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Changement climatique: l'inquisition verte

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La BBC vient de prendre une position définitive dans le débat climatique en coupant tout temps d'antenne aux «négationnistes». Il n'en fallait pas moins pour que la gauche s'en émeuve : on cesse la diffusion d'opinions «marginales», on améliore la précision et la justesse de l'information et on stoppe un débat là où il n'y en a prétendument pas.

Cette action de la chaine publique anglaise pose problème à plusieurs niveaux. Premièrement, un négationniste (denier) est une personne qui renie le génocide juif. Même si l'on considère la définition anglaise (personne qui renie quelque chose), l'histoire ne marche pas parce que le débat sur le climat est très loin d'être clos.

En effet, les scientifiques ne s'accordent pas pour savoir si les tendances climatiques actuelles vont donner plus ou moins de neige, de la neige abondante ou totalement absente, si elles augmentent la variabilité du climat ou non, si elles poussent l'Arctique vers un point de non-retour ou non ou si elles augmentent le nombre et l'intensité des tornades ou non.

Deuxièmement, le mythique consensus de 97% n'est que cela : un mythe. Dans son rapport original, Cook ne montrait qu'un consensus de 33% dans les recherches qu'il a échantillonnées - c'est en rejetant les articles sans position claire qu'il est arrivé à 97%. Or, si on regarde sa méthodologie au microscope, l'on peut voir que les scientifiques affirmant clairement que l'Homme est responsable (50%+1) des changements climatiques ne sont que 0,3% du total.

Précédemment, il y avait aussi eu un « vaste » sondage dans la communauté scientifique montrant aussi un consensus de 97%. On aura tôt fait de montrer l'invalidité de ce sondage : non seulement n'avait-il pas subi le processus de révision par les pairs (peer-review), mais le résultat final était basé sur un échantillon de 77 personnes.

Troisièmement, les climato-sceptiques sont loin d'être marginaux, comme en témoignent ces 1350 recherches soumises à la révision des pairs. Pour ne donner que quelques exemples

  • On n'observe aucune tendance à la hausse pour les ouragans (force et nombre) depuis 1970. Une telle tendance s'observerait même depuis 228 ans. Aussi, aucun ouragan majeur (F3+) n'a touché terre aux États-Unis depuis Wilma en 2005, la plus longue pause depuis plus d'un siècle.
  • L'Arctique, bien qu'il dégèle effectivement plus que dans les années 80, subit de telles variations depuis l'ère cénozoïque (66 millions d'années). Le couvert de glace était encore plus mince il y a 6000 ans qu'aujourd'hui.
  • La courbe en bâton de hockey (qui montre un réchauffement phénoménal depuis la Révolution industrielle au 18e siècle) n'apparait pas en Bolivie, autour de la Méditerranée, en Suède, dans les régions de la rivière des Perles, du Tibet et du sud de la mer de Chine en Chine, au Chili, en Sicile, dans la Sibérie arctique et orientale, près de l'Océan austral (Nouvelle-Zélande et Australie), en Angleterre australe, dans le sud du Québec, dans l'Océan Pacifique tropical, dans le nord-est Atlantique, au Pérou, en Islande, en Patagonie (Argentine) ni dans les Alpes. En fait, tous ces pays confirment ce que le premier rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) avait trouvé: le Moyen-Âge était nettement plus chaud qu'aujourd'hui.
  • Enfin, le soleil, et non les humains, aurait la plus grande influence sur le climat. Certains commencent d'ailleurs à prédire un refroidissement global à cause du manque d'activité solaire.

Finalement, même s'il y avait effectivement un consensus (comme avec la gravité et l'évolution, par exemple), vouloir taire le débat est une avenue très dangereuse. TOUTE science digne de ce nom n'est pas absolue. Pour preuve, ça fait moins de 10 ans qu'on a trouvé le lien probable qui unit les primates et les humains.

Ce n'est pas le cas quand vient le temps de parler de climat. Les «adhérents» aux changements climatiques humains sont tellement convaincus de l'absolu de leur théorie qu'ils refusent presque tous les débats, qu'ils appellent les gouvernements pour censurer ou emprisonner les sceptiques, qu'ils fantasment sur la mort violente de leurs adversaires et qu'ils ne se gênent pas pour recourir aux attaques ad hominem.

Bref, quel que soit votre opinion sur le climat, censurer votre adversaire est la dernière chose à vouloir. C'est justement en laissant les théories bidon s'exposer au grand jour qu'elles se disqualifient elles-mêmes, comme c'est le cas avec le créationnisme ou la voyance.

Bien que je crois que les climato-sceptiques ont le meilleur argumentaire, il est fort probable que des preuves plus convaincantes de l'autre côté arrivent un jour. Si elles sont répétées, alors il serait stupide de s'accrocher à des idées qui ne tiennent plus la route.

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