C'est maintenant officiel: les représentants de l'ASSÉ ne participeront pas au sommet sur l'éducation supérieure qui aura lieu à la fin de ce mois. Aujourd'hui, ses porte-parole ont annoncé leur désir de se retirer d'un processus de consultation qui, en vérité, s'apparente plutôt à un exercice de légitimation publique de la décision du gouvernement d'augmenter les frais de scolarité en les indexant annuellement.
J'écrivais moi-même en octobre dernier, sur ce même blogue, que « le sommet doit viser plus large et dépasser rapidement la seule question des sources de revenus. La problématique des frais de scolarité n'est que l'épiphénomène d'une réalité beaucoup plus complexe et préoccupante: la lente transformation de l'université québécoise (et occidentale) et la mise au rancard des valeurs humanistes qui ont présidé à sa création, au profit de la marchandisation des diplômes et des seules matières jugées utiles. »
Trois mois plus tard, force est de constater que le gouvernement et son ministre de l'enseignement supérieur ont décidé de s'arrêter aux questions d'intendance, plutôt que d'amorcer une réflexion plus large - et oui, disons le mot, philosophique! - sur l'avenir du réseau. Comme l'affirmait récemment Jacques Parizeau, l'on a décidé de prendre le problème à l'envers, en discutant des moyens plutôt que de s'entendre sur la finalité même de notre réseau universitaire.
L'ASSÉ a décidé de claquer la porte d'un sommet qui s'annonce être, comme plusieurs le redoutent déjà, un exercice à grand déploiement de relations publiques axé sur la volonté du gouvernement de restaurer un consensus mis à mal par le précédent gouvernement libéral. Un exercice qui, en ayant réuni autour d'une même table les étudiants les plus revendicateurs comme les recteurs des grandes universités, aurait permis de légitimer la décision d'indexer les frais de scolarité qui semble être celle favorisée par la première ministre et ses collaborateurs, dont l'économiste Pierre Fortin qui affirmait avec beaucoup d'élégance, hier à RDI, qu'il fallait être «stupide» pour envisager un gel de la contribution étudiante.
Or, le gel ne peut s'envisager lui-même non pas comme une finalité en soi - dans lequel cas, en effet, il serait stupide de s'y arrêter - mais bien comme la première étape devant mener, à moyen ou long terme, à une réelle diminution de la facture étudiante devant prendre en compte la capacité de payer de l'ensemble de la collectivité. Qui a demandé à ce que la gratuité soit réalisée le lendemain de ce sommet?
L'ASSÉ quitte la table aujourd'hui et devance ainsi une décision qu'elle aurait, tôt ou tard, dû prendre. En plein cœur du sommet, elle aurait permis au gouvernement et au ministre Duchesne de faire les gorges chaudes et de filer, en une journée, vers l'indexation prédéterminée. À une dizaine de jours du début de l'exercice, cette décision vient cependant souligner, en laissant le temps nécessaire sur la place publique pour y réfléchir et décanter le geste, à l'improvisation et au manque de vision qui ont présidé à la tenue de cet exercice consultatif.
Depuis des semaines et avant même que les discussions ne soient réellement commencées, le gouvernement péquiste accumule les signaux contraires, lançant et annonçant sur la place publique décisions et compressions affectant déjà le monde universitaire. Comment parler d'un exercice sérieux, alors même que le gouvernement annonçait pour près de 106 millions de coupes dans le budget des universités, et ce, pour l'année en cours et au moment où l'on devait s'entendre sur le montant réel des besoins des établissements? Ces coupes devant être suivies d'un autre quart de milliard de compressions l'année prochaine, la première ministre affirmant quant à elle que le réinvestissement des sommes prévues (1,7 G$) était loin d'être «garanti».
Le billet de Pierre-Luc Brisson se poursuit après la galerie
Comment être crédible, comme partenaire, alors que l'on annonçait pour plus de 60 millions de dollars de coupes dans l'aide à la recherche, coupes sur lesquelles est partiellement revenu le gouvernement hier, confirmant par le fait même le caractère précipité et irresponsable de ces compressions? La décision de l'ASSÉ d'aujourd'hui, n'est, au final, que l'une des répercussions prévisibles de l'improvisation du gouvernement Marois et non pas le geste d'un groupuscule isolé.
Déjà, de nombreux partenaires, tant chez les syndicats que chez les directions universitaires, avaient dénoncé l'aspect cosmétique de l'exercice, la CSQ affirmant par exemple, en janvier dernier, que les partenaires conviés ne disposaient pas «des outils nécessaires à une discussion éclairée sur l'avenir de nos universités». Les membres de l'ASSÉ, que d'aucuns qualifieront de radicaux en ne faisant que souligner, ainsi, leur propre absence d'idéaux, ne sont que les premiers à mettre un terme à un exercice de relations publiques auquel ils n'ont pas à prendre part. Ils ne sont que les premiers à passer de la parole aux actes.
L'objectif du gouvernement Marois est désormais clair. Avec l'atteinte, à vitesse grand V, du déficit zéro - tout en investissant chirurgicalement des millions auprès de sa clientèle électorale, comme dans le réseau des CPE - le gouvernement péquiste veut être en mesure de se présenter devant l'électorat avec un budget équilibré et un consensus imposé au milieu universitaire, et ce, avant la fin du printemps. Qu'importe les pots cassés, les illusions brisées, les espoirs déçus et les milieux affectés par les coupes et les compressions. Après tout, une fois majoritaire, le PQ aura tout le temps de recoller les morceaux!
Or, en faisant l'économie de la nécessaire réflexion qui s'imposait après le printemps étudiant, le gouvernement ne fait que repousser une problématique qui, elle, ne se résoudra pas d'elle-même. Et ces milliers de jeunes qui, votant pour la première fois, ont réellement cru en la volonté de ce parti, sauront quant à eux où reporter leurs suffrages le moment venu...
peut etre sa éviterais les lonques études,,qui au bout de la ligne r apporte rien a l état,,
ho sa serais peut etre descriminatoires,,,
Un déficit inexplicable et récurrent de 120 millions à McGill.
Des centaines de millions engloutis dans le CUSM (Snc-Lavalin n'y a pas versé 22 millions en collusion pour rien)
450 millions dans l'Îlot Voyageur.
Des chercheurs de renom qui exigent jusqu'à 800 000 par année.
La masse salariale des recteurs, des vice-recteurs, du personnel de gérance et des membres de la haute direction a augmenté de 154 % en 10 ans. Pour la même période, la masse salariale des professeurs a chuté de 58 %. Nous avons plus d'étudiants qu'il y a dix ans et moins de professeurs.
Mais on les a mieux "encadrés".
Il faut se rendre à l'évidence, le monde universitaire est affreusement sous-financé.
À la lumière de tous ces faits, il est clair qu'il faut augmenter les frais de scolarité.
Le Québec est déjà l'un des endroits au monde où l'université est la plus financée. DONC elle n'a pas besoin de plus d'argent! Le calcul mathématique est simple: si une série d'universités européennes peuvent financer leurs universités GRATUITES avec un budget MOINS ÉLEVÉ que le nôtre, c'est bien que les dépenses de nos universités devraient être analysés d'un peu plus près.
Par ailleurs, les revenus de l'état ne permettent pas pour le moment d'envisager la gratuité.
Et troisièmement l'ASSÉ était contre l'augmentation l'hiver dernier.
Et quatrièmement le gouvernement est minoritaire, il peut promettre la gratuité, mais vous pouvez être assuré qu'il tombera.
Et cinquièmement quand on négocie il faut accepter de faire des compromis. Bouder dans son coin n'est pas une preuve de compromis
Depuis ces origines, le PQ était pour la gratuité scolaire.
Il a décidé, en 1976, d'y parvenir en gelant les droits universitaires, comptant sur l'inflation pour y parvenir.
Lévesque, Johnson ont respecté cet engagement. Parizeau, en 1994, a , à nouveau, pris le même engagement. Des hommes de parole. Les leaders que nous avons connus après n'étaient pas de la même trempe. Pourtant aussi bien Landry que Marois connaissent très bien cet engagement du PQ. En toute connaissance de cause, à des fins électoralistes, ils ont ignoré cet engagement du PQ.
Ce n’est pas bien grave et sans doute sans importance.
En ce sens, l’ASSÉ pourra rejoindre les Chambres de commerces, le Patronat, Association de manufacturier, les firmes de consultants et comptables. Bref, tous les employeurs des diplômés universitaires, qui ont été exclus du somment.
CH
Quand ont sait…
Au Québec, une année universitaire coûte 29,242 $ en moyenne par étudiant.
L'étudiant paie 2,774 $ en droits, en 2012.
L'aide sociale du gouvernement et des entreprises du privé paient le solde, 26,248 $ par étudiant, ou 91 %.
Pourquoi ce 26,248 $ ou 91 % de BES par étudiant, n’est pas de la gratuit pour l’ASSÉ ?...
SP
Quoique je suis profondément convaincu de la nécessité d'une accession sans frais par les étudiants aux études universitaires, je pense tout en même temps que l'ASSÉ adopte une très mauvaise stratégie en s'absentant du sommet sur l'éducation supérieure et en choisissant la confrontation.
Par contre, je blâme sévèrement et sans réserve le PQ d'avoir manoeuvré malicieusement pour en arriver en un tel échec par rapport à l'ASSÉ. Après avoir porté le carré rouge au printemps 2012, le comportement du Gouvernement du PQ ne vaut guère mieux que la trahison de Judas l'Iscariote!
Normand Perry.
J'ai eu beaucoup de difficulté à ne pas rire de rage en lisant cette semaine la réflexion d'une jeune diplomée qui se plaignait que le remboursement de ses prêts l'empêchait cet hiver d'aller dans les caraïbes... Sait-elle combien de millions de Québécois n'y sont jamais allé même à la retraite.. Quelque part il y en as qui ont perdu le sens des valeurs... Existe-t-il un BAC en sens des valeurs et Gros bon sens.
On finance bien les traitements par le cancer et à ce que je sache, «ça ne sera jamais pour tous», et heureusement. Le principe est pourtant simple, dans les deux cas: tous y ont droit.
«prétexte fallacieux qu'on paiera ensuite de gros impôts». Pourquoi c'est fallacieux? De tous temps, l'éducation a été financé par la génération précédente au bénéfice de la génération suivante, et ainsi de suite. S'endetter au début de la vie alors qu'on n'a pas d'argent est une idée à la mode du libéralisme, mais cette idée n'a pas le monopole de la raison, loin s'en faut (il existe de nombreux inconvénients et efets pervers à l'application de cette idée).
(1) les études en médecine coûtent à une université au moins 40 fois plus que les études en philosophie. Dans un cas: les labos, la machinerie de pointe, leur maintenance, les abonnements aux revues et logiciels spécialisés, les prof-chercheurs, les stages, les assurances, etc. Dans l'autre cas: des photocopies, un prof et un tableau.
(2) Il est difficile de prévoir avec exactitude les effets des études supérieures. Bien des médecins peuvent ne pas travailler dans leur domaine à cause d'aléas de la vie (accident, dépression, changement de vie, etc.). Aussi, bien des étudiants en philosophie ont utilisés leurs études, la démarche et la méthodologie académique qu'ils ont acquises, pour avancer dans leur vie proffessionnelle et de ce fait, payer plus d'impôts.
On ne peut savoir en avance qui deviendra quoi. Par contre, on sait que, si on prend la moyenne, la «loi des grands nombres», l'accessibilité aux études est un investissement fiscal très rentable, puisque les diplômés gagnent plus et contribuent plus, y compris ceux qui ne travaillent finalement pas dans leur domaine d'études.
Ce n'est pas parce que la majorité des économistes affirment une chose qu'ils ont raison sur toute la ligne.
Vous sautez trois étapes!!
J'aimerais avoir des preuves de cela. De bons indices qui ne mentent pas.
Oui, le PQ a hâte de présenter à l'électorat des finances équilibrées. Mais, outre qu'il n'y a rien de mal à cela, ça ne constitue pas une preuve de mauvaise foi ou de fermeture d'esprit. Oui, le ministre a un préjugé favorable pour l'une des options, mais cela le disqualifie-t-il comme hôte d'un forum ouvert? Avoir une idée et avoir une idée arrêtée sont deux choses différentes.
Les recteurs et l'Assé - et les partis d'opposition et nombre de chroniqueurs dont vous-même - ne sont-ils pas en train de saboter en avance un processus qui pourrait avoir de l'allure?
Il y a une règle dans de nombreux forums et organisation (par exemple parmi les contributeurs de wikipedia) qui s'insitule: «toujours supposer la bonne foi». Ça favorise normalement les dialogues fructueux et la collaboration - et presque toujours ça nous rapproche de la vérité (ex: ça anihile dans l'oeuf les malentendus possibles). Est-ce que cette règle n'a pas cours ici, ou est-ce que j'ai manqué de nombreuses preuves et indices de mauvaise foi de la part du gouvernement en ce qui concerne ce sommet?
(dsl de mon manque d'accent, les clavier anglais de concordia sont chiant!!!)
2) En ce qui concerne les compressions actuelles, eh bien justement, le sommet est sensé parler de l'avenir de l'huniversité, pas du présent immédiat. Dans le but de se donner des grandes orientations. Le projet du PQ, on le sais, est de boucler un budget équilibré, mais surtout, de renverser la vapeur du précédent gouvernement - ce qui demande au moins un an d'ajustements. Le milieu de l'enseignement est aussi un électorat cible pour le PQ et je ne crois pas qu'il soit abandonné même s'il a été sollicité pour se serrer la ceinture cette année.
Personnellement, je vous accorde au moins le premier point, mais je me demande si c'est suffisant pour scrapper un tel processus et/ou pour le disqualifier à l'avance.
Il y a beaucoup trop de diplômés que le secteur public ne pourra jamais absorber. Tous les BAC et maitîses ne se valent pas. En Scandinavie, entr'autres, la philo, communications et autres sont fortement contingentés, autant que la médecine. La diplômation à outrance est un mythe des années 70. Même les MBA des grandes écoles américaines commencent à perdre de la valeur.
Ce n'est pas vrai que la socité s,enrichit avec plus de diplômés, je regrette. Une société s'enrichit en ajustant la production de diplômés avec la demande réelle du marché.
Je connais des techniciens à Labrador city qui font au-dessus de 100,000 par an. Nous négligeons les métiers utiles pour produire des diplômes qui ne produisent pas beaucoup de compétences réelles. Inutiles souvent pour appliquer sur un travail, à part devenir enseignant de cette dite discipline.
Pour moi, l'université sert à transmettre et accroître le patrimoine intellectuel (scientifique, artistique et technique) de notre civilisation. C'est un rôle distinct de celui du marché et en dehors de l'idéologie du productivisme.
Ce rôle a toujours été accomplis dans l'humanité, y compris pendant la préhistoire.
-Musique professionnelle
-Administration des affaires
Avec lequel pensez-vous que je gagne ma vie??
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Le Parti Québécois est l’ennemi principal de Québec solidaire, dans la plus pure tradition des groupes « m-l » des années 1970 – dont Françoise David est issue – et Québec solidaire est devenu, comme l’avaient été les maoïstes lors du référendum de 1980, l’allié objectif des fédéralistes.