Pierre Luc Brisson

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Recteurs: un courant d'air de 300 000$

Publication: 29/08/2012 09:16

La rentrée universitaire est à peine entamée que déjà, les scènes d'intimidation et de grabuge se multiplient sur nos différents campus. Ces deux derniers jours à l'Université de Montréal, ce sont les policiers de l'escouade anti-émeute du SPVM qui ont investi les corridors de la respectable institution d'enseignement, procédant à l'arrestation de nombreux étudiants. Au-delà des manifestations et des coups d'éclat (sûrement discutables) de certains étudiants, ces images de policiers caparaçonnés - comme s'ils devaient faire face à une émeute violente! - déambulant dans les corridors d'une institution qui devrait être considérée comme un lieu « sacré », sont à mes yeux d'une violence symbolique inouïe.

Un lieu « sacré » où le débat, le dialogue et la réflexion devraient servir de mesure à toute chose. Un lieu où les différents corps universitaires, tant le rectorat, le corps enseignant que les étudiants, devraient avoir la responsabilité d'assurer le calme et la sérénité de l'établissement mais surtout, d'établir un dialogue constructif garant de la vie universitaire. Si l'on peut certes questionner les agissements des uns et des autres, force est d'admettre qu'un acteur manque à l'appel : le recteur Guy Bretonde l'UdeMet ses différents homologues des universités québécoises.

Alors que la grève étudiante se répandait sur les campus universitaires et que des dizaines de milliers de manifestants battaient le pavé à Montréal comme ailleurs au Québec, nos recteurs, pourtant à la tête de nos établissements d'enseignement et donc les premiers concernés par la crise, se sont démarqués par leur discrétion. Tout au plus se sont-ils contentés, à deux ou trois reprises, d'ânonner la ligne officielle du gouvernement sur quelques plateaux de bulletins de nouvelles. Peur de sortir du rang? Peur de se voir déconsidérer en haut lieu ou crainte de voir les projecteurs de l'opinion publique et des médias se braquer sur leur administration parfois déficiente? Il y a sûrement un peu de tout cela.

Ceux que Denise Bombardier comparait le printemps dernier (Le Devoir, 24 mars) à des « banquiers », à des dirigeants d'institutions financières dont les émoluments se rapprochent bien souvent de véritables prébendes, devront inévitablement faire leur examen de conscience une fois la poussière retombée. Ont-ils été à la hauteur de la mission qui leur est confiée, eux qui bien souvent gagnent le double, voire le triple du salaire du premier ministre du Québec? A-t-on jamais vu le recteur Breton s'asseoir devant ses étudiants réunis en assemblée générale et tenter de les apaiser? A-t-on jamais entendu un appel au dialogue, une proposition de négociation ou une invitation à défricher de nouvelles possibilités quant à l'avenir de l'université? Mais surtout, comment concevoir qu'un homme - ou une femme bien évidemment - dont la carrière devrait être dévolue à l'enseignement, à la mission pédagogique puisse accepter de laisser entrer l'anti-émeute dans l'antre de son université?

En sommes-nous vraiment rendus là : l'université « centre commercial» (les mots mêmes d'un avocat de l'UdeM) donc l'accès pour les « consommateurs » est assuré par des policiers armés? Ces décisions sont non seulement déplorables, elles sont insensées! Nul doute que l'heure des bilans finira par sonner ...

Au Moyen Âge et jusqu'à une époque pas si reculée, l'on avait coutume de conférer le titre de Magnificence aux recteurs des universités européennes. Un poste de prestige, le rang le plus élevé de la communauté universitaire, souvent confié à des gens dont le parcours académique, scientifique et la vie professorale devaient être les garants de leur capacité à tenir le cap d'une institution fondamentale pour notre société. Ces gens ne recevaient probablement pas les 370 000$ de salaire dévolus au recteur de l'UdeM, par exemple, ni ne se déplaçaient à l'aide d'une Lexus de fonction comme le font certains. Mais ils devaient cependant être beaucoup plus dignes d'occuper leur charge - car oui, il s'agit d'un honneur mais aussi d'une responsabilité importante - que ne le sont nos « administrateurs » québécois, qui se sont transformésces derniers temps en véritables courants d'air dans les couloirs de nos rectorats.

L'institution universitaire est mise à mal par la judiciarisationdes conflits et l'intervention musclée des corps policiers sur nos campus. Une longue tradition d'indépendance et de sérénité est en train de voler en éclats : Messieurs, Mesdames les recteurs(trices), où êtes-vous?

 
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La rentrée universitaire est à peine entamée que déjà, les scènes d'intimidation et de grabuge se multiplient sur nos différents campus. Ces deux derniers jours à l'Université de Montréal, c...
 
 
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12:21 sur 30/08/2012
Le gouvernement dit en substance qu'on devrai sen tant que société insuffler 900 m$ dans les université dont 275 par une hausse des droits.
-Où ce 900m$ doit-il être dépensé? Personne ne le dit nulle part, aucun plan, rien. Faites un chèque en blanc SVP.
-Le fonds de pension des travailleurs d'université a besoin d'environ 250m$ pour se maintenir à flot.
-Îlots Voyageur....
Avec tout ça, nos étudiants seront de vrai machines du savoir à l'obtention de leur diplôme.
Dans un sens, les recteurs font bien de se cacher.
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Le Loup Blanc
L'intelligence comme remède au mépris
12:33 sur 29/08/2012
Pas surprenant que les recteurs soient discrets depuis le début de la grève étudiante. Déjà que leurs défenseurs libéraux ont refusé aux leaders étudiants toute possibilité de médiation, de moratoire temporaire assorti d'États généraux sur l'éducation; tous des moyens pacifiques proposés par les étudiants qui ont été rejeté du revers de la main sans discernement ni nuance par ceux qui sont censé diriger les destinées de l'éducation supérieure et du Québec. Et pourquoi ces refus répétés par ces supposés chantres du pacifisme qui associent le carré rouge à la violence? Justement pour ne pas que personne ne puisse voir les vrais chiffres sur les budgets, les dépenses et le financement des universités, ce qui aurait remis en question la hausse inique proposé par Charest.
photo
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Le Kwisatz Haderach
There is no power without brain power.
15:29 sur 29/08/2012
"Justement pour ne pas que personne ne puisse voir les vrais chiffres sur les budgets, les dépenses et le financement des universités, ce qui aurait remis en question la hausse inique proposé par Charest."

Les vrais chiffres ne sont pas disponibles, est-ce bien ce que je dois comprendre?
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Le Loup Blanc
L'intelligence comme remède au mépris
20:45 sur 29/08/2012
Si vous étiez d'un niveau intellectuel plus élevé que la prét-maternelle, il ne faudrait pas tout vous expliquer. Ce n'est donc pas moi qui vous fait descendre à mon niveau; vous petes déjà si bas dans les abysses du vide que vous faire remonter est une chose impossible.
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Le Loup Blanc
L'intelligence comme remède au mépris
11:36 sur 30/08/2012
Si réfléchir consiste en un effort trop ardu pour vos neurones, neblâmez pas les autres de votre incompréhension des faits.
10:04 sur 29/08/2012
En effet, les recteurs sont des pleutres, occupés à faire leur PR au lieu de s'occuper de leurs étudiants. Rien de trop beau pour ces tits hommes d'affaires terrés dans leur tour d'ivoire à regarder de haut ces pôvres étudiants qui ne sont bons qu'à apporter de l'eau au moulin de leur business...
Marchandisation de l'éducation, eux ils connaissent...
09:55 sur 29/08/2012
ha! enfin! enfin! Depuis le début du conflit étudiant que je réclame sur différents blogs que le focus soit mis sur les recteurs d'universités. La première fois ou on a vue clairement un signe des recteurs c'est quand Charest a annoncé sa loi 78, le présidente de la CRÉPUQ à ses coté.
Bon texte, Bravo.
09:44 sur 29/08/2012
Quand on sait que "selon les données publiées par le ministère de l'Éducation, rien ne prouve que les universités québécoises soient sous-financées. Au Québec, le coût moyen par étudiant est de 29 242 $, soit près de 3000 $ de plus qu'en Ontario (26 383 $). La moyenne canadienne est quant à elle de 28 735 $." Il n'est donc pas très surprenant que les recteurs se cachent. Ils préfèrent voir les policiers taper sur les étudiants dans les corridors de nos universités, plutôt que de s'installer avec eux et de discuter. Quand on craint à ce point la discussion, c'est qu'on a beaucoup de choses à cacher.
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Le Kwisatz Haderach
There is no power without brain power.
15:28 sur 29/08/2012
J'imagine que le fait que tous les intervenants (incluant les enseignants) le disent est non factuel pour vous n'est-ce pas?

Les croyances basées sur la partisanerie politique et les "theories du complot" ont beaucoup plus de credibilité.
16:51 sur 29/08/2012
Je ne savais pas que les rapports du Ministère de l'Éducation étaient maintenant considérés comme de la partisanerie politique ou des théories du complot.

Hugues Boisvert, professeur de comptabilité à HEC et titulaire de la Chaire internationale CMA (comptabilité de management) d'étude des processus d'affaires et spécialiste du contrôle des coûts dans les universités qui analyse les chiffres dans l'article dont j'ai donné le lien est lui-même un enseignant donc tous les intervenants ne sont donc pas d'accord comme vous le prétendez.

Par contre il serait intéressant et surtout pertinent que vous nous fassiez part de vos sources concernant cette opinion que partageraient tous les intervenants.