québécois ( sous-entendu souverainiste-indépendantiste selon vous) et un recul pour le multiculturalisme, fer de lance du Canada. Vous ne manquez pas de culot!
Je vous rappelle que le Parti Québécois, Québec Solidaire et la CAQ ont tous condamné les propos de maire de Saguenay. Seul le parti libéral a refusé de le faire.
Sondez assez de gens, ici ou n'importe où dans le monde, et vous allez tomber sur quelqu'un de raciste. Ou d'homophobe. Voire un faciste. Ou quelqu'un qui fait simplement preuve de malhonnêteté intellectuelle.
C'est quoi ? Dès qu'une personne xénophobe s'exprime publiquement, le pays au complet est xénophobe et raciste ? Franchement cheap comme réflexion...
Encore une fois, cette s'est développée en près de 1000 ans, et fait partie de la réalité. Elle n'est ni raciste, ni sexiste, elle est réelle, c'est tout.
Tous les acteurs politiques de valeur - ce qui exclut le PLQ - ont condamné les propos du maire de Saguenay. Il y a des personnages de ce type dans toutes les populations du monde, mais rarement sont-ils aussi peu dangereux qu'au Québec.
Mais votre grille d'analyse dégoûtante et déformante n'y voit rien, trop obsédée à chercher des preuves de votre paranoïa.
Je me souviens parfaitement du jour en école primaire où j'ai appris que "le masculin l'emporte toujours sur le féminin". J'ai regardé autour de moi pour voir si d'autres partageaient mon indignation: pas du tout!
Depuis, il en a coulé de l'encre pour dénoncer le sexisme implicite, particulièrement en anglais, qui pourtant est beaucoup moins marqué par le genre que le français. (Les anglophones ont beaucoup de difficulté à comprendre que des objets inanimés puissent avoir un sexe...) En anglais, le he/she ou l'alternance entre les deux est devenu la norme. Le Ms. plutôt que le Miss or Mrs. Etc.
En français c'est plus laborieux...
Mais soit vous ignorez tout des luttes féministes des 40 dernières années, ou vous jouez à l'innocent...
Aussi, je ne parlais pas de féminisme mais de linguistique.
Il est faux de dire que «le masculin l'emporte sur le féminin» en français. En effet, il ne s'agit pas d'une règle, mais d'un truc mnémotechnique très mauvais et, effectivement, sexiste.
Pour mieux expliquer mon point, je vous réfère au blogue d'une linguiste que je trouve très pertinente et à-propos (notamment sur les québécismes, et sur de nombreux sujets mêlant linguistique et actualité), qui a fais un billet là-dessus:
http://www.entouscas.ca/2012/05/de-l-invariabilite-en-francais/
C'est dans cette tradition qu'écrit l'auteur qui je crois a été traduite de l'anglais. En lui répondant de la sorte, vous vous alignez sur la droite anglo-saxonne ...
Pas une minorité visible: 6 781 550
Total de la population des minorités visibles: 654 355
Ce qui veut dire, environ 9,5%, donc, moins d'une personne sur 10. Je ne sais pas si vos fantasmes préfèreraient que les choses en soient autrement, mais si vous croyez que les publications médiatiques au Québec sont «blanchies à la chaux», vérifiez si elles ne sont pas simplement proche du reflet de la société réelle qui vit sur ce territoire.
Quant à votre «Bien sûr, l'ethnicité neutre désigne une personne de race blanche, d'origine européenne.»
Essayez de mélanger 09,5% de minorité visible et 90,5% de personnes d'origine européenne, et vous aurez un portrait robot assez représentatif de la population véritable. Est-ce que la réalité est raciste ou xénophobe? C'est la tâche de VOTRE fantasme de se frotter au test de la réalité, et non pas à la réalité de se soumettre à votre fantasme, ni à celui du zombie de Trudeau.
Vous dites : «L'image blanchie à la chaux ne reflète pas ce que la société québécoise est véritablement, mais reflète plutôt le fantasme d'une quintessence xénophobe tant rêvée.»
Cette bande-annonce ne réflète pas la «société québécoise véritable», mais bien plus humblement les candidats et militants du parti québécois. Si vous aviez voulu militer pour ce parti et vous présenter pour figurer dans l'annonce, vous y auriez été certainement la bienvenue. C'est vous qui fantasmez vos peurs et vos projections dégoûtantes et qui ne tiennent pas la route. Et vous n'encouragez certainement pas, par vos propos, l'implication politique des minorités visibles - et ce faisant, vous participez à un odieux cercle vicieux.
Vous passez ensuite à l'ayatollah de Saguenay et vous prenez bien garde de ne pas mentionner qu'il est libéral et donc fédéraliste. Vous oubliez aussi de dénoncer les deux candidats libéraux du coin, dont l'un était ministre dans le cabinet du patapouf, qui ont approuvé les propos de l'ayatollah et ont même ajouté qu'ils considéraient son geste comme courageux. Pour terminer, vous avez complètement négligé de mentionner que le PM a systématiquement refusé de condamner les propos des trois stooges.
Et en passant, les propos de l'ayatollah libéral de Saguenay manifestent son intolérance, mais aussi une xénophobie qui flirte avec le racisme et un fascisme rampant. Mais il semble que le lien entre libéral/fédéraliste et intolérant/raciste ne puisse se faire dans votre cerveau et que seuls les souverainistes doivent être stigmatisés. À cet égard votre propos était fallacieux et répugnant.
En terminant, je présume que vous êtes d'origine haïtienne et je vous réfère à une nouvelle de cyberpresse qui nous apprend que le gouvernement fédéral a refusé d'émettre un visa à "35 entrepreneures haïtiennes qui devaient participer à un salon commercial à Montréal".
http://www.lapresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-canadienne/201208/19/01-4566382-ottawa-ferme-la-porte-a-35-haitiennes.php
À cela j'ajouterais l'incroyable lenteur administrative concernant les démarches d'unification des familles qu'Ottawa avait pourtant promis d'accélérer suite à la catastrophe naturelle qui a fait tellement de victimes et de dégâts. Les formalités sont complétées depuis très longtemps au Québec, mais les haïtiens concernés attendent toujours le feu vert d'Ottawa.
L’Assemblée nationale du Québec est le premier parlement canadien à accueillir un député Juif. L’Université de Montréal et l’Université de Montréal n’ont jamais mis en place de quotas pour les étudiants juifs à l’instar de l’Université Mcgill et York. Montréal fût la première ville en Amérique du Nord a avoir permis à un Noir, Jackie Robinson, de jouer au baseball avec des Blancs, ce qui ouvrira la porte à l'entrée des Noirs dans les Ligues Majeures américaines qui interdisait aux Noirs d'y jouer jusque là. Ça devait être des ignorants les francophones je suppose?…Le Québec pré-Révolution tranquille n’était pas plus antisémite ou raciste que le reste du continent…Lorsqu’on étudie réellement l’histoire du Québec et du Canada, on comprend que ces affirmations relèvent du mythe savamment alimenté et diffusé afin de culpabiliser les nationalistes québécois, qu’il soit fédéralistes ou souverainistes.
Quoi ? Jean Tremblay appuie le PLQ ? Tous les partis politiques nationalistes au Québec ont condamné ses propos sauf le très trudeauiste Parti libéral du Québec ? oups...
Bref, du réchauffé à la LPC/PLC. Ou bien la pensée d'une personne qui maintient un profond manque de compréhension envers le fait national québecois.
Ceci venant d'un jeune homme ayant deux parents d'origine haïtienne, ayant la peau bien foncée et n'ayant jamais perçu cette "so-called" augmentation si fulgurante de la xénophobie au Québec.