Pierre Tremblay

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À quoi servent les députés conservateurs québécois?

Publication: 30/06/2012 10:27

J'ai failli m'étouffer cette semaine en lisant cette analyse de Joël-Denis Bellavance, et quand j'ai pris connaissance des pseudo-ambitions du député québécois Maxime Bernier de succéder à Mister Control Freak lui-même, Stephen Harper, à la tête du parti conservateur. Ce serait ma foi la consécration du pouvoir des cancres.

Je veux juste être certain qu'il s'agit là du même personnage qui se fait piéger comme un gamin de 16 ans et oublie des documents top secret classés «sécurité nationale» chez son amante, alors qu'il est ministre des Affaires étrangères canadiennes? Le même gars qui, par son silence collaborateur, prend le parti des multinationales qui s'apprêtent à saccager le pays avec la bénédiction de leurs futurs employés du gouvernement fédéral? Le même gars qui, pour 160 000$ par année, évite soigneusement de prendre position - on le comprend, connaissant sa propension à gaffer - sur tout ce qui est d'intérêt provincial ou national? Remarquez que le «ministre» d'État à la petite entreprise et au tourisme - sans blague, pourquoi pas ministre des routes de gravier - est assis au Parlement comme un faire-valoir sans égal. Je ne pourrai pas évidemment passer sous silence que le fait qu'il fut aussi membre du conseil d'administration de l'Institut économique de Montréal, l'ampli Marshall des politiques économiques de George W. Bush au Québec; dois-je élaborer sur la dévastation qu'elles ont apportée chez nos voisins du sud?

Puis, durant un instant, j'ai cru que l'ex-maire de Roberval, Denis Lebel, allait s'effondrer d'impuissance en 2011 quand on lui confia le mandat de reconstruire le pont Champlain, le pont le plus achalandé au Canada. On est loin de la Traversée du Lac là, monsieur le maire. Le ministre des Transports, pris avec une patate chaude, s'est empressé de se monter un joli petit ponton pour une retraite dorée : ça prendra au moins 10 ans dit-il à l'époque et, d'ici là, comptez au moins 2-3 ans d'études avant de commencer. Traduction : j'aurai pris ma retraite d'ici là et serai nommé sénateur-plein-les-poches. Vous, les citoyens de Montréal et sa Rive-Sud, aurez évidemment tout oublié quand viendra le temps de rendre des comptes. Entretemps, bien le bonjour et bons embouteillages, on fera des petites annonces sans substance pour vous maintenir en sommeil. Monsieur le ministre habite à Ottawa and travels in limousine, so...

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À partir de là et comme ils sont cinq, j'ai dû fouiller, sauf pour l'ineffable Christian Paradis que je me réserve en dessert, pour me et vous rappeler les autres députés conservateurs québécois, tellement ils sont heureux de thésauriser dans l'anonymat. Il y a bien Steven Blaney, ministre junior des Anciens combattants, J'insiste J-U-N-I-O-R ... aux Anciens combattants. Ouche, une autre belle tablette à 160 000 $ par année. Ou le quasi-anonyme Jacques Gourde (je vous l'apprends, avouez-le!) qui est l'un des 17 députés conservateurs pointés par Élection Canada pour son implication dans la fraude pancanadienne de ce parti concernant leurs dépenses électorales des élections de 2006. La cause était encore devant la Cour suprême en février dernier.

Reste le roi des perroquets, mon cake forêt noire de la journée, l'adjoint québécois du maître albertain des lieux, Christian Paradis, ministre responsable de l'industrie, dont la diarrhée verbale n'a d'égale que le nombre de fois où il s'est compromis dans des affaires louches et frauduleuse. L'amiante et sa promotion, c'est lui. Il est aussi l'un des 17 députés conservateurs liées au scandale mentionné plus haut, ça commence bien. Suit une nomenclature des affaires suspicieuses liées à ce monsieur-qui-a-des-règles-éthiques-juste-pour-lui : ce printemps, son nom fut associé rien de moins que trois fois en quelques semaines à des allégations de conflit d'intérêts ou de traitement de faveur. Les 3 enquêtes furent ouvertes par la commissaire à l'éthique et aux conflits d'intérêts, Mme Mary Dawson. On suppose que la dame sait de quoi elle parle, non? Est-ce la pointe de l'iceberg?

Évidemment, sans-gêne-Paradis nie tout en bloc et se promène comme s'il était le garant moral du pays. Il sait lui aussi, comme ses semblables, qu'il aura largement le temps d'empocher comme sénateur conservateur avant d'avoir à rendre compte aux citoyens de ses possibles malversions. Ainsi va le pays du roi Stephen qui, jadis, voulait abolir le sénat. Puis, cerise sur le sundae, voici que ce petit avocat de formation se permet de rabrouer l'ONU sur sa condamnation du caractère antidémocratique de la Loi 78! Un ministre de premier plan impliqué vraisemblablement dans une fraude et dans trois affaires de conflits d'intérêt ou de traitement de faveur fait la leçon à l'Organisation des Nations Unies. Quand les cancres sont au pouvoir, c'est ce que ça donne.

Je vous rappelle que ces cinq aveugles ont TOUS appuyés inconditionnellement la destruction environnementale du pays en appuyant de leur voix parlementaire l'horrible loi conservatrice C-38. Honte à vous messieurs, honte à vous. Voilà à quoi servent les députés conservateurs québécois, à nous faire honte.

 

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