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Pourquoi les femmes ne votent-elles pas pour les femmes?

Publication: 28/01/2013 09:54

Beaucoup d'études continuent de montrer que les électrices sont réticentes à voter pour des femmes. Dans une analyse de l'AP basée sur des données de l'Étude sur les élections nationales américaines de 2006, les chercheurs ont noté que le sexe du candidat à la présidence importait plus aux femmes qu'aux hommes. Et que si les femmes sont plus enclines à voter pour une candidate parce que c'est une femme, elles ont aussi plus tendance à l'évincer pour la même raison.

En août dernier, la toujours délicate chaîne Fox News a suggéré que c'était parce que les électrices "voulaient une figure paternelle". D'autres ont parlé d'une résistance au féminisme, et de l'idée que les femmes elles-mêmes s'accrochent facilement à cette vision paternaliste selon laquelle elles ne sont pas aussi douées que les hommes. Sherrye Henry a écrit The Deep Divide après son pari raté d'obtenir un siège de sénateur à New York. Dans ce livre, elle explique que les femmes ne soutiennent pas les candidates en politique en raison du "grand fossé" entre ce que les femmes croient et leur volonté d'agir selon ces croyances. Reste que les femmes proclament vouloir l'égalité, mais le souhaitent-elles vraiment ?

La vérité est qu'il existe toujours deux poids deux mesures entre femmes et hommes à des postes de pouvoir, et qu'on ne demande pas seulement aux candidates d'être aussi compétentes et intéressantes que leurs homologues masculins, mais de l'être plus encore. Tiffany Dufu, présidente de la White House Project, une organisation à but non lucratif chargée d'augmenter le leadership féminin en politique et ailleurs, a déclaré que les électrices étaient en effet plus exigeantes envers les candidates, et qu'en réalité : "tout individu qui ne correspond pas au prototype du leader - un homme, habituellement blanc et privilégié - doit mettre la barre plus haut." On retrouve cette même disparité d'attentes pour une femme ou un homme dans d'autres domaines, comme la médecine, où un chirurgien de sexe masculin aura toujours la préférence, à moins bien sûr que son homologue féminin soit sortie major de promo d'une grande école, que ses antécédents soient impeccables, qu'elle ait une liste de patients célèbres, et qu'elle soit pour le reste irréprochable.

Les femmes continuent de juger les autres femmes - autrement dit, continuent d'être considérées selon des critères créés et entretenus par les hommes. Et parce que de nombreuses femmes savent très bien ce que l'on ressent quand on est jugé, elles reproduisent ce jugement sur d'autres. Les femmes sont connues pour être plus sévères avec d'autres femmes, surtout professionnellement. Selon une étude récente du Workplace Bullying Institute, des femmes harcèlent d'autres femmes au travail - violence verbale, sabotage du travail, abus d'autorité, et relations conflictuelles - plus de 70 % du temps. Une autre étude menée par Business Environment a constaté que 72 % des femmes jugent leurs collègues féminines selon ce qu'elles portent au travail.

Hollywood n'améliore pas cette situation, en perpétuant l'idée que la femme carriériste (avez-vous déjà entendu parler d'hommes carriéristes ?) est un démon méchant, pas très féminin et qui s'habille en Prada. Beaucoup de ces films, s'adressant en majorité aux femmes, dépeignent les femmes de pouvoir, au mieux comme des femmes dont on doit se méfier, au pire comme des femmes qu'on doit mépriser.

Les femmes veulent apprécier leurs candidates. Dans les isoloirs, souhaitent-elles soutenir la chef pénible et exigeante qu'elles n'inviteraient jamais à dîner ? Ou la gentille femme attentionnée et maternelle qui se ferait descendre au Sénat ? Est-ce qu'une femme peut être les deux ? Peut-elle être ni l'un ni l'autre ? Il est malheureusement difficile de convaincre les électeurs que les femmes ne sont pas nécessairement l'un ou l'autre : douées dans leur travail ou appréciables.

Bien sûr, la résistance des femmes aux candidats de sexe féminin pourrait aussi s'expliquer par leur apparence. Cela ne sert à rien de dire que l'apparence ne compte pas. Dans son livre avant-gardiste, Survival of the Prettiest (littéralement "La survie de la plus belle"), paru en 1999, Nancy Etcoff, psychologue à la Harvard Medical School, a soutenu que les gens beaux sont mieux payés et ont la vie plus facile. En termes d'évolution, les gens beaux l'emportent. La science l'a confirmé et on constate la même chose en politique : une étude de 2006 de l'Université d'Helsinski, ayant observé le rôle de la beauté en politique, a constaté que plus un ou une candidate est beau/belle, plus il/elle est perçu(e)comme plus compétent(e), digne de confiance et appréciable.

L'étude a aussi étudié les candidats de sexe masculin, mais encore une fois, les enjeux sont plus élevés pour les femmes, qui seront jugées si elles ne sont pas attirantes et le seront encore si elles essaient d'y remédier. Regardez Nancy Pelosi : en pleine forme à 70 ans, la "grand-mère glamour" - comme la presse l'a surnommée dans des articles évoquant presque autant son visage que sa politique - a enduré d'incessants sarcasmes sur sa peau prodigieusement fraîche et ses sourcils éternellement levés. Ah oui, elle est aussi trop maquillée. Pendant ce temps, la coupe de cheveux d'Hillary Clinton est observée sous toutes les coutures, le moindre de ses brushings passés au crible. C'est l'une des plus grandes personnalités politiques de ce siècle, mais ses accessoires capillaires - chouchou ou serre-tête ? - sont toujours âprement débattus. On a même proposé à son coiffeur d'écrire un livre.

La bonne nouvelle, c'est que les Américains - hommes et femmes - sont de plus en plus habitués à la notion d'un pouvoir féminin, depuis 'la vague rose' lors des élections de 2012, jusqu'à l'interdiction, récemment levée, des femmes sur le champ de bataille. A chaque nouveau geste vers l'égalité, les femmes ayant des responsabilités ne seront plus considérées comme une aberration, le résultat d'un coup de bol incroyable, des raretés devant être examinées et analysées par des spécialistes.

Des images de l'élection de Kathleen Wynne à la tête du Parti libéral de l'Ontario
(galerie réalisée par nos collègues du HuffPost Canada)

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  • Ontario Premier Dalton McGuinty, right, congratulates incoming premier Kathleen Wynne at the Ontario Liberal Leadership convention in Toronto on Saturday, January 26, 2013.

  • Kathleen Wynne reacts after becoming the new leader of the Ontario Liberal party at the Ontario Liberal Leadership convention in Toronto on Saturday, January 26, 2013. The 59-year-old Toronto politician will be the province's first female and openly gay premier.

  • Sandra Pupatello, right, congratulates Kathleen Wynne after Wynne becomes the new leader of the Ontario Liberal party at the Ontario Liberal Leadership convention in Toronto on Saturday, January 26, 2013.

  • Kathleen Wynne, left, and her spouse Jane Rounthwaite stand together on stage at the Ontario Liberal Leadership convention in Toronto on Saturday, January 26, 2013.

  • Ontario Liberal Party leadership candidate Kathleen Wynne celebrates with fellow candidates Eric Hoskins (left), Gerard Kennedy (right) and Charles Sousa after they gave her their support at the convention in Toronto on Saturday January 26, 2013.

  • Ontario Liberal Party leadership candidate Kathleen Wynne reacts to the results of the second ballot at the convention in Toronto on Saturday January 26, 2013.

  • Sandra Pupatello, right, talks on her phone next to Ontario Finance Minister Dwight Duncan, left, at the Ontario Liberal Leadership convention in Toronto on Saturday, January 26, 2013.

  • Before and After

    What the street outside the convention usually looks like and what it looked like during a <a href="http://www.huffingtonpost.ca/2013/01/26/ontario-liberal-convention-protest_n_2556296.html?utm_hp_ref=canada-politics">protest held by Ontario teachers and unions</a> on Saturday afternoon.

  • An Ontario Liberal Party delegate is heckled as protesters gather outside Toronto's Maple Leaf Gardens on Saturday, January 26, 2013 while the party gathers to vote for a new provincial Leader and in turn a new premier of Ontario.

  • Supporters of Sandra Pupatello look on as Kathleen Wynne gains momentum at the Ontario Liberal Leadership convention in Toronto on Saturday, January 26, 2013.

  • A look at the size of the <a href="http://www.huffingtonpost.ca/2013/01/26/ontario-liberal-convention-protest_n_2556296.html?utm_hp_ref=canada-politics">protest outside the Ontario Liberal Convention</a> in Toronto on Jan. 26, 2013.

  • Sandra Pupatello, left, gets endorsed by Harinder Takhar, right, at the Ontario Liberal Leadership convention in Toronto on Saturday, January 26, 2013.

  • Ontario Liberal Party leadership candidate Sandra Putatello celebrates with former prime minister John Turner at the convention in Toronto on Saturday January 26, 2013.

  • Ontario Liberal Party leadership candidate Kathleen Wynne speaks at the convention in Toronto on Saturday January 26, 2013.

  • Ontario Liberal Party leadership candidate Kathleen Wynne waves with fellow candidate Eric Hoskins (right) and his wife Samantha Nutt (front left) after he arrived to give her his support after the first ballot at the convention in Toronto on Saturday January 26, 2013.

  • Ontario Liberal Party leadership candidate Sandra Putatello celebrates with fellow candidate Harinder Takhar after he gave her his support at the convention in Toronto on Saturday January 26, 2013.

  • Ontario Liberal Party leadership candidate Sandra Putatello speaks at the convention in Toronto on Saturday January 26, 2013.

  • Kathleen Wynne dances on stage at the Ontario Liberal Leadership convention in Toronto on Saturday, January 26, 2013.

  • Ontario Liberal Party leadership convention delegates are greeted by hundreds of protesters as they arrive at convention in Toronto on Saturday January 26, 2013.

  • Gerard Kennedy waves on stage at the Ontario Liberal Leadership convention in Toronto on Saturday, January 26, 2013.

  • Harinder Takhar waves on stage at the Ontario Liberal Leadership convention in Toronto on Saturday, January 26, 2013.

  • Charles Sousa waves to supporters while on stage at the Ontario Liberal Leadership convention in Toronto on Saturday, January 26, 2013.

  • Eric Hoskins waves to supporters on stage at the Ontario Liberal Leadership convention in Toronto on Saturday, January 26, 2013.

  • Outgoing Premier Dalton McGuinty waves from the stage with his family after speaking at the Ontario Liberal Leadership convention in Toronto on Friday, January 25, 2013.

  • Outgoing Premier Dalton McGuinty speaks at the Ontario Liberal Leadership convention in Toronto on Friday, January 25, 2013.

  • Outgoing Premier Dalton McGuinty speaks at the Ontario Liberal Leadership convention in Toronto on Friday, January 25, 2013.

  • Premier Dalton McGuinty and his wife Terri McGuinty take their seats at the Ontario Liberal Leadership convention in Toronto on Friday, January 25, 2013.

  • Interim federal Liberal Leader Bob Rae greets Premier Dalton McGuinty at the Ontario Liberal Leadership convention in Toronto on Friday, January 25, 2013.

  • Ontario Liberal Party leadership candidate Sandra Pupatello departs after voting at the convention in Toronto on Friday January 25, 2013.

  • Ontario Liberal Party leadership candidate Kathleen Wynne talks with a delegate as she registers to vote at the leadership convention in Toronto on Friday, January 25, 2013.

  • Ontario Liberal Party leadership candidate Gerard Kennedy talks on his phone at the leadership convention in Toronto on Friday, January 25, 2013.

  • A cameraman is silhouetted against a projection screen at the Ontario Liberal Leadership convention in Toronto on Friday, January 25, 2013.

  • Ontario Liberal Party leadership candidate Charles Sousa and his wife Zenaida arrive to vote at the leadership convention in Toronto on Friday, January 25, 2013.

  • Ontario Liberal Party leadership candidate supporters hang banners at the site of the convention in Toronto on Thursday January 24, 2013.

 
 
 

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Beaucoup d'études continuent de montrer que les électrices sont réticentes à voter pour des femmes. Dans une analyse de l'AP basée sur des données de l'Étude sur les élections nationales amér...
 
 
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06:39 sur 29/01/2013
Que les femmes votent pour un homme ou une femme les politiciens leur donneneront ce qu'elles veulent.
Ha mais au fait on vote pour des idées ? Un parti ? Ou un sexe ?
13:31 sur 28/01/2013
Pas seulement les femmes qui sont jugées sévèrement, mais aussi les minorités visibles et les homosexuels, ces catégories de gens doivent toujours en faire plus contrairement à l'homme blanc hétéro pour gravir les échelons cela dans n'importe quel milieu (politique, emploi, et autres), ils ou elles sont jugées sévèrement sur d'autres critères autres que leur compétence. N'oubliez pas que ce combat pour l'égalité ne se fait pas uniquement au niveau du sexe, mais de la couleur de peau, et de l'orientation sexuelle, c'est un plafond de verre qu'il faut briser pas seulement pour les femmes, mais pour toutes les catégories qui vivent de la discrimination.
12:21 sur 28/01/2013
on devrait voter pour ce que le candidat represente et les idees vehicule,et non voter pour le fait qu on est nee le meme sexe.c est ca etre egale.
11:21 sur 28/01/2013
On lira avec intérêt l'ouvrage "Les femmes de droite" d'Andrea Dworkin, que viennent de publier les Éditions du remue-ménage. Dworkin a observé et compris la réaction de l'ensemble des femmes à une misogynie généralisée, tant à gauche qu'à droite, qui convainc beaucoup d'entre elles de tenter de se protéger en acceptant d'en rester à des valeurs conservatrices, souvent portées par un leader masculin. Ces femmes désespèrent d'une politique d'affirmation de soi et de confiance aux femmes, face à un horizon qui semble bouché. Pour Dworkin, cela tient au mépris constamment opposé à leurs réflexions, leurs écrits, leurs projets, leur tentative de s'imposer sur le monde du travail.
Mais avec six femmes premières ministres au pays, c'est un pattern qui est apparemment en voie d'être dépassé!
L'auteure de "Les femmes de droite" fait valoir les différentes formes d'intelligence valorisées chez les hommes et discréditées chez les femmes, malgré leur qualité, intelligence documentée chez des femmes comme Virginia Woolf, Marilyn Monroe, Carolina Maria de Jesus, Victoria Woodhull et beaucoup d'autres "battantes": une lecture passionnante, dont témoigne Kim Dockstader dans cette recension: http://montreal.mediacoop.ca/story/les-femmes-de-droite-dandrea-dworkin/14934
10:55 sur 28/01/2013
Une autre question: Pourquoi les femmes devraient absolument voter pour des femmes? Est-ce un tabou féministe d'en parler?