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Mes vœux pour 2015: s'estimer, s'affirmer et refuser la résignation

30/12/2014 10:13 EST | Actualisé 06/03/2015 05:12 EST

Les dernières heures d'une année sont toujours propices à une introspection, à une réflexion sur la conduite de sa vie. Quel sens peut-on donner à la riche effervescence des jours et à l'éphémère du temps qui passe si vite? Se remémorer ses accomplissements, revoir ses gestes, comprendre ses erreurs et envisager l'avenir avec les obstacles qui s'annoncent, voilà à quoi servent les moments de silence avant les célébrations de fin d'année.

Puis, les souvenirs qui nous prennent au cœur; ces sourires et ces bras qui, attachés à notre vie depuis notre petite enfance, ont vieilli et se sont détachés de notre réalité. Ces absences déchirantes qui persévèrent pourtant dans nos mémoires. Et ces personnages qui n'appartiennent pourtant pas à notre parenté proche, mais dont le décès nous touche tout autant. Pour ma part, c'est le sommeil définitif de Picolo et l'enthousiasme délirant de Paul Buissonneau qui m'ont replongé dans mon enfance heureuse. Il fut l'architecte fantaisiste de multiples instants de bonheur. Et à ce bonheur sont associés des complices; je vois mon frère et mes cousins, cousines, rire aux éclats... C'est étrange comme la mort d'un être cher fait revivre tout un passé. Le grand Félix Leclerc disait que c'était « plein de vie dedans ».

On réalise alors que malgré cet individualisme triomphant, en cette époque narcissique où les selfies pullulent et où le «moi» écrase le «nous», il y a toujours, malgré tout, un espace heureux pour la photo de groupe et une vie collective. Parce qu'on ne se justifie qu'en fréquentant les autres. Parce que nos inquiétudes et nos vulnérabilités sont toujours mieux assumées quand on sait que les autres sont comme nous et vivent avec les mêmes fragilités.

On se réalise donc avec nos proches, dans notre travail et nos loisirs, dans nos amours et nos amitiés. Et au-delà de nos réalisations individuelles, on s'inscrit, qu'on le veuille ou non, dans un mouvement collectif, au sein d'une société, au cœur d'une nation.

Et ainsi, tous les Québécois, de quelques origines qu'ils soient, font famille pour partager certains souvenirs, mais surtout des objectifs communs liés à l'existence d'un peuple qui vit sur un des grands territoires de la planète, le Québec.

Quand on demeure convaincu que la diversité du monde fait sa richesse, on ne peut que trouver l'énergie nécessaire pour assurer à la société québécoise sa pérennité. Et à l'heure des vœux pour 2015, après une année personnellement difficile pour ma formation politique et moi, je ne peux que souhaiter aux Québécois la persistance et la réussite.

Le plus grand risque qui guette les Québécois est de se laisser aller à ce faux refuge que constitue la résignation. Malgré la fatigue politique de certains d'entre nous, il n'y a pas d'impasse. Le futur du Québec existe. Méfions-nous de ces relayeurs complaisants du cynisme démobilisant. Ceux qui répètent que les Québécois sont pauvres et faibles. Les jugements péremptoires de certains ministres canadiens qui se comportent comme des tuteurs arrogants du Québec, sont méprisants. Et quand notre premier ministre affirme que c'est parce que nous sommes pauvres dans le Canada que nous devons docilement accepter, par exemple, le projet d'oléoduc de TransCanada, il justifie l'injustifiable et manque de noblesse.

N'acceptons pas d'être ainsi diminués. Rejetons ce dressage. La perte de l'estime de soi que l'on veut nous planter dans la tête ne vise qu'à nous affaiblir.

Mettre en veilleuse l'avenir du Québec n'est pas un choix, c'est une résignation. C'est se livrer à d'autres. Cette manipulation des esprits vise à créer un sentiment d'infériorité et à cultiver la dépendance.

Il faut plutôt accepter ce goût collectif d'exister, cette conscience tenace qui perce et nous rappelle que les individus vivent ensemble, et que la nation existe. Vient un moment où malgré nos divergences, nos différences, nous acceptons de regarder ensemble dans la même direction pour avancer. La recherche de plus de liberté n'est pas une idée démodée ou un rêve dont on peut se moquer. Il n'y a pas de date de péremption au désir de vivre libre.

Il faut prendre en main son destin. Le Québec est une force en soi. La puissance n'est pas que chez le voisin. Elle est aussi en nous.

Les Québécois méritent beaucoup.

Il faut croire en soi-même.

Meilleurs vœux!

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