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La vie privée des agriculteurs

28/05/2015 03:53 EDT | Actualisé 28/05/2016 05:12 EDT

Au Québec, il n'y a pas si longtemps, nous étions tous agriculteurs. Exception faite du rare mon'oncle médecin, avocat, ou curé, chacun cultivait son petit lopin de terre, en espérant qu'il ne fasse pas trop frette ou qu'il ne mouille pas trop, durant la trop courte saison verte. Le succès se mesurait alors en litres de lait pompés et en kilos de patates récoltés plutôt qu'en nombre d'amis Facebook. Le seul forum de discussion était le perron de l'église. Tinder? La danse en ligne pendant le rigodon. Presque tout le monde voulait sacrer son camp en ville, là où l'anonymat devenait garant d'une vie privée exempte de pression sociale et d'une carrière moins rectiligne, ou prévisible, disons.

L'exode rural a changé la donne, ici comme ailleurs. Petits lopins sont devenus grands. Économies d'échelle, monoculture et pesticides, la norme. Résultat? Ça a l'air que vous n'avez jamais eu aussi peu confiance en l'industrie agroalimentaire de toute votre vie! Ce n'est pas moi qui le dis, c'est Kimbal Musk. C'est qui lui? C'est le frère de l'autre, celui dont on entend tout le temps parler et qu'on admire un peu beaucoup, Elon Musk, le patron de Telsa Motors. Les frères Musk sont milliardaires. Ils ont inventé PayPal, genre. Maintenant, Elon veut rendre nos voitures électriques et nos maisons à batteries. Kimbal, lui, est venu à C2 Montréal pour prôner notre retour à la terre et à l'agriculture bio. Selon lui, 2015 sera l'année de l'agriculture au même titre que 1995 fut celle de l'Internet. En français, ça veut dire que les capitaux-risqueurs de la Silicon Valley vont réajuster leur appareil et déverser une bonne partie de leur pécule sur les terres agricoles desquelles nous voulions sacrer notre camp au plus vite, il n'y a pas si longtemps...

La Californie connaît sa pire sécheresse depuis qu'on sait qu'elle existe. À un point tel qu'un drôle de type est venu nous suggérer de manger des criquets plutôt qu'un œuf, car paraît-il, produire un œuf, ça ne prend pas seulement une poule, ça prend aussi 200 litres d'eau!!! Or, la demande pour les œufs (et le poulet) n'a pas fini de croître, au fur et à mesure qu'on verra émerger... les pays émergents. Pénurie, traçabilité, méfiance envers les OGMs et achat local seront donc à l'ordre du jour... Et pour longtemps.

Le retour à la terre a la cote à C2 Montréal. Ça vous tente? Après tout, c'est ici que se trouve le quart des réserves d'eau potable de la planète. Et on a l'expertise. C'est atavique.

Quant à votre vie privée de "gentleman (ou woman) farmer", si jamais ça vous inquiète, sachez qu'en ce moment même, comme le Petit Poucet vous laissez des "breadcrumbs" sur le web et que Michelle Dennedy, la vice-présidente et chef de la protection des renseignements personnels chez MacAfee, a recommandé aux 2 000 personnes présentes à l'Arsenal, en plein cœur de Montréal, de changer au moins un de leurs mots de passe "dans les prochaines minutes, please" et s'est prise à rêver qu'on puisse s'identifier par une odeur afin de pouvoir préserver notre anonymat. Bref, côté vie privée, la campagne ressemble maintenant pas mal à la ville. Côté odeurs, vous aurez l'embarras du choix!

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C2 Montréal 2015

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