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L'inutilité des moyens de pression des policiers contre le projet de loi 3

05/08/2014 11:51 EDT | Actualisé 05/10/2014 05:12 EDT

Depuis son dépôt, le projet de Loi 3 suscite plusieurs réactions et certains ont décidé de partir en croisade contre les modifications dans les régimes de retraite des employés de la fonction publique municipale. Avec les syndicats en ligne de front, les moyens de pression des employés municipaux, principalement les services de police, semblent s'avérer relativement inutiles, voire contre-productifs dans certains cas.

Certains ont marqué l'imaginaire collectif. On se souvient tous d'avoir vu au bulletin de fin de soirée ou dans le journal cette première manifestation devant l'Hôtel de Ville de Montréal. On se rappelle l'incendie au milieu de la voie publique devant l'hôtel de ville et celle-ci arrosée par des boyaux d'incendie du service de protection des incendies de Montréal. Cet événement a probablement été celui qui a été le plus néfaste à la cause des employés. Plusieurs citoyens se sont insurgés contre le fait qu'ils ont mis le feu à des déchets sur la voie publique sans que le geste ne soit réprimé ou ne serait-ce dénoncé par le SPVM.

Un autre événement qui a marqué la région de Montréal. Un certain samedi où environ 125 policiers du SPVM sont mystérieusement tombés malades en même temps et n'ont pu entrer au travail. Ce sont donc les policiers du quart de nuit qui ont dû assumer le quart de jour ainsi que des policiers qui étaient supposés travailler cette journée-là. On nous a assuré que le service n'allait pas être perturbé et que les citoyens pouvaient s'attendre à la même qualité habituelle. Pourtant, on va se le dire, n'importe qui faisant un double quart de travail finit par se fatiguer, être moins alerte, etc. Est-ce une bonne chose pour un service de police? J'en doute. Par la suite, le syndicat a eu le culot de nous dire que ce n'était pas un événement concerté. Encore une fois, la grogne de la population a augmenté contre les policiers et cet événement n'a pas aidé leur cause.

Les syndicats nous ont ensuite affirmé que la pression allait augmenter. Personnellement après les pantalons « armée » et les casquettes rouges, je m'étais dit : qu'est-ce qu'ils peuvent faire de plus, mettre leur casquette à l'envers? Sont apparues alors les voitures de services municipaux vandalisées par des autocollants rappelant étrangement les carrés rouges étudiants et des saletés de toutes sortes. Encore une fois, c'est tout simplement inutile et cela ne fait que contribuer à augmenter la frustration dans la population envers ces services publics qui vandalisent le matériel public. Je me permettrais ici une question un peu simpliste, mais qui reste pertinente : que serait-il passé si c'était un citoyen qui avait lancé ne serait-ce qu'une bouteille d'eau sur une voiture de police ou commit un seul des gestes mentionnés aux paragraphe précédents? Je laisse la question en suspens.

La plus récente innovation de vandalisme semble s'être déroulée vendredi dernier à Laval. Les policiers de la municipalité ont trouvé une méthode ingénieuse de salir leurs voitures : les chantiers de construction. Tel qu'on peut le voir dans cette vidéo, on peut distinguer une voiture au centre et ensuite deux autres voitures roulant à toute vitesse dans une flaque de boue pour asperger la première. Le hic? La séquence a été captée sur vidéo sur un chantier à haut risque selon l'auteur de la vidéo, où il y avait des ouvriers au travail et où la vitesse est limitée à 10 km/h pour une question de sécurité. Je crois que nous pouvons facilement considérer que les policiers roulent beaucoup plus rapidement de 10 km/h sans qu'il y ait une urgence. Donc ces policiers ont volontairement mis en péril la vie des travailleurs du chantier pour salir leur voiture et mettre de la « pression » sur leur employeur! Question image publique, ce geste irresponsable et stupide laisse pleinement à désirer.

Évidemment, les moyens de pression des policiers sont limités par le fait qu'ils exercent un service essentiel et qu'ils ne peuvent tomber en grève générale. Toutefois, est-ce que leurs moyens de pression ont réellement l'effet désiré? J'en doute fort. L'image que ces actions envoient ne fait que susciter la frustration citoyenne et celle-ci n'est pas dirigée vers le gouvernement et les municipalités pour la plupart des citoyens, mais contre les syndiqués eux-mêmes. Le syndicalisme de ces employés devrait être révisé et réorienté s'ils veulent renverser la vapeur surtout dans le cas de Montréal et de son service de police qui ne fait qu'empirer sa situation dans l'opinion publique avec le temps. La sympathie de la population n'est pas de leur côté, loin de là.

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