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C'est à nul autre qu'au peuple catalan de décider de son avenir

TEXTE COLLECTIF - Nous exhortons la communauté internationale à faire preuve de démocratie, d’humanité et de respect envers le peuple catalan et, surtout, son droit de disposer de son avenir.
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Albert Gea / Reuters

Un mandat d'arrêt européen émis à l'encontre du président catalan, Carles Puigdemont, et de quatre de ses ministres a été lancé par l'Espagne. De plus, la décision d'une juge espagnole d'emprisonner le vice-président Oriol Junqueras ainsi que huit des membres du gouvernement destitué aggrave une situation qui ne cesse de se dégrader. L'Espagne continue de contester le processus d'accès à la souveraineté de la Catalogne et remet en cause la licéité de la mise en œuvre de la déclaration d'indépendance de la République catalane. Le chef du gouvernement, Mario Rajoy, et la justice espagnole préfèrent se rabattre sur les notions de rébellion, sédition, détournement de fond public et désobéissance à l'autorité.

Les IPSO, un collectif d'intellectuels pour la souveraineté du Québec, tiennent à souligner le caractère pacifique et démocratique du processus suivi par la Catalogne ainsi que ses appels à la négociation avec l'État espagnol, une incontournable nécessité.

L'Espagne s'est engagée depuis le 14 décembre 1955 envers le respect des traités internationaux signés à cette date. De plus, l'article 10 de la Constitution de l'Espagne, sanctionnée le 27 décembre 1978, à l'alinéa 2, témoigne de façon explicite que : « Les normes relatives aux droits fondamentaux et aux libertés que reconnaît la Constitution seront interprétées conformément à la Déclaration universelle des droits de l'homme et aux traités et accords internationaux portant sur les mêmes matières ratifiées par l'Espagne. »

De son côté, l'Organisation des Nations Unies souligne à l'article 1 de sa charte: « [le] respect du principe de l'égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d'eux-mêmes, et prendre toutes autres mesures propres à consolider la paix du monde.» Les but suivants recherchés sont: «[de] réaliser par des moyens pacifistes, conformément aux principes de la justice et du droit international, l'ajustement ou le règlement de différends ou de situations, de caractère international, susceptible de mener à une rupture de la paix.»

Cette demande d'extradition et ces emprisonnements des dirigeants du gouvernement catalan par l'Espagne sont à mille lieues d'un règlement démocratique, une menace à la paix espagnole et européenne. Surtout lorsque l'on se rappelle que lesdits mandats d'arrêt sont le fait d'une simple « juge » de Madrid. Leur acceptation par la Belgique, siège des institutions européennes, marque clairement l'internationalisation de la question catalane. M. Puidgemont n'a jamais été plus juste que lorsqu'il déclarait récemment, à Bruxelles, que « Nous vivons dans un monde globalisé »; la répression espagnole est, au bas mot, l'affaire de toute l'Europe. Pourquoi ce lourd silence de la communauté internationale sur la crise actuelle? Pourquoi la répression n'est-elle pas condamnée ? Compte tenu des obligations des pays signataires de la convention de l'ONU ne serait-il pas essentiel que ceux-ci prennent position pour la paix et le respect entre les peuples ?

IPSO-Québec réitère son appui à la démocratie, dénonce la violence utilisée pour contrecarrer le processus démocratique catalan et fustige la politique de sourde oreille aux appels à un règlement pacifique. Le président espagnol, Mariano Rajoy, doit cesser de se réfugier derrière ce qui n'est que la loi du plus fort.

Nous interpellons tous les acteurs concernés en faveur d'un règlement politique, une négociation pour une sortie de crise pacifique. Nous exhortons la communauté internationale à faire preuve de démocratie, d'humanité et de respect envers le peuple catalan et, surtout, son droit de disposer de son avenir.

Liste des cosignataires: Michel Blondin, mathématicien et consultant, appuyé par Pierre Serré, politologue, Micheline Labelle, sociologue, André Jacob, travailleur social, Philippe Bernard, politologue, Ercilia Palacio-Quintin, psychologue, Jocelyne Couture, philosophe, Charles Berthelet, étudiant, Joël Côté, comédien, Andrée Lajoie, juriste et Jean-René Plante, historien de la littérature, tous membres du conseil d'administration d'IPSO-Québec.

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