LES BLOGUES

Le gouvernement Trudeau se ravise déjà sur le sort du F-35

28/12/2015 09:34 EST | Actualisé 28/12/2016 05:12 EST

Nous nous souviendrons que le dimanche 20 septembre 2015, 50e jour de la campagne, Justin Trudeau, chef du Parti libéral du Canada et alors candidat au poste de premier ministre du Canada, se prononçait enfin sur le dossier du remplacement des 77 vieux CF-18 Hornet de l'Aviation royale canadienne.

Entouré de partisans libéraux, Justin Trudeau lors d'une activité partisane au Musée canadien de l'immigration situé sur la jetée 21 du port d'Halifax en Nouvelle-Écosse déclara sans équivoque à défaut d'arguments valables: «We will not buy the F-35 fighter jet».

Il proposait alors de remplacer les McDonnell Douglas CF-18 Hornet entrés en service en 1983 par des aéronefs selon lui «plus abordables que le Lockheed Martin F-35 Lightning II» sans pour autant les identifier.

Du même coup, le député libéral du comté électoral montréalais de Papineau propose de lancer un nouvel appel d'offres «An Open and Transparent Competition» qui exclurait le F-35.

Mais le temps a passé. Le parti de Justin Trudeau a remporté les élections générales du 19 octobre dernier avec une majorité de sièges et il est devenu premier ministre.

Deux mois plus tard, son ministre de la Défense, Harjit Sajjan, en entrevue téléphonique depuis Erbil dans le nord de l'Irak, semble déroger de la promesse électorale de son premier ministre réitérée le soir de la victoire libérale par le député libéral Dominic Leblanc, député de Beauséjour au Nouveau-Brunswick et maintenant secrétaire parlementaire du ministre de la Défense.

Monsieur Sajjan déclara, ce qui en étonnera beaucoup, que le gouvernement tiendra un «open process for replacing the Royal Canadian Air Force's aging CF-18s, while not ruling the Lockheed Martin F-35 out of any future competition».

Cette déclaration est à des années-lumière de l'envolée oratoire de Justin Trudeau en campagne électorale où il n'avait pas hésité à promettre aux électeurs de la Nouvelle-Écosse et plus largement des Maritimes où se trouvent les grands chantiers navals canadiens d'Irving que les sommes économisées par l'élimination du F-35 seraient investies dans le renouvellement des navires de la Marine royale canadienne.

Le nouveau ministre de la Défense se rattrapa quelque peu en ajoutant que «My focus is about replacing our CF-18, and we're going through a proper process to make sure we have the right requirements so we have the right capability, not only for our country but for how we relate to NORAD (North American Aerospace Defense Command) and our commitments to NATO».

Ce supplément d'information du nouveau ministre s'éloigne de la raison invoquée par le candidat Trudeau pour justifier son rejet du F-35. Pour lui, la mission principale des remplaçants des CF-18 étant la défense de l'espace aérien nord-américain, le recours à un avion de combat furtif et sophistiqué comme le F-35 était inutile.

Néanmoins les libéraux fédéraux nous ont habitués à ce genre de manœuvre électoraliste.

Tandis que le Canada se traine les pattes sur la question du renouvellement de ses CF-18 acquis, il faut le rappeler qu'entre 1983 et 1988, le programme F-35 progresse ailleurs.

Ainsi en 2015, l'US Marine Corps déclarait le F-35B opérationnel le 31 juillet, le premier F-35 assemblé en Italie sortait d'atelier le 3 décembre, l'assemblage du premier F-35 au Japon s'amorçait le 15 décembre alors que l'industrie israélienne estimait à au moins 5 milliards de dollars américains le montant des retombées économiques du F-35 en Israël.

En cette fin d'année, déjà 126 F-35 sont opérationnels et 493 devraient l'être à la fin 2019.

Finalement, Lockheed Martin a atteint, en 2015, ses objectifs de production avec la livraison d'un total de 45 appareils :

- 29 F-35A à l'US Air Force

- 8 F-35B à l'US Marine Corps

- 8 F-35C à l'US Navy

- 2 F-35A à la Luftforsvaret norvégienne

- 1 F-35A à l'Aeronautica Militare italienne.

VOIR AUSSI SUR LE HUFFPOST

Trudeau's Photographer Explains Favourite Shots

Abonnez-vous à notre page sur Facebook
Suivez-nous sur Twitter