Rachel Décoste

RECEVEZ LES NOUVELLES DE Rachel Décoste
 

D'un océan à l'autre bord des Rocheuses, un héros canadien méconnu

Publication: 19/11/2012 13:52

Les villes de Québec et Trois-Rivières ont bénéficié de fonds fédéraux pour souligner leurs 400e et 375e anniversaires. Victoria (150e) Montréal (375e) et Ottawa (150e) s'apprêtent à leur emboîter le pas. Ce sont des occasions de reconnaître les personnages centraux, courageux, qui ont conçu non seulement les villes fondatrices mais qui ont aussi introduit les semences desquelles ont fleuri le pays qui nous habite. Les citoyens de ces villes fondatrices ainsi que les Canadiens d'un océan à l'autre font un retour sur le passé pour apprécier Samuel de Champlain, Jacques Cartier, et beaucoup d'autres. Manque-t-il un personnage dans le tableau des pères fondateurs que dresse notre gouvernement?

Le « Champlain » de la Colombie-Britannique, c'est James Douglas - homme le plus influent de l'histoire de la province. L'immigrant issu d'une colonie anglaise en Amérique du Sud arrive à Lachine en 1819, à l'âge de 16 ans, avant d'entreprendre le chemin vers l'Ouest. Traiteur éduqué, habile et bilingue, il gravit les échelons de la Compagnie de la Baie d'Hudson de l'Île-à-la-Crosse (en Saskatchewan) puis à la Nouvelle Calédonie (au centre de la C.-B.), avant d'arriver en bordure de l'océan Pacifique en 1830.

À titre de Traiteur-chef du fort de Vancouver, le poste le plus important du district, Douglas profite de sa position d'influence pour dénoncer l'esclavage des autochtones. Il sera ensuite chargé de réaliser le fort Victoria - village qui deviendra la capitale provinciale. Nommé gouverneur de la colonie, Douglas établit des ententes avec les autochtones, privilégiant la négociation et les transactions à la violence - une stratégie qui fait partie intégrante de l'identité canadienne.

Douglas incarne encore l'identité canadienne. Étant fils d'une femme antillaise de race noire et d'un père écossais, il épouse une métisse. Il transige dans les deux langues officielles - il parle tellement bien français qu'on lui confie de mener la lecture eucharistique des voyageurs canadiens-français. Douglas est un véritable symbole de l'intégration culturelle - fruit typique du Canada.

Douglas s'installe finalement sur l'ile de Vancouver juste avant le fameux « gold rush », la ruée vers l'or, qui attire les intérêts britanniques, les miniers américains ayant soif de fortunes, et les esclaves noirs fuyant le régime états-unien. Dans une période de six semaines en 1858, 10 000 immigrants ont envahi la Colombie-Britannique, ce qui menaçait la souveraineté de la région. À l'heure crise, l'invasion américaine n'a pas eu raison de lui. Avec de maigres ressources, Douglas tisse une toile collaborative entre les noirs américains, les colons français et britanniques ainsi que les Premières nations. Douglas a su défendre la colonie des tentacules territoriaux états-uniens qui ambitionnaient de s'emparer de la province riche en ressources. Une entente avec les Russes, brûlant d'envie des ressources du nord, est établie avec la même sobriété stratégique.

La devise « d'un océan à l'autre » n'aurait jamais vu le jour sans les efforts du Père de la Colombie-Britannique

Un homme de vision, Douglas est un des premiers politiciens à militer pour l'autoroute transcanadienne. Il assiste l'avancement du droit des femmes en facilitant la vente de terrain fermier à Isabella Ross, la première femme enregistrée comme propriétaire foncière de la province. Cent ans avant la politique du multiculturalisme de Pierre Eliott Trudeau, Sir James Douglas a englobé les valeurs de collaboration, de tolérance, de coalition plurielle qui forment le tissu culturel du Canada d'hier et d'aujourd'hui.

À sa retraite, l'Angleterre lui confie le titre de « chevalier » et l'invite à faire une tournée en Europe. La province lui dédie un obélisque sur le site où il a fait construire le siège parlementaire inaugural de la province. L'influence de l'homme est tellement cruciale que pas moins de deux statues sont érigées à son honneur en marge du parlement moderne de Victoria.

Le Canada démontre sa reconnaissance envers Champlain et Cartier en leur dressant des monuments à travers le pays ainsi qu'à des places de choix dans la capitale nationale près du Parlement. Curieusement oublié par Ottawa, Sir James Douglas ne figure toujours pas parmi les statues de la capitale. On ne lui consacre aucun parc, aucun pont, aucun tronçon de route dans la capitale nationale - un honneur réservé à la monarchie britannique et aux héros d'origine européenne. Le fédéral a écarté la diversité dans les dessins du nouveau passeport. La dernière fois qu'Ottawa a dédié un édifice fédéral, c'est pour souligner une championne de l'eugénisme. Voilà que le nouveau musée canadien de l'histoire démarre avec un tableau monochromatique.

À la lumière de la réalité démographique de Canada du passé et du présent, l'heure est à la reconnaissance de tous les gens qui se sont sacrifiés pour parfaire notre pays quelque soit leur origine.

Que Sir James Douglas soit sauvé de l'oubli, d'un océan à l'autre!

Loading Slideshow...
  • Pages 4-5: Les Autochtones

    L'histoire canadienne commence par les Autochtones du Canada : les premiers peuples d'Amérique du Nord et leurs descendants. Ces images, qui figurent au tout début du nouveau passeport électronique canadien, illustrent fièrement la richesse de leur culture et de leur patrimoine. La plume d'aigle représente les Premières Nations, qui peuplent ce territoire depuis des millénaires. D'un océan à l'autre, les Premières Nations sont constituées d'un grand nombre de cultures diversifiées; le Canada compte plus de 600 groupes distincts. Les Premières Nations vouent le plus grand respect à l'aigle, qu'elles croient être le messager du Créateur. La plume de l'aigle est donc le lien entre le peuple et le Créateur. Les Inuits sont représentés par un inukshuk, repère traditionnel formé de pierres disposées les unes sur les autres dans des formes particulières. Il servait autrefois à laisser des messages dans le grand Nord canadien. On en retrouve dans diverses communautés du Nord canadien. L'inukshuk est également l'emblème figurant sur le drapeau du territoire du Nunavut. Les Métis, dont l'origine remonte aux Européens et aux Premières Nations, sont quant à eux illustrés par le symbole de l'infini, qui représente le mélange des cultures autochtone et européenne formant une seule société. D'innombrables lieux au pays portent un nom d'origine autochtone, y compris le toponyme « Canada ». En 1535, deux jeunes Autochtones ont indiqué à l'explorateur français Jacques Cartier le chemin menant à un village. Ils utilisaient le mot « kanata », ce qui signifie « village » dans la langue iroquoise, mais Cartier a baptisé ainsi toute la région.

  • Pages 6-7: Samuel de Champlain

    Samuel de Champlain est considéré comme le père de la Nouvelle-France et, à bien des égards, du Canada. Il a fondé la ville de Québec et a également été le premier gouverneur de cette colonie. En tant qu'explorateur, géographe et cartographe, Champlain a façonné le cours de l'histoire. Comme l'indique le Dictionnaire biographique du Canada, « on doit saluer en lui le fondateur du Canada ». En 1613, puis de nouveau en 1615, Champlain a exploré la rivière des Outaouais. On voit ici une image de la statue de Champlain qui se trouve à la pointe Nepean, à Ottawa. Elle est située à l'endroit même où il aurait fait son observation solaire lors de son expédition de 1615. Sur ces pages, on trouve également l'image du bateau Don de Dieu, à bord duquel Champlain a mené plusieurs de ses expéditions. En arrière-plan, on peut voir une carte gravée que Champlain avait dessinée lui-même en 1612. Cette carte, qui représente la Nouvelle-France, est la plus ancienne qu'il ait créée, et elle existe toujours. Elle montre le territoire exploré par Champlain ainsi que des informations qu'il avait glanées auprès d'Amérindiens et d'autres explorateurs britanniques et français. C'est la première carte sur laquelle apparaît le nom « Montréal ».

  • Pages 8-9: Les Pères de la Confédération

    Sur ces pages on voit l'une des images les plus connues de l'histoire du Canada : le tableau des Pères de la Confédération. Grâce aux efforts de ces hommes, le Dominion du Canada a été constitué le 1er juillet 1867. Bien qu'il ait été détruit dans l'incendie qui a consumé l'édifice du Centre du Parlement en 1916, le tableau de Robert Harris représentant les Pères de la Confédération du Canada demeure toujours l'oeuvre d'art la plus emblématique de notre histoire. Elle a été recréée par l'artiste Rex Wood en 1967, année où les Canadiens ont souligné le 100e anniversaire du travail ayant mené à la création du Canada le 1er juillet 1867 et effectué par les Pères de la Confédération (George Brown George-Étienne Cartier, Thomas D'Arcy McGee, John A. Macdonald, sir Charles Tupper et d'autres). Sir John A. Macdonald est devenu le premier premier ministre du Canada et a été fait chevalier pour avoir contribué à établir la Confédération. Cette page comprend la citation suivante de Macdonald au sujet du Canada, le pays qu'il a façonné : «…a great nation—great in thought, great in action, great in hope, and great in position.» Macdonald, dans une allocution à ses électeurs à Toronto, au début des années 1860 Sir George-Étienne Cartier était l'un des politiciens les plus influents de sa génération. Il était copremier ministre de la province du Canada avec sir John A. Macdonald lorsqu'il a prononcé ce qui suit : «Le temps est venu pour nous de former une grande nation.» Cartier à l'Assemblée législative, Québec, le 7 février 1865 Cartier et Macdonald envisageaient un pays qui s'étendrait de l'Atlantique au Pacifique. Tous deux ont joué un rôle clé dans la construction du chemin de fer transcontinental qui leur permettrait de réaliser leur rêve. Macdonald a vécu assez longtemps pour se rendre jusqu'à la côte du Pacifique par voie ferroviaire. En 2015, le Canada soulignera le bicentenaire de la naissance de sir John A. Macdonald.

  • Pages 10-11: Le dernier crampon, 1885

    La pose du dernier crampon sur le chemin de fer du Canadien Pacifique est l'une des plus grandes réalisations du premier siècle d'existence du Canada. Grâce au vaste territoire qu'il couvrait, le chemin de fer du Canada permettait aux colons de se déplacer, rendait possible le transport des ressources naturelles dans tout le pays et facilitait le commerce, le développement et la croissance à une époque critique de l'histoire du Canada. Mais sa signification est encore plus grande. Sir John A. Macdonald l'a bien expliqué : «Events have shown us that we are made one people by that road… that iron link has bound us together.» L'image illustre un directeur du chemin de fer, Donald A. Smith, enfonçant le dernier crampon afin d'achever le Canadien Pacifique le 7 novembre 1885, à Craigellachie dans le col d'Eagle, en ColombieBritannique. Les chemins de fer servent toujours à transporter des marchandises et des voyageurs et demeurent un moyen de transport essentiel pour exporter les produits canadiens vers les marchés du monde entier.

  • Pages 12-13: Le Nord canadien

    Comme l'indique notre hymne national, Ô Canada (The True North Strong and Free), le Nord canadien est un élément fondamental qui nourrit l'imagination des Canadiens depuis plusieurs générations. La magnificence du Nord ainsi que ses peuples et ses cultures vibrantes, comme les Inuit, les Métis et les Dénés, sont à l'origine de notre identité nationale. Le Nord canadien est indispensable à l'avenir du pays. Il est notre aspiration à l'excellence. La carte topographique qui figure sur ces pages témoigne de la vaste étendue du Nord canadien et dépeint les trois territoires du Canada : le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut. L'image illustre également l'aventurier et explorateur connu de l'Arctique canadien, le capitaine JosephElzéar Bernier. Celui-ci a mené nombre d'expéditions dans le Nord canadien entre 1906 et 1913 à bord de son navire, le Gauss, qu'il a rebaptisé l'Arctic. Le capitaine Bernier a revendiqué de nouveau la souveraineté du Canada sur ces terres ancestrales en posant une plaque sur l'île Melville le 1er juillet 1909. Ce sont maintenant les Rangers canadiens, les Forces armées canadiennes et la Gendarmerie royale du Canada qui veillent à préserver la souveraineté du Canada sur ce grand patrimoine naturel.

  • Pages 14-15: Les Prairies

    Les Prairies, à savoir l'Alberta, la Saskatchewan et le Manitoba, sont si vastes que l'esprit a peine à en concevoir l'immensité. Elles ont vu grandir des figures emblématiques du Canada, comme Amelia Lemon Burritt, John Diefenbaker, Gordie Howe et Peter Lougheed; les habitants de ces provinces en sont d'ailleurs la plus grande richesse. Grâce à des décennies de travail acharné, les Prairies sont devenues le grenier du Canada. Comptant plus de 37 millions d'hectares de terres cultivées, soit 80 % des terres agricoles du Canada, elles constituent une région d'un dynamisme exceptionnel sur le plan de l'agriculture. À ce secteur des plus prospères s'ajoutent la production pétrolière et gazière, la foresterie, l'exploitation minière et bien d'autres secteurs d'activité. Depuis l'arrivée des premiers colons jusqu'à nos jours, les habitants des Prairies incarnent l'esprit, l'identité et l'ingéniosité de notre grand pays.

  • Pages 16-17: L'immigration

    Le Canada sera toujours symbole d'espoir dans le monde entier pour des millions de personnes à la recherche de liberté et de perspectives d'avenir. L'un des plus grands premiers ministres de l'histoire de notre pays, sir Wilfrid Laurier, l'a énoncé avec éloquence il y a plus de 100 ans : « Le Canada est libre, et la liberté est sa nationalité. » En 1896, sir Laurier a été le premier francophone à accéder au poste de premier ministre. Après les élections, son gouvernement a immédiatement lancé une campagne pour encourager la colonisation de l'Ouest, ce qui a mené à la création des provinces de l'Alberta et de la Saskatchewan en 1905. Ces pages illustrent le quai 21, qui était l'un des plus importants points d'entrée pour les nouveaux arrivants. De 1928 à 1937, un million d'immigrants ont transité par le quai 21, situé à Halifax, avant de s'établir aux quatre coins du Canada. C'est également à ce quai que 500 000 soldats canadiens ont quitté le pays pour défendre la liberté lors de la Deuxième Guerre mondiale. De nos jours, le quai 21 est un lieu historique national qui symbolise l'édification de la société canadienne diversifiée et multiculturelle que l'on connaît aujourd'hui.

  • Pages 18-19: L'édifice du Parlement

    L'édifice du Centre du Parlement, à Ottawa, est le symbole par excellence du Canada. Flanqué des édifices de l'Est et de l'Ouest, l'édifice du Centre est remarquable par sa Tour de la Paix et sa Bibliothèque du Parlement. Siège de la Chambre des communes et du Sénat, il est connu dans tout le pays et dans le monde entier. Surplombant les eaux tumultueuses de la puissante rivière des Outaouais, il signale immédiatement, par son caractère imposant, sa qualité de centre de la démocratie parlementaire de notre nation. Malgré l'animation maintenant créée par les débats modernes, l'écho du passé et de ses personnalités peuplent encore les salles de ces édifices. Des dirigeants du monde entier, de Winston Churchill à Franklin Roosevelt, en passant par Nelson Mandela, sont venus y prononcer des discours qui resteront à jamais gravés dans l'histoire. La Tour de la Paix, construite durant la Première Guerre mondiale, commémore l'engagement du Canada à l'égard de la paix. Au troisième étage de la Tour, la Chapelle du Souvenir, ornée de riches sculptures et éclairée par une douce lumière tamisée, rend hommage à l'ultime sacrifice des innombrables Canadiens qui ont donné leur vie en servant leur pays. La tour de 92,2 mètres abrite aussi un poste d'observation et un carillon de 53 cloches pesant entre 4,5 kg et 10 090 kg. Par les récitals qu'il donne régulièrement, le carillonneur du Dominion charme les visiteurs de la colline du Parlement. La page comprend aussi un extrait d'un discours du 13e premier ministre du Canada, le très honorable John G. Diefenbaker, dans lequel il traite du Parlement : «Le Parlement est plus que la procédure; il est le gardien de la liberté de la nation.»

  • Pages 20-21: Les chutes Niagara

    « J'ai entendu le grondement des eaux tumultueuses et senti le sol trembler sous mes pieds ». Ainsi s'est exprimé le romancier Charles Dickens lorsqu'il s'est rendu aux chutes Niagara au XIXe siècle. Les splendides chutes Niagara constituent l'une des merveilles naturelles les plus connues dans le monde. Impressionnantes par leur puissance et leur beauté sereine, elles se trouvent à la frontière entre l'Ontario, au Canada, et l'État de New York, aux États-Unis. Elles sont situées sur la rivière Niagara, dont le cours relie le lac Érié au lac Ontario. Ceux-ci font partie des Grands Lacs, tout comme les lacs Huron, Michigan et Supérieur. Ensemble, ils forment le plus vaste groupe de lacs d'eau douce de la planète. Cette image du côté canadien des chutes, qu'on appelle le Fer à cheval, montre clairement pourquoi cette attraction attire depuis longtemps de nombreux touristes venus du Canada et du monde entier. Offrant un panorama époustouflant, les chutes Niagara attirent depuis longtemps un nombre impressionnant de visiteurs du Canada et d'ailleurs dans le monde. Elles sont toujours une destination prisée pour les voyages en famille, les mariages, les conférences et les lunes de miel.

  • Pages 22-23: Le monument commémoratif du Canada à Vimy, en France

    Le brigadiergénéral Alexander Ross, qui commandait un bataillon à la crête de Vimy, a légué à l'histoire ce souvenir d'un événement qui a eu lieu en avril 1917 sur une colline, en France, très loin des côtes du Canada : « Des hommes ont émergé des abris, des trous d'obus et des tranchées, prêts à l'action; ils se sont déployés en formations militaires et ont avancé vers la crête – toutes les divisions du corps avançaient ensemble. C'était tout le Canada de l'Atlantique au Pacifique qui passait. J'ai pensé alors... que pendant ces quelques minutes, j'assistais à la naissance d'un pays. » La capture de la crête de Vimy en avril 1917 a marqué un tournant dans la Première Guerre mondiale en plus d'être un événement charnière de l'histoire du Canada. Lorsque les soldats canadiens se sont regroupés et se sont emparés de cet important bastion allemand, ils ont réussi là où leurs alliés avaient échoué. Pour la première fois, les quatre divisions canadiennes avaient uni leurs forces dans le combat. On dit que cette bataille de quatre jours a marqué une ère nouvelle pour le pays sur la scène internationale. Ces pages montrent le Monument commémoratif du Canada à Vimy, qui marque l'emplacement de la grande victoire canadienne de la Première Guerre mondiale et rend hommage à tous ceux qui ont combattu pour leur pays et qui ont risqué ou donné leur vie durant ces quatre années de lutte. Le monument, conçu par le sculpteur et architecte canadien Walter Seymour Allward et consacré par le roi Édouard VIII, se dresse sur la côte 145 et surplombe le champ de bataille canadien. Sur son socle, ces mots sont inscrits en français et en anglais : À la vaillance de ses fils pendant la Grande Guerre, et en mémoire de ses soixante mille morts, le peuple canadien a élevé ce monument. Plus de 66 000 Canadiens sont morts au combat, ou des suites de leurs blessures après la guerre, soit une personne sur dix qui avaient porté l'uniforme. Parmi les morts, bon nombre n'ont pas de sépulture connue. Sur les parois du Monument commémoratif sont inscrits les noms des 11 285 soldats canadiens « portés disparus et présumés morts » en France. Les noms de 6 994 autres Canadiens portés disparus sont gravés sur la porte de Menin à Ypres, en Belgique. Le Monument commémoratif du Canada à Vimy est devenu le symbole de l'engagement continu du Canada à défendre la liberté, la démocratie et les droits de l'homme dans le monde.

  • Pages 24-25: La ville de Québec

    La ville de Québec, fondée en 1608 par l'explorateur français Samuel de Champlain, est la ville fortifiée la plus au nord en Amérique du Nord. En raison de sa position stratégique sur le fleuve Saint-Laurent, cette ville a d'abord servi de point central pour la traite des fourrures. De nos jours, la ville, qui est devenue la capitale de la province de Québec, est le coeur du Canada francophone. Le quartier historique du Vieux-Québec, illustré ici, est un site du patrimoine mondial de l'United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization (UNESCO). L'impressionnant bâtiment qui domine la scène est le Château Frontenac, un hôtel construit pour la compagnie Chemin de fer Canadien Pacifique, dont l'inauguration remonte à 1893. Le château est un des hôtels les plus photographiés du monde et a été désigné lieu historique national. De fait, la ville de Québec constitue une destination touristique sans pareil connue pour sa richesse historique, son charme européen et ses nombreux festivals. Le Carnaval de Québec, par exemple, attire des dizaines de milliers de visiteurs chaque hiver.

  • Pages 26-27: La Gendarmerie royale du Canada

    Arborant fièrement leurs célèbres stetson et tunique rouge, les membres de la Gendarmerie royale du Canada sont les ambassadeurs symboliques du Canada aux yeux du monde entier. Les origines de la force policière nationale du Canada remontent à 1873, lorsque le tout premier des premiers ministres du Canada, sir John A. Macdonald, crée un service de police central chargé d'appliquer la loi et de maintenir l'ordre dans les territoires de l'Ouest, que le Canada vient d'acquérir. Le nouveau service de police est nommé Police à cheval du Nord-Ouest (P.C.N.-O.). En 1920, la P.C.N.-O. est fusionnée avec la Police du Dominion, un service de police fédéral basé à Ottawa, et prend le nom de Gendarmerie royale du Canada (GRC). Ces images illustrent le passé et le présent du service de police national du Canada. La Gendarmerie royale du Canada est devenue un service de police moderne, actif et efficace, constitué de plus de 31 000 hommes et femmes. La GRC est unique au monde, car il s'agit d'un corps policier national, fédéral, provincial et municipal. Les opérations de la GRC comprennent le crime organisé, le terrorisme, le trafic de drogues, les crimes à caractère économique et les infractions qui menacent l'intégrité des frontières nationales du Canada.

  • Pages 28-29: Les grands moments du sport canadien

    Les sports font partie intégrante de la culture et de l'identité canadiennes. Les Canadiens de tous âges peuvent s'adonner à différents sports tout au long de l'année. Ces images illustrent deux des sports les plus emblématiques et les plus populaires du Canada. L'image de gauche montre de jeunes footballeurs perfectionnant leurs habiletés et la Coupe Grey en arrière-plan. La Coupe Grey, le trophée le plus prestigieux du football canadien, est remise chaque année à l'équipe qui remporte le championnat annuel de la Ligue canadienne de football (LCF). Cette année, la LCF célèbre son centenaire. À droite se trouve une scène canadienne emblématique : des enfants jouent au hockey sur un étang par une froide journée d'hiver. Le hockey sur glace est le sport d'hiver national au Canada et une véritable passion pour d'innombrables Canadiens de tous âges. De nombreux jeunes joueurs rêvent de brandir la Coupe Stanley, représentée en arrière-plan. Ce trophée est remis chaque année au vainqueur des séries éliminatoires de la Ligne nationale de hockey. Les équipes canadiennes féminines et masculines de hockey se classent invariablement parmi les meilleures du monde. Le Canada est également un chef de file international du hockey sur luge, une variante du hockey adaptée pour les joueurs ayant une incapacité physique.

  • Pages 30-31: Les cinq femmes célèbres et Terry Fox

    Les pages 30 et 31 du nouveau passeport canadien rendent hommage à des Canadiens inspirants dont la force et la détermination trouvent écho encore aujourd'hui. Les cinq femmes célèbres, que l'on peut voir sur la page de gauche, sont un groupe de cinq femmes connues pour être à l'origine de l'affaire « Personne » en 1927. Nellie McClung (dont la statue est représentée dans l'image), Henrietta Edwards, Louise McKinney, Emily Murphy et Irene Parlby ont lancé l'affaire en vue de prouver que les femmes étaient des « personnes » en vertu de la loi canadienne et qu'elles pouvaient donc siéger au Sénat du Canada. Lorsque ces pionnières ont eu gain de cause, elles ont non seulement obtenu le droit pour les femmes de siéger au Sénat, mais elles leur ont aussi ouvert la voie en leur permettant de participer sur un pied d'égalité avec les hommes à toutes les sphères de la vie publique. L'image de droite illustre le courage et l'inspiration face à l'adversité : Terry Fox, souffrant d'un cancer qui l'a privé de sa jambe droite en 1977, n'avait que 20 ans. En 1980, il a entrepris le Marathon de l'espoir afin de recueillir des fonds pour la recherche sur le cancer. En 143 jours, il a parcouru le Canada atlantique, le Québec et l'Ontario, soit une distance de 5 373 km, avant que la réapparition du cancer ne l'oblige à abréger son parcours près de Thunder Bay, en Ontario. Terry Fox est mort le 28 juin 1981, un mois avant son 23e anniversaire. Chaque année, des millions de personnes participent en son nom à une course dans plus de 50 pays partout dans le monde en vue de récolter des fonds pour la recherche sur le cancer.

  • Pages 32-33: Les Canadiens à la guerre

    Le Canada a une longue et fière tradition militaire. Tout au long de son histoire, ses forces militaires ont joué des rôles importants et difficiles en mer, au sol et dans les airs pour protéger sa souveraineté, défendre sa liberté et résister à l'oppression. Les images sur ces pages illustrent certaines des contributions héroïques qui continuent de définir le pays et les Canadiens. Elles montrent également notre détermination commune à nous souvenir de ceux qui ont servi le Canada et qui se sont sacrifiés pour défendre notre pays et nos valeurs. Au cours de la Première Guerre mondiale (1914-1918), aussi appelée la « Grande Guerre », plus de 600 000 Canadiens ont porté l'uniforme; de ce nombre, plus de 60 000 ont perdu la vie et près de trois fois plus ont été blessés. Pour une population de seulement huit millions d'habitants, il s'agissait de chiffres importants. On voit ici une image de W.A. « Billy » Bishop, un as légendaire de l'aviation canadienne et récipiendaire de la Croix de Victoria. Les contributions du Canada pendant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945) se sont avérées immenses, diverses et déterminantes. Plus d'un million de Terre-Neuviens et d'autres Canadiens ont servi pour aider à lutter contre la tyrannie et l'oppression qui menaçaient le monde. Plus de 45 000 Canadiens ont péri, et 55 000 ont été blessés afin que nous puissions vivre dans un pays libre. Dans le coin inférieur gauche de cette page, on voit une image du Navire canadien de Sa Majesté (NCSM) Sackville, la seule corvette encore existante parmi plus de 120 navires de la classe Flower ayant été construits au Canada. À la fin de la guerre, la Marine royale du Canada était la troisième marine en importance des Alliés. Au centre de la page, on trouve une image de l'infanterie canadienne qui a combattu le communisme aux côtés des Forces des Nations Unies pendant la guerre de Corée. Au total, 26 791 Canadiens ont servi durant la guerre de Corée, et près de 7 000 autres entre le cessez-le-feu et la fin de l'année 1955. Les noms des 516 Canadiens ayant péri durant ce conflit sont inscrits dans le Livre du Souvenir de la Corée. À la droite, on peut voir le Monument commémoratif de guerre du Canada, qui se dresse triomphalement au coeur du centre-ville d'Ottawa. Ce monument est le point central de la révérence de notre nation envers les personnes qui ont porté l'uniforme pour servir le Canada. C'est aussi là qu'a lieu la cérémonie du jour du Souvenir du Canada le 11 novembre de chaque année. On peut également y trouver depuis 2000 le lieu de repos éternel du Soldat inconnu. Des milliers de Canadiens ont servi et continuent de servir dans les zones de conflits dans le monde, notamment en Afghanistan à l'heure actuelle. Les Canadiens saluent ces braves femmes et hommes en uniforme et sont reconnaissants de leurs services et de leurs sacrifices.

  • Pages 34-35: Le cap Spear et le Bluenose

    Bordé des trois plus vastes océans du monde, le Canada est fier de son patrimoine maritime inestimable. Le bateau illustré ici est le célèbre Bluenose, une goélette construite à Lunenburg, en Nouvelle-Écosse, en 1921. Le Bluenose n'était pas seulement une goélette de course, mais aussi l'un des fameux navires de pêche qui ont fait la réputation des Grands Bancs. Cette figure emblématique se trouve sur la pièce de dix cents du Canada. Derrière le Bluenose se trouve le cap Spear, le point le plus à l'est de l'Amérique du Nord qui se situe à Terre-Neuve-et-Labrador. Le phare du cap Spear, qui date de 1836, est le plus ancien phare de la province. Son faisceau lumineux a aidé les marins à naviguer en toute sécurité autour des côtes rocheuses près du port de St. John's. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, une batterie de défense côtière y a été construite pour protéger l'entrée du port. Les visiteurs du Canada et du monde entier scrutent l'horizon pour observer les baleines, les icebergs et bien sûr le va-et-vient des navires qui sont de passage au port de St. John's avant la traversée de l'Atlantique.

 

Suivre Rachel Décoste sur Twitter: www.twitter.com/RachelDecoste

Suivre Le HuffPost Québec