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Kiev, la révolution et le fascisme

31/01/2014 12:49 EST | Actualisé 01/04/2014 05:12 EDT

Nous avons tous vu et revu les nombreuses images du mouvement populaire qui se déroule actuellement à Kiev, en Ukraine. Toutefois, les médias occidentaux restent plutôt vagues sur les motifs du mouvement, la répartition des visions et les organismes et partis politiques qui les appuient. Je crois qu'il faut absolument comprendre ces facteurs pour véritablement voir les tenants et aboutissants de cette lutte politique.

L'origine du conflit

Nous pourrions remonter très loin dans l'histoire ukrainienne pour comprendre les différentes factions en présence en Ukraine. Pour faire court, l'Ukraine n'est pas un pays homogène. Il est composé de plusieurs peuples. Pour simplifier la chose, je vais diviser arbitrairement le pays en deux à partir du fleuve Dniepr qui sépare relativement bien l'Ukraine en deux. La partie orientale du pays est davantage tirée vers la Russie par ses habitudes et ses mœurs tandis que la partie occidentale l'est plutôt vers le reste de l'Europe.

Pour ce qui est du conflit actuel, il débute le 29 novembre 2013, alors que l'actuel gouvernement fait le vire-capot sans avertissement et renie un accord qui était en préparation depuis plusieurs mois avec l'Union européenne (UE) pour plutôt se tourner vers un accord avec la Russie. Cet acte fut perçu comme une trahison dans l'ouest du pays, la partie occidentale. Après cette volte-face, l'opposition politique a appelé la population à descendre dans la rue pour renverser le gouvernement.

Détérioration de la situation

La situation s'est grandement aggravée lorsque les forces policières ont réprimé, dans une grande violence, la première manifestation pour dénoncer l'accord avec la Russie. Plusieurs manifestations, de plus en plus nombreuses et violentes, s'en suivirent jusqu'à ce que les manifestants occupent la place de la liberté à Kiev.

Un autre moment décisif fut le 16 janvier 2014. Le gouvernement ukrainien a alors promulgué de nouvelles lois anti-manifestation très sévères pour tenter d'endiguer le mouvement maintenant devenu révolutionnaire. Mais cela a eu l'effet contraire. Les forces de l'opposition populaire se sont mobilisées et organisées et elles ont notamment commencé à investir des bâtiments gouvernementaux tels que la mairie de Kiev, un musée et, plus récemment, le ministère de la Justice. Les opposants ont toutefois redonné le ministère peu de temps après que le gouvernement ait menacé de déclencher l'état d'urgence.

Ces derniers jours, la situation commence à changer. L'ex-premier ministre Viktor Ianoukovitch a voulu laisser le pouvoir à l'opposition, pouvoir qui a été refusé. Il a prorogé certaines lois anti-manifestation tout juste avant de donner sa démission à la veille d'un sommet politique avec l'UE. De plus, le parlement a voté en faveur d'une amnistie pour les contestataires.

Les médias occidentaux, la Russie et le fascisme

Nos médias occidentaux nous offrent une version tronquée de la situation en Ukraine. Il y a, en effet, certains faits qui ne nous sont pas divulgués. Le malaise de l'occident devant la Russie est palpable. Il n'y a rien de nouveau lorsque nous apprenons que les médias de masse détournent l'information pour nous faire voir une vision biaisée d'une situation qui se passe loin de notre réalité. Ils s'arrangent pour nous montrer une vision capitaliste américanisée. Cela amène les médias à ignorer volontairement des faits importants. En voici trois.

Premièrement, ce que la plupart des médias ne disent pas, c'est que la Russie avait «la main sur le robinet» en négociant. C'est-à-dire que si l'Ukraine refusait de signer, la Russie pouvait, à tout moment, couper ses liens commerciaux avec le pays, liens que l'UE ne pouvait compenser d'une quelconque façon.

Deuxièmement, les médias de masse occidentaux négligent de dire qui est derrière le mouvement d'opposition ukrainien. Il s'agit, principalement, du parti politique Svoboda (liberté, en langue locale). Ce parti est d'allégeance d'extrême droite néo-nazie. Ce sont donc des fascistes qui alimentent, en grande partie, le mouvement de contestation. Pourquoi nous cacher ce fait? Pourtant, plusieurs s'entendent pour ne pas appuyer ouvertement des organisations néo-nazis! Il semble que la propagande anti-Russie soit prioritaire à la dénonciation de mouvements fascistes.

Troisièmement, nos médias ont également omis de mentionner l'immense manifestation pro-gouvernement qui s'est déroulée dans l'est du pays, la partie orientale plus près des Russes. Selon les chiffres divulgués, ils étaient plus de 200 000 manifestants à sortir dans les rues pour soutenir le gouvernement. Nos médias ont préféré annoncer que les manifestations gagnaient l'est ou témoigner des quelques contestataires du pouvoir dans cette région.

Combien d'autres faits nos médias omettent-ils de nous mentionner dans cette confrontation? On veut nous faire avaler une vision biaisée d'une situation qui est, en réalité, un soulèvement fasciste, un mouvement d'extrême droite néo-nazi, en règle. Est-ce que vous soutenez toujours cette révolution?

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