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Pourquoi avoir choisi le Québec?

27/02/2014 01:14 EST | Actualisé 28/04/2014 05:12 EDT

Quel plaisir que de pouvoir enfin se parler. Rentrons dans le vif du sujet. Pourquoi donc choisir le Québec? Que se passe-t-il pour qu'une personne, un jour, se dise « je vais vivre là », au frette cinq mois par année? Vaste question, à laquelle il y aurait sûrement autant de réponses qu'il y a de personnes ayant immigré; je vous donnerai donc la mienne, à travers une tranche de vie.

Une découverte

Le grand mystère de la vie veut que la première fois où je pris conscience de l'existence du Québec fut à la fin de 1995, une année significative dans son histoire. Je devais avoir à peine fêté mes 15 ans, j'étais au collège (secondaire) et notre excellent professeur d'histoire nous demanda de nous abonner à un de ces mensuels pour lesquels des compagnies d'édition sont impressionnantes de lobbying mais qui viennent généralement bien supporter le contenu des cours.

C'était un journal, facile à lire, à l'agencement attirant, avec de petits articles et des cartes illustrant les propos, ce que j'ai toujours beaucoup aimé. Je le parcourais chaque mois depuis la rentrée scolaire, mais le lisais plus ou moins, au gré de mes intérêts.

Et puis il y eut cette pleine page où on parlait de cet endroit pour moi mystérieux, le Québec. Une province du Canada en forme d'immense péninsule, où les gens parlaient français, et qui venait de se prononcer sur son avenir politique et de refuser, de justesse, sa pleine indépendance (dans les circonstances nébuleuses que l'on connaît maintenant). Je me souviens avoir lu l'article plusieurs fois, comme pour m'en imprégner ou être sûr d'avoir saisi toutes les subtilités de la situation.

Quel était cet endroit, pourquoi avoir tenu ce référendum et pourquoi l'avoir rejeté? Quels événements avaient amené ce fait historique et qu'allait-il maintenant en découler? Les questions m'envahissaient, je voulais en savoir plus, comprendre le contexte et j'aurais voulu aller constater sur place, tout de suite. Trop de questions, trop de pensées, trop de cogitation, un cerveau trop plein; tout moi.

Faute de mieux, je fis progressivement et consciencieusement mes propres recherches. Dictionnaires, livres d'histoire, atlas, plusieurs supports furent mis à contribution. Et je me rappelle très bien avoir soigneusement détaché la page du journal et l'avoir accrochée à l'arrière de la porte de ma chambre, où elle resta longtemps.

C'est sûrement là, à 14 ou 15 ans, inconsciemment, que naquit un rêve d'enfant. Le Québec s'est révélé à moi et je l'ai choisi. Même si j'étais jeune, insécure, incertain, ignorant. C'est comme cette fille que tu vois dans un bar, celle qui est différente de toutes les autres et qui fait que, Dieu seul sait pourquoi, malgré ta timidité, ton insécurité, ta peur, t'es plus arrêtable, tu ne vois plus rien d'autre et tu fonces. J'ai foncé.

La suite

Il y a eu cette attirance donc. Ensuite, j'ai été en âge de choisir mon programme universitaire; je me suis inscrit en France au concours menant à un programme d'échange « franco-canadien » qui m'amena en Outaouais pour quelque temps.

Ce goût du Québec était donc dû à ma curiosité et à mes propres appétences. Qu'elle était intrigante cette terre francophone d'Amérique; irréductibles 7 millions de Québécois pris dans la marée des près de 300 millions d'anglophones du continent. Une terre de migration, de conquêtes, de découvertes, de luttes, où l'histoire s'entremêlait avec celle de ma terre natale, jusque dans les oppositions perpétuelles avec nos chers meilleurs ennemis anglais. Pour le passionné d'histoire, de géographie, de politique et de la langue française que j'étais déjà, il n'en fallait pas plus pour éveiller un fort désir d'exploration et de découverte.

Et comme dans tout parcours, il y eut un peu de hasard, aussi. Et puis un intérêt. Celui de découvrir l'Amérique, sa culture -universitaire notamment- son mode de vie, de pensée. Ses gens. L'intérêt de la découvrir singulièrement, en français. Et puis l'intérêt d'explorer et de partir à l'aventure, quand on a 18 ans, plein de rêves et toute la vie devant soi!

Cette suite n'était dans le fond qu'un prolongement logique pour un grand rêveur et le commencement de son aperception. Une fois sur place, j'allais découvrir bien plus, éveiller ma conscience à certaines réalités et amorcer plusieurs choix de vie. Tout ça, nous en reparlerons bientôt.

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