Vous lirez ce matin bien des analyses du débat des chefs d'hier. Des commentaires sur le veston de Pauline Marois, sa coupe de cheveux ou son ton - trop? - doucereux. Sur le sourire arrogant de Jean Charest, le ton agressif de François Legault ou la performance de Françoise David. Tous s'amuseront à décortiquer les mimiques, les non-dits, les tours et détours langagiers. Mais après une passe d'armes verbale de deux heures, où l'on a su ce que disait ou ne disait pas le rapport Moisan, où l'on a débattu du nombre de médecins nécessaires à notre réseau, de la loi 10 ou de la posture envers le gouvernement fédéral, force est de constater qu'il n'y a qu'une seule grande perdante du débat d'hier soir : l'éducation. L'éducation pour laquelle plus de 200 000 étudiants ont battu le pavé le printemps dernier. L'éducation qui, de l'avis de tous, devrait être LA priorité pour une société qui se veut ancrée dans la réalité du XXIe siècle. L'éducation, faut-il le rappeler, pour laquelle nous sommes en élection cet été, après le conflit historique qui a agité les cégeps et les universités du Québec.
De nombreuses questions pour l'avenir
Pas un mot n'a été soufflé sur le sujet, hormis la petite ouverture de la porte-parole de Québec solidaire sur la gratuité scolaire. Non pas que la santé ou l'économie ne soient pas des préoccupations importantes et légitimes. Mais après que le Québec eut traversé une crise sociale à propos du financement et de l'avenir du réseau universitaire, il semblait quelque peu déphasé qu'aucun des chefs des trois « principaux » partis ne veuille aborder le sujet. Or les enjeux sont de taille et dépassent largement la seule échéance de l'élection du 4 septembre prochain. Au-delà de la question du financement du réseau universitaire, quel doit être le projet éducatif de notre réseau supérieur pour les prochaines années? Fournir les techniciens ultra-spécialisés dont aura besoin le marché du travail, ou se concentrer à trouver un équilibre entre formation technique et formation humaniste des futurs citoyens du Québec? Quel avenir réservera-t-on aux humanités dans les réseaux collégial et universitaire, elles qui sont bien souvent perçues comme des disciplines « inutiles » dans un monde où la performance économique devient la mesure de toute chose, notamment dans le réseau anglo-saxon, dont nous avons la fâcheuse tendance à vouloir imiter les travers les plus aberrants. Que faire de ces recteurs aux salaires mirobolants se déplaçant pour certains en Lexus de fonction? Que faire face à la multiplication des projets immobiliers, les universités se livrant à une véritable chasse à la « clientèle », et ce, sans réelle coordination, de l'aveu même du Conseil supérieur de l'éducation?
Nous aurions pu également nous questionner sur la formation des maîtres, des futurs professeurs dont plusieurs échouent lamentablement, année après année, l'examen de français nécessaire à l'obtention de leur grade. Ou encore sur la culture générale qui leur est transmise, eux qui sont bien souvent des « techniciens » de la pédagogie aux connaissances superficielles et désincarnées, interchangeables avec celles de leurs autres collègues, qu'importe la discipline! Après une décennie de réforme pédagogique, il aurait peut-être été pertinent de faire, l'espace d'un débat, un court bilan de la réforme en présence de deux anciens ministres de l'Éducation. Si les idées qui sous-tendaient le renouveau pédagogique étaient certes louables, l'application de la réforme s'est-elle montrée à la hauteur des attentes des acteurs du milieu de l'éducation? Cet échange, qui n'a pas eu lieu, aurait pourtant été des plus pertinents.
Bref! Beaucoup de questions et peu de réponses sur un enjeu fondamental pour l'avenir du Québec. Les prochaines semaines et les prochains mois s'annoncent cruciaux et Gabriel Nadeau-Dubois avait sans doute raison de déclarer que l'élection du 4 septembre prochain ne réglera pas, dans l'immédiat, les problèmes du milieu de l'éducation et du réseau universitaire. Les dossiers sont si complexes, les enjeux tellement élevés; un débat de deux heures, une élection de trente-cinq jours ne sauraient les résoudre. Cependant, à quoi servent un débat public, une élection générale si ce n'est à jauger la vision d'avenir de ceux qui aspirent à nous gouverner? Sur ce dossier, la moisson d'idées est plus que maigre. Espérons que les différents chefs de parti sauront s'y pencher sérieusement dans les prochains jours. Notre système d'éducation le mérite bien ...
Pascal Henrard: Débat. Et des hauts.
Je crois qu'il y a un concensus tacite entre les partis qu'il y aura bel et bien augmentation des frais scolaires. Les partis jouent sur les montants ou les modalites pour fin electorale, sans plus.
Lorsqu'on ecoute les interventants, c'et tres clair que nos universites sont sous-financés et qu'il y aura bonification.
Maintenant qu'on connait la reponse, il rne este la position des partis.
Et la CAQ est le seul partis qui a une vision de resultat la ou ca en prend.
Et puis on a donné assez de place au enfants pour qu'ils fassent leur crise de nerfs, maintenant c'est assez il faut qu'ils aillent étudier.
Mme Marois sait que ce n'est pas dans son intérêt de parler trop fort de sa position car elle pourrait avoir une suprrise le 4 sept. si elle tape trop fort sur ce clou
Vous avez une bonne et juste réflexion sur ce débat des chefs.
Avoir été un(e) étudiant(e) boycotteur(euse) de cours ayant porté le chiffon rouge, je serais porté, aujourd’hui, à une profonde réflexion sur la sincérité des supporteurs politiques de la cause étudiante.
La cause étudiante n’a pas semblé émouvoir beaucoup de politicien durant ce débat des chefs.
Être un étudiant, je me questionnerais sur la valeur de mon vote le 4 sept.
Je me suis demandé s'il n'y avait pas collusion avant le débat sur le sujet !
Un silence qui en dit long sur l'esprit du PQ en fait et du PLQ qui refusent tout changement.