Pierre Luc Brisson

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Pauline Marois: le flou artistique

Publication: 04/04/2012 07:49

Pauline Marois est de nouveau bien en scelle à la tête du PQ. La contestation a été matée, les éléments les plus réfractaires siègent désormais comme indépendants ou ont rejoint les rangs de la CAQ. Enfin, la possibilité d'une campagne électorale printanière ou automnale a fini de rassembler le caucus péquiste derrière sa chef. Désormais, celle que l'on surnomme la «dame de béton» peut se concentrer à faire «passer son message», comme on dit dans les officines de communication, plutôt que de mettre tous ses efforts à se maintenir en place.

Pauline Marois s'est récemment attaquée au dossier des frais de scolarité en invitant le gouvernement Charest à ouvrir les négociations avec les associations étudiantes. Si elle appuie les revendications des étudiants en grève depuis plus d'un mois maintenant, elle est restée avare de détails quant à ses intentions advenant son élection à la tête du gouvernement. Le flou artistique de la chef péquiste s'est matérialisé dans ces quelques mots : «Nous établirons un mode de financement acceptable pour toutes les parties concernées, y compris, bien sûr, les contribuables.»

De la vertu tactique des sommets

Pauline Marois a affirmé ne pas vouloir trancher la question du maintien ou non d'un gel des frais à leur niveau précédent la hausse actuelle avant d'avoir tenu un sommet réunissant les acteurs du milieu universitaire. Cette idée, qui peut paraître vertueuse et consensuelle de prime abord, pourra cependant s'avérer dangereuse pour la cause des étudiants québécois. Si ces derniers n'ont pu, jusqu'à maintenant, faire bouger de façon significative l'aiguille de l'opinion publique vers leur position à la faveur du plus grand effort de mobilisation étudiante de l'histoire du Québec, nous pouvons raisonnablement nous demander comment ils y parviendront lors d'un sommet restreint, qui se déroulera dans une salle de congrès, loin du bitume des rues, des manifestations et des perturbations publiques. Tout est déjà sous-entendu dans la réponse donnée par Pauline Marois: son futur ministre de l'Éducation siègera en modérateur et en initiateur des débats. Il devrait, par la suite, récupérer et porterle fruit des discussions qui s'y seront tenues à la table du conseil des ministres. L'avantage politique de cette position est évident : faire mine d'appuyer les étudiants dans un moment critique de leur lutte contre le gouvernement Charest tout en se gardant d'adopter une position claire, à défaut d'être audacieuse, sur le sujet. À la suite de ce futur sommet, s'il devait s'avérer que la position des recteurs et des financiers ait gain de cause - et c'est une possibilité réelle - Pauline Marois aura alors le beau jeu de dire qu'elle se range, à contrecœur, derrière l'avis des représentants du milieu. Exit les nobles idéaux des étudiants!

Si l'exercice de la consultation est essentiel à la conduite des affaires de l'État, encore faut-il savoir dans quelle direction le parti au pouvoir veut orienter cette réflexion collective. Le Parti Québécois, par la voix de sa chef et de ses députés, répète ad nauseam (et sur ce point ils ont raison) que les étudiants et les familles de la classe moyenne n'ont pas les moyens d'absorber une nouvelle hausse des frais de scolarité, après les hausses (santé, hydro, SAAQ, etc.) des dernières années. Soit! Si ces derniers n'ont pas les moyens d'assumer une hausse aujourd'hui, pourquoi les auraient-ils dans un an ou deux, sous un éventuel gouvernement péquiste?

Si le PQ est sérieux dans sa démarche, pourquoi ne pas prendre clairement le parti du gel ou de la baisse des frais en mettant sur la table des propositions alternatives de financement? Au moment où l'on ne sait toujours pas si nous payons nos infrastructures publiques à un juste coût et où l'opposition péquiste affirme que nous vendons à rabais nos ressources naturelles,la logique et la cohérence politique commanderaient que la chef de l'opposition regarde de ce côté afin de financer le gel futur des frais de scolarité.Si sommet il devait y avoir, il me semble qu'il devrait plutôt porter sur la place de la recherche fondamentale ou appliquée dans nos universités et sur les grandes orientations de notre réseau pour les vingt prochaines années. Que l'on déleste les dirigeants du système de la mécanique financière et qu'on leur demande de se concentrer sur leur mission essentielle : la transmission et la production du savoir. Au gouvernement, de son côté, de voir comment il peut financer adéquatement le réseau alors que l'on sait que certaines entreprises et que de nombreux citoyens (via l'évasion fiscale) ne paient pas leur «juste part».

Si le passé est garant de l'avenir ...

À son arrivée à la tête du Parti Québécois en 2007, Pauline Marois se disait favorable au dégel des frais de scolarité. Elle était d'ailleurs au ministère de l'Éducation lorsque le PQ avait tenté de mettre en place une hausse au milieu des années 90. Plusieurs membres du caucus actuel, comme les députés de Taillon et de Rousseau, ont récemment tenu pareil discours. Si le passé est garant de l'avenir, les associations étudiantes devraient se méfier. Tout ce verbiage politique ne cadre que dans un seul objectif: consolider la base électorale social-démocrate du PQ en vue des prochaines élections, quitte à tenter de ménager la chèvre et le chou. Ce faisant, Pauline Marois risque peut-être de se mettre à dos cette jeunesse qui est dans les rues et qui attend de la part de ceux qui aspirent au pouvoir une position claire et précise.

Québec solidaire et Option nationale s'opposent non seulement à la hausse, mais proposent la gratuité scolaire tout en détaillant son financement. La CAQ et le Parti libéral favorisent quant à eux une hausse des frais. Ces positions ont l'avantage d'être claires. À Pauline Marois, maintenant, de dissiper le flou artistique et de faire ce que devrait faire toute femme d'État: affirmer ces convictions et ses propositions en tentant de convaincre la population du bien fondé de celles-ci. Chercher à naviguer vers le centre consensuel des sondages d'opinion ne peut que la mener à tourner en rond ...

 
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Date de publication  | 
Popularité
15:32 sur 05/04/2012
Le passé est garant des erreurs afin de ne pas les répéter et des grands coups, pour tenter de les adapter! C'est le présent qui est garant de l'avenir, c'est aujourd'hui que l'on décide pour demain et non hier! De plus, Mme Marois est devenu le chef et en tant que tel, elle doit prendre l'ensemble des opinions du parti, qui lui, s'est prononcé contre la hausse, de l'aile jeunesse au chef! Le plus drôle, c'est qu'étant historien, vous ne contextualisez pas les faits et vous utilisez des sophismes. Vous prétendez aussi que de se ranger du côté des experts, les recteurs, c'est du populisme. Changez d'idée n'est plus acceptée en politique! Cela doit être pour ça qu'il y a plein de fous!
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Huguette
08:20 sur 05/04/2012
Mr Pierre-Luc Brisson,de quel parti étiez vous attaché politique?

Des Libéraux je suppose?
11:14 sur 06/04/2012
Non chère Madame, du Parti Québécois et du Bloc Québécois, de 2009 à 2011 ...
SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Huguette
08:14 sur 05/04/2012
Là où Pauline Marois n'est pas d'accord et je crois qu'elle a tout à fait raison c'est que c'est trop 75% d'augmentation d'un seul coup.Accepteriez vous une hausse de 75% d'un seul coup sur votre loyer ou sur vos taxe municipales? Moi non.Elle a dit qu'elle voulait négocier avec les jeunes pour définir un arrangement plus RAISONNABLE qui pourrait convenir de part et d'autre,mais pas 75% d'un coup.

Je trouve que certaine personne exagère dans leur commentaire même certains journaliste ne disent pas les vraies choses et induisent la population en erreur.Je trouve que c'est grave et dommage.
20:38 sur 04/04/2012
Mme Marois a toujours parler de façon à ce qu'on ne s'apperçoive pas qu'on nous attire dans un piège, avant qu'il ne soit trop tard et que nous ayons les deux pieds dedans.
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Canada Libre
Le Canada c’est le Québec. Vive le Canada libre
13:29 sur 05/04/2012
Trop drôle !! ;-)

*** Mode dérision - ON ***

John James fait pas ça, lui. Nenon.. Il nous cache pas sont vrai nom, il nous cache pas que ce sont les anglos du rdC qui l'ont ''encouragé'' à venir en politique provinciale Québécoise pour faire la job aux ''moudits sepratiss'', il nous cache pas qu'il veut angliciser Montréal le plus vite possible, il nous cache pas ses accointances douteuses avec ''l'industrie de la corruption'', etc.

C'est juste Pauline, juste les séparatistes qui mentent..

*** Mode dérision - OFF ***
12:29 sur 04/04/2012
Les étudiants n'ont pas compris comment faire valoir une demande en politique.
2 conditions essetielles et intimement liées.
1- l'opinion publique doit être favorable a votre demande
si vous les emmerder ou faites fis des lois vous n'aurez pas sympatie
2-le congrès des partis politiques, idéalement on s'associen a aucun on leur va chercher leur appuis.
2 conditions nécessaires agir de manière irréprochable c'est une bonne carte a avoir dans ces poches.
Les syndicats vous ont montré l'ancienne façon pour celle-là on accepte plus en démocratie les rapports de forces qui briment les droits individuels. Les droits doivent coexister et non s'aliéner.
Stratégie gagnante Il faut faire preuve d'ouverture et être prêt a négocier de bonne foi
Mme Marois a été obligée de mettre la souverainté au centre de son programme pourquoi, a cause de l'OPINION publique ET parce que le CONGRÈS du parti l'a EXIGÉ.
M Charest a été obligé de créer la commission Charbonneau pourquoi? A cause de l'OPINION publique ET parce le CONGRÈS de son parti L'A EXIGÉ.
Pourquoi Arsenault et Cyr ont perdu la face et surtout l'appuie de l'OPINION publique? Parce qu'il n'ont pas respecté les LOIS, mais aussi manqué de respect envers les TRAVAILLEURS ET REPRÉSENTANTS ÉLUS DÉMOCRATIQUEMENT.
Si les syndicats veuelent continuer d'avoir une part du gâteau sur les salaires des travailleurs ils va fallloir qu'ils commencent a respecter les lois et les travailleurs.
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Le Kwisatz Haderach
There is no power without brain power.
10:55 sur 04/04/2012
"en mettant sur la table des propositions alternatives de financement?"

Parce que ca fait longtemps qu'elles sont epuisées. On n'est pas a l'ore du bois ou on peut se permettre des decisions strategiques, mais perdu en plein bois et le feu de foret nous rattrappe.
11:37 sur 04/04/2012
Des propositions alternatives pour aller chercher l'argent là où il se trouve et financer nos services publics de manière plus équitable, il y en a des tonnes! Vous seriez surpris de l'ingéniosité dont font preuve certains partis politiques, instituts de recherches, groupes de pression et rassemblements citoyens pour réfléchir aux moyens d'assurer la pérennité des services publics comme l'éducation supérieure sans demander toujours aux mêmes de se serrer davantage la ceinture!
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Le Kwisatz Haderach
There is no power without brain power.
12:20 sur 04/04/2012
On est les plus imposée en Amerique du Nord.

S'il y en avait des tonnes, le Quebec ne serait pas aussi endette et tous nos ministeres ne seraient pas aussi sous-financé. Les seules facons que le gouvernement degagera des sommes substantielles a l'avenir sera de couper dans ses propres depenses.

Cessez de revez en couleur et arrivez en ville.
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Le Kwisatz Haderach
There is no power without brain power.
15:43 sur 04/04/2012
"il y en a des tonnes!"

Non il n'y en a pas des tonnes, en fait, il n'en reste aucune. Si c'etait le cas, tous les ministeres ne seraient pas sous-financés, nos aines ne mangeraient pas de la "schnoutes" dans les centre d'acceuil, et non ponts ne nous tomberaient pas sur la tete.

La seule facon que le Quebec sortira la tete hors de l'eau sera lorsqu'il coupera dans ses frais d'operations. Meme chose pour les villes, meme chose partout.
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Canada Libre
Le Canada c’est le Québec. Vive le Canada libre
14:10 sur 05/04/2012
Quand ça cogne à la porte chez-vous, vous craignez sûrement que c'est le huissier qui vient saisir votre carte de la RAMQ ;-)
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Le Kwisatz Haderach
There is no power without brain power.
19:43 sur 06/04/2012
Toujours aussi non pertinent.
10:38 sur 04/04/2012
Ben, voyons, Pierre-Luc, madame parle des 2 coins de la bouche comme d'habitude. Du flou, du "fake"! Leurrer le peuple est une spécialité du PQ.

Seul Québec "solit(d)aire" appuie clairement la gratuité. TOUS les autres partis sont POUR le dégel.

La raison politique du PQ a des raisons que la raison ne comprend pas.
22:52 sur 05/04/2012
Option Nationale appuie clairement la gratuité.

http://www.optionnationale.org/le-projet/3-pour-le-meilleur-systeme-d%E2%80%99education-et-de-formation/
Cet utilisateur a choisi de ne pas participer au système des médailles.
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09:08 sur 04/04/2012
Qui décident, paient. Mon père me disait cela. Les étudiants ont décidés de manifester, de casser, d'intimider, de bloquer. Si de telles actions étaient décidées par des fonctionnaires du ministère de l'éducation, ou par des fonctionnaires du ministère des finances l'opposition demanderait la démission immédiate du ministre concerné et même du premier ministre. Pourquoi l'opposition ne demande pas la démission immédiate des chefs-étudiants ! Pourquoi l'opposition ne demande-t-elle pas qu'une facture soit expédiée aux associations d'étudiants?
(Ils ont l'argent semble-t-il) . Pourquoi, le gouvernement ne suspend pas ses employés qui font le contraire de ce pour quoi ils sont rémunérés (les étudiants administrateurs à bourse spéciale ) ? Pourquoi les étudiants acceptent une tel détournement de fonds ? (ceux qui ont voté contre les manifestations)

Le flou artistique, dites-vous ? ou "Le flou" :) tout simplement. Ça ressemble a un événement connu ça.

Quelques questions comme ça , pour le plaisir.
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Canada Libre
Le Canada c’est le Québec. Vive le Canada libre
13:11 sur 06/04/2012
Pourquoi, pourquoi .. Parce que nous ne vivons pas dans une tyrannie esclavagiste.
07:57 sur 04/04/2012
2-Ce qu'on essaie d'imposer ça n'a rien a voir avec des demandes d,accès aux études mais bien un bras de fer entre les syndicats, séparatistes et péquisses qui veuelent renverser le gouvernement. Ils n'acceptent pas les règles démocratiques ni ne respectent les lois. Les étuidants ont appris les belles histoires des syndicats à l'école il est plus que temps qu'ils apprennent la vérité sur ces groupes. Ils agissent comme une gestapo envers les détracteurs du modèle socialiste qui il faut bien le constater a ses ratés et cause la faillite des états. Des conditions insoutanble financièrement. Les lois sont les même pour tout les étudiants, personne n'a le droit de vous interdire l,accès à vos cours et les profs sont obligés de donner les cours MÊME s'il n'y a qu'un seul étudiant. Ça va nous couter une fortune socialement cette manifestation profs en temps supplémentaire, policiers en temps supplémentaire, CPE conditions extra-ordinaires a cause de l'appuye qu'ils ont reçus des syndiqués de tout accabit qui les ont appuyés en prévision de retour d'ascenseurs. Le payeur de taxes en otage.
07:56 sur 04/04/2012
Tout les journalistes syndiqués prennent bien soin de préciser que ça ne concerne que LAURENT PROULX, alors que c'est faux. Les même droits s'appliquent à tout le monde mais l'ordonnance ne concerne que Proulx parce que ce n'est pas un recours collectif. ¨Ca ne change rien. On vit dans une société de droit et démocratique. Ça veut dire en claire la même chose pour tout le monde. Les droits des uns s'arrêtent ou commencent ceux des autres. Les droits collectif ne peuvent brimer les droits individuels. Les droits collectifs disent qu'on peux manifester MAIS ça ne change pas les lois. ILS DOIVENT respecter les lois. Ne pas bloquer l'accès aux institutions, ne pas bloquer des rues à oins d'avoir déposée un plan et d'être dans un périm`tre sécuritsé par la police. Les étudiants ne sont pas en manque de fonds comme on essaie de le faire croire. Depuis le début les syndicats ont annoncés qu'ils les organisaient et financeaient. ILs veulenet jouer aux victimes avec leur image de David contre Goliat alors qu'ils agissent en anarchistes. Depuis le début ils ont fractionné le vote pour légitimer de petits groupes, loin de représenter la majorité au sein des institution pour manifester et bloquer l'accès aux cours. Avec l'appuie des profs syndiqués qui sont payés pour donner des cours et NON pour MANIFESTER.